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Vendredi 21 décembre 2012

Le désert d’Osoyoos : une richesse secrète

Le désert d’Osoyoos : une richesse secrète

Le nid sec et chaud du désert d’Osoyoos abrite une diversité inédite de plantes et d’animaux, sur laquelle veille Osoyoos Desert Society.

Le désert d’Osoyoos, situé à l’extrême sud de la Colombie-Britannique, près de Penticton, est presque invisible pour l’œil du novice. Il adopte les contours bruns et discrets de la région et n’offre au premier abord rien d’excitant : une terre poussiéreuse, quelques plantes incolores et des herbes sèches en pagaille. Pourtant, le minuscule désert jouit d’un statut et d’un héritage exceptionnels. Unique dans toute la province, c’est en réalité l’extrémité du désert de Sonora, qui s’étend depuis le Mexique ! On y trouve un ensemble inhabituel de faune et de flore, dû au climat exceptionnellement chaud. Malheureusement, cet écosystème est très fragile et la plupart des plantes et animaux vivant dans le désert sont des espèces en voie de disparition. Ce bilan dramatique est dû à une urbanisation et un développement agricole excessifs, qui détruisent une région déjà fragilisée autrefois par le pâturage débridé du bétail local.

C’est ici qu’entre en jeu Osoyoos Desert Society, responsable de la portion de désert officiellement protégée et de son centre pour visiteurs. Ses activités comprennent deux domaines principaux : la conservation et l’éducation. Ses membres étudient attentivement les plantes et animaux de la région. Ils tentent également d’assurer leur survie en protégeant leur environnement naturel et en replantant eux-mêmes les espèces menacées. L’association instruit aussi les gens sur la situation en proposant des visites guidées du centre et de son jardin indigène, ainsi que des activités de jardinage.

Le centre écologique et son jardin indigène

Ma propre visite est d’abord marquée par une déception infantile. À la première évocation du désert, je me voyais déjà parcourant des dunes de sable sous un soleil brûlant, sans une trace de civilisation aux alentours. Mon imagination naïve est vite confrontée à la réalité lorsque notre voiture s’arrête dans le parking [stationnement] du centre et que mon compagnon me présente d’un geste « le désert ». À première vue, un simple groupe de collines brunes et tristes.

Mais dès mon entrée dans le centre pour visiteurs, ma déception s’envole. Le bâtiment offre un aperçu détaillé du microcosme désertique et de ses trésors qu’un amateur ne verrait pas sans aide. La visite du centre est facile et amusante. Des panneaux racontent la vie et les mœurs des animaux du désert, tandis que des plantes poussent le long des murs, dans une reproduction parfaite de leur milieu naturel. Les visiteurs peuvent aussi se lancer dans toutes sortes de jeux pour en apprendre plus sur la vie de cette région et ses enjeux.

À côté du centre se trouve un jardin indigène que parcourt un chemin d’à peu près 1,5 kilomètre de long. La fragilité de l’environnement est telle qu’il est interdit de quitter le sentier et de s’aventurer parmi les plantes. Néanmoins, la présence à intervalles réguliers de panneaux rend la promenade très instructive et permet d’apercevoir la vie si discrète du désert. Pourtant, s’il est facile de situer les plantes nommées sur les pancartes, la présence animale ne se laisse pas aisément observer. Par exemple, l’entrée d’un terrier – pourtant indiquée par ces mots : « Remarquez l’entrée du terrier du blaireau, facilement visible à moins d’un mètre devant vous » – est restée un mystère pour moi après plus de dix minutes passées à plisser les yeux dans toutes les directions ! Nous n’apercevrons aucun animal, pas même les lapins qui survivent encore en quantité assez importante autour du centre. C’est toutefois normal : comme nous l’a expliqué un bénévole du centre, le désert est timide et ne se dévoile pas aisément.

Le même bénévole nous a donné aussi un aperçu inquiétant et quelque peu paradoxal du futur. Embrassant d’un geste l’horizon, il estime qu’un jour, si le climat continue sa route chaotique, toute la région deviendra un désert. Seulement, ce sera un désert sans vie, détruite comme elle l’est peu à peu aujourd’hui à Osoyoos.

Finalement, bien que le seul point commun entre mon désert de carte postale et celui d’Osoyoos ait été la chaleur excessive, et malgré ces dernières prévisions alarmistes, je repars satisfaite d’avoir appris tant de choses d’un endroit qui semblait à première vue offrir si peu. 

Julia Mahaffey

À savoir ● ● ●

Y ALLER
De Penticton (48 kilomètres), aller vers le sud en direction d’Osoyoos, tourner à droite sur 146th Street et suivre jusqu’au centre pour visiteurs, qui dispose d’un parking (stationnement).

HORAIRES, TOUS LES JOURS DE LA SEMAINE
Du 26 avril au 15 mai et du 16 septembre au 3 octobre, ouvert de 10 h à 14 h.
Du 16 mai au 15 septembre, ouvert de 9 h 30 à 16 h 30.

VISITES GUIDÉES
6 $ pour un adulte
15 $ pour une famille

PLUS D’INFORMATIONS
www.desert.org

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