Parution du journal suspendue

Vendredi 10 février 2012

Prochaine publication papier

Vendredi 21 décembre 2012

Skaha : escalade envers et contre tout

Skaha : escalade envers et contre tout

Ce coin de la Colombie-Britannique, connu principalement pour ses dégustations de vins, s’avère un paradis de l’escalade à la saison froide. L’endroit parfait pour les débutants s’initiant tardivement !

« Assuré !

– Départ ! »

À la surprise de bien des gens, on peut encore entendre ce dialogue classique de grimpeurs en plein cœur de l’automne en Colombie-Britannique. Lorsque la saison domine la province de son humeur austère et froide, il reste une petite zone irréductible au climat plus doux. C’est à Skaha dans l’Okanagan, au sud-est de Penticton, que se retrouvent nombre de grimpeurs de la C.-B. Cet ensemble de falaises est composé de granit métamorphique, une roche très texturée, donc idéale pour l’escalade. Datant d’il y a plus de deux milliards d’années, Skaha compte parmi les plus anciennes formations de rochers de la Colombie Britannique. Très populaire dans le monde de la grimpe, non seulement pour la clémence de son climat, mais aussi pour sa large collection de parois (environ six cent routes), il convient aux grimpeurs confirmés comme aux novices.

L’endroit est d’ailleurs plus apprécié durant l’automne que pendant l’été, car il y fait une chaleur abominable qui pousse les quelques grimpeurs obstinés à choisir leurs parcours non pas selon leurs qualités techniques mais plutôt suivant leur degré d’ombre !

La montée des marches

L’automne dévoile déjà ses nombreux apparats lorsque mon partenaire et moi nous engageons sur la route cahoteuse qui mène à Skaha, suivant le contour d’une des collines brunies qui parsèment la région. Celles-ci forment avec les nombreux vergers une couverture uniforme mais impressionnante tout autour de nous. Le lac Skaha est aussi visible à l’horizon, d’autant plus agréable à admirer qu’il est vide de ses innombrables bateaux à moteur à cette époque de l’année. Après quelques kilomètres sinueux, nous apercevons les premiers escarpements au pied desquels nous débouchons, sur un parking incurvé dans la colline et bordé d’un petit chapiteau en bois. Pourtant familiers de ce lieu d’escalade, nous sommes étonnés par le nombre de voitures garées ici, qui confirme la popularité de l’endroit, même à une époque de l’année peu propice à ce sport. Après nous être harnachés de nos baudriers, chaussures, cordes, outils divers, déjeuner, gants et polaires (on ne sait jamais !), nous suivons la file de grimpeurs occupés à payer leur entrée. Les dix dollars sont glissés dans une boîte trônant sous le chapiteau sans surveillance. Pourtant tout le monde semble se plier à la règle et attend patiemment son tour dans la queue.

Vient ensuite le moment que certains voient comme un bon échauffement, tandis que d’autres s’y résignent : la très longue ascension vers l’aire d’escalade, un mélange d’escaliers et de pentes abrupts sur la terre brûlée de la colline. Il s’agit de garder le moral tandis que l’on monte lentement, faisant des pauses multiples pour reprendre son souffle et retirer une veste, puis une écharpe, puis des gants, devenus superflus. La seule façon de savourer un tant soit peu cette tâche ardue est de se retourner régulièrement pour admirer l’horizon qui se dégage au fur et à mesure de la montée et révèle un paysage rude et spectaculaire.

Enfin l’arrivée en haut des dernières marches. Nous jetons un dernier coup d’œil – victorieux, soyons honnêtes – aux personnes encore occupées par la progression ardue, avant de reprendre la route. Le chemin, cabossé mais enfin horizontal, longe les falaises élancées et propres, signe d’une fréquentation régulière. Ce sentier, couvert d’herbes sèches et bordé de grands pins dont les pommes jonchent le sol, forme un réseau emberlificoté qui permet d’accéder à toutes les routes d’escalade existant ici, si l’on ne se perd pas en cours de route ! Un conseil souvent donné avant la première visite à Skaha : étudiez votre guide d’escalade avant d’en avoir désespérément besoin…

Une abondance de falaises

Malgré le climat étonnamment modéré de la région, un facteur à prendre en compte dans le choix de vos parcours est leur degré d’ensoleillement, car il peut faire un peu frisquet lorsque l’on assure quelqu’un sur une longue route, immobile dans l’ombre. Après cela, le reste est facile. Bien que certaines falaises comme la Great White Wall et la Claim It All soient célèbres pour leurs routes extrêmement complexes, la plupart offrent des voies aux niveaux de difficulté très variables. Des falaises comme Morning Glory, Chatsworth Edge ou China Grove permettent beaucoup de grimpettes faciles mais intéressantes. Plumb Line, sur Fortress East Face, et Double Exposure, sur East Portal, sont les deux ascensions les plus accessibles pour les néophytes. La première est une route bien protégée, et pourvue de nombreuses prises qui rendent l’escalade fluide. La deuxième semble plus exposée et délicate, mais offre une intéressante variété de techniques d’escalade faciles à maîtriser.

Donc, avis aux curieux : quelques jours fériés durant l’automne ? Un intérêt, encore gauche, pour l’escalade ? Skaha est l’endroit idéal pour se lancer à la conquête de ce sport intimidant et profiter d’un répit du froid en cette fin d’année !

Julia Mahaffey

Commentaire

*champs requis

L'Express se réserve le droit de publier ou non les commentaires

Photo une

LES PLUS LUS

    None Found

Rechercher

Tous droits réservés © L'Express du Pacifique - 227A-1555, 7th Avenue West, Vancouver BC V6J 1S1 - Tel: (604) 736-3734 - administration@lexpress.org - Réalisation: Graphem