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Vendredi 10 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Vers une nouvelle solidarité

Vers une nouvelle solidarité

Le taux de chômage en hausse au Canada nous montre les dommages collatéraux de la crise qui frappe plus particulièrement la Colombie-Britannique ce printemps.

Nous sommes témoins des conséquences d’un système capitaliste qui a muté comme un virus pour créer un environnement économique qui ne bénéficie qu’à une poignée d’oligarques répartis autour du monde. Le Canada ne fait pas exception à cette tendance. Diane Francis, nous révèle, dans son dernier ouvrage Who Owns Canada Now, que le produit national brut, qui est la richesse du Canada, est finalement concentré dans les mains de 32 familles seulement.

Les choses ont bien changé depuis les premiers balbutiements du capitalisme organisé du début du XVIIe siècle, gravitant autour d’un petit cercle familial, pour se transformer entre les deux guerres mondiales en un capitalisme « managérial » caractérisé par un actionnariat fragmenté. De la relation paternaliste d’un chef d’entreprise qui vous connaît, qui connaît votre conjoint et vos enfants, a émergé une structure économique dans laquelle l’aspect relationnel est exclu. Le XXe siècle, qui fût le plus extraordinaire de l’humanité par les innombrables progrès que nous avons été amenés à vivre, s’est virtualisé au point de couper les décideurs de leurs responsabilités sociales.

Hier… Aujourd’hui. Demain peut-être ? Le manager qui, d’un dérisoire courrier électronique envoyé à un subalterne, mettra un terme brutal à votre carrière depuis son bureau de Hambourg, New York, Shanghaï ou Paris, se sera livré à une analyse approfondie des états financiers et des perspectives économiques de la Colombie-Britannique sans en avoir jamais foulé le sol.

Il est intéressant toutefois de constater que ces énormes entreprises mondiales ont un besoin insatiable de nouvelles idées pour rester en vie. Il n’y a pas de méthodes condamnables à leurs yeux pour s’immiscer dans la vie de leurs employés ou accaparer des brevets de petites entreprises, quitte à les acculer à la faillite ou à les racheter. Ce ne sont pas les meilleures idées qui triomphent, ce sont celles du plus fort.

Nécessaire ouverture

Fort heureusement, tous ces dangers finissent par donner naissance à une foule d’initiatives individuelles de la part de ceux-là même qui ont été mis au banc de la société. C’est avec un certain amusement que l’on découvre parfois qu’un groupe de personnes pleines de talents, jetées à la rue sans ménagement lors d’une restructuration d’entreprise quelques années plus tôt, déposent un prospectus à la commission des valeurs mobilières pour racheter celle-ci ! Quelles que soient les périodes économiques que nous traversons, avec son lot de difficultés et de challenges [défis] à relever, il ne faut pas perdre de vue que la plus grosse entreprise du monde est née de l’imagination d’une personne ayant une foi indéfectible sur ses chances de succès.

Nous pouvons nous réjouir que cette période difficile sera probablement comme les précédentes, le ferment de nouvelles façons de penser, de nouvelles façons de comprendre, de nouvelles façons d’agir. Pas à pas, les ennemis d’hier se rapprochent, les intérêts particuliers des uns et des autres se rejoignent autour d’une volonté commune d’une nouvelle solidarité humaine où le capital n’est pas nécessairement antagoniste de celle des travailleurs.

Au carrefour entre l’orient et l’occident, la Colombie-Britannique est au cœur d’un brassage des cultures où convergent toutes les énergies. L’avenir continuera d’être prometteur, à condition que chaque acteur de la société civile conserve cet esprit d’ouverture propre à la côte ouest canadienne.

Bertrand Huiban


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