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Vendredi 10 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

JO : une médaille dans votre assiette

JO : une médaille  dans votre assiette

Pendant les Jeux, le village olympique abritera une polyclinique où se côtoieront divers services de santé et de soins pour les athlètes. Nanci Guest y a été désignée pour occuper le poste de nutritionniste sportif en chef. Car une bonne assiette peut vous aider à grimper sur le podium.

L’Express du Pacifique – Comment avez-vous accédé à ce poste ?
Nanci Guest – En 2006, j’ai été approchée par le Dr Jack Taunton, médecin-chef pour le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver. Il avait assisté à plusieurs de mes commissions de recherches à UBC. Il connaissait mon travail en matière de nutrition et de conseil auprès des athlètes de haut niveau, une branche dans laquelle je me suis spécialisée.

LEP – Quel va être votre rôle pendant les Jeux ?
N. G. – J’aurai un bureau à la polyclinique du village olympique où pourront venir consulter tous les athlètes qui ont des interrogations sur leur alimentation. Par exemple, on pourra sélectionner ensemble certains produits du menu établi pour voir ce qui sera le plus adapté à deux jours d’une compétition. Ils devront pouvoir avoir accès à ce service 24 heures sur 24, tous les jours de la semaine. Donc d’autres spécialistes, ainsi que des bénévoles, seront de garde pour répondre à leurs demandes. Toutefois, beaucoup de pays, notamment occidentaux comme l’Australie ou les États-Unis, vont emmener leur propre diététicien.

LEP – Comment satisfaire 5 000 athlètes venus du monde entier, avec des coutumes culinaires très différentes ?
N. G. – Les menus sont préparés des mois à l’avance et seront mis en ligne en septembre à l’attention des athlètes et de leurs entraîneurs. S’il y a la moindre requête (régime sans sel, végétarien etc.), elle pourra ainsi être étudiée directement. La candidature de la société Sodexho a été retenue pour fournir les repas, et les demandes spéciales seront prises en considération. Pour les personnes allergiques à l’arachide, on leur préparera leur repas dans un endroit différent pour éviter le moindre risque. D’une manière générale, chaque pays devrait trouver son bonheur dans les types de nourriture proposés. Viandes, poissons, fruits et légumes et évidemment céréales, le choix sera extrêmement varié. Les athlètes ont d’autre part la possibilité de concocter leur propre assiette en fonction de ce qui est offert. Et puis ils sont tout de même pour la grande majorité habitués à voyager. Donc même avec diverses origines ethniques, ils ne seront pas perdus.

LEP – Quelles sont les composantes essentielles d’une bonne nutrition pour un athlète de haut niveau ?
N. G. – Chaque sportif a besoin d’une combinaison de trois nutriments : de la matière grasse, des protéines, et des hydrates de carbone, plus communément appelés glucides, la principale source d’énergie pour notre corps. Elle est stockée dans les muscles et évite autant la fatigue physique qu’intellectuelle. Selon le pays d’où ils viennent, ils retrouvent ces nutriments dans différents régimes alimentaires. Le Chinois aura son compte avec 250 g de pâtes, tandis que l’Américain bénéficiera des mêmes apports nutritionnels dans un bol de céréales avec une banane.

LEP – Quels sont les risques qu’ils encourent si la nutrition n’est pas adaptée à leur corps ou à leurs efforts physiques ?
N. G. – Un niveau moins élevé, des blessures. Chaque jour, l’athlète doit être au top de sa forme physique, ses muscles doivent pouvoir se reconstruire en permanence. C’est pour cette raison qu’il est indispensable de se tenir à son régime alimentaire. Il serait risqué de changer ses habitudes à quelques jours d’une compétition. L’athlète ne peut pas contourner les questions de nutrition. Il n’atteindrait pas le niveau international sans cela. Surtout lorsqu’il a 4, 6 ou même 8 heures d’entraînement dans la journée. Les besoins sont toutefois différents selon la corpulence, le sport, et le rythme : une patineuse artistique de 50 kg va brûler 1 800 calories quand un skieur de fond de 75 kg en dépensera 6 000. Certains vont enchaîner trois heures d’effort quand d’autres vont alterner des périodes d’effort et de pause. Prenez le ski acrobatique par exemple : le saut en lui-même ne demande pas une énergie considérable. Toutefois, l’athlète aura besoin d’apports importants puisqu’il doit remonter les marches pour atteindre le tremplin plusieurs fois par jour, parfois en plein soleil, avec sa combinaison. Il brûle alors beaucoup plus de calories et se déshydrate plus rapidement. Les sports d’hiver sont traîtres : entre le froid et l’altitude, on ne ressent pas forcément la soif ou les besoins en « carburant ».

Sophie de Kepper

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