Marie Hébrard, française d’origine, est assistante maître de chai(3) au vignoble Hester Creek, Vallée de l’Okanagan. Arrivée en 2001 dans l’Okanagan, elle commence en 2005 des études de marketing et d’œnologie. Puis elle travaille pour le vignoble Seven Stone Winery qui, à l’époque, n’avait que la vigne, mais pas le chai. Elle s’occupe alors de différentes tâches de viticulture (taille, effeuillage, etc.). En 2006, est embauchée par Golden Mile Cellars, devenu Road 13 Vineyard. C’est ici qu’elle fait sa première vendange, tout en continuant ses cours vinicoles. Mais très rapidement, en quinze jours précisément, elle rejoint Hester Creek. D’où elle répond à nos questions.
LEP – Quel a été votre plus grand défi professionnel ou personnel lorsque vous êtes arrivée dans l’Okanagan ?
M. H. – Mon plus grand défi était de me faire accepter en tant que francophone, les gens ne me faisaient pas confiance sachant que je venais du Québec. Étant Française, mais venant du Québec les gens m’assimilaient à une Québécoise, comme ceux qui viennent de la Belle Province pour travailler aux champs de façon saisonnière chaque année. Par contre, ceux qui m’ont laissé une chance ont vite vu mon potentiel.
LEP – Quelle est la cuvée ou le vin de Hester Creek sur lequel vous préférez travailler ?
M. H. – Je n’ai pas spécialement de préférence, chaque millésime amène son lot de défis et de travail en conséquence. Mais en général, je préfère les vins rouges. Le défi est d’apporter la régularité de la qualité des vins pour nos consommateurs en composant avec la spécificité de chaque millésime.
LEP – Comment les gens perçoivent-ils l’évolution du marché du vin de Colombie-Britannique ?
M. H. – Les gens de Colombie-Britannique sont fidèles aux vignobles locaux et soutiennent le marché des vins de la province. Beaucoup de gens sont conscients des changements apportés au vignoble britanno-colombien. Dans les années 1980, beaucoup de vignes hybrides ne donnaient pas de bons résultats, elles ont été arrachées au bénéfice de cépages nobles. Le consommateur est, en général, surpris par le développement rapide de l’industrie du vin depuis ces 20 dernières années.
LEP – Que diriez-vous aux touristes qui viennent visiter la Colombie-Britannique et qui découvrent les vins de l’Okanagan ?
M. H. – Je leur dirais de laisser derrière eux tout ce qu’ils connaissent du vin, d’ouvrir grand leurs papilles et de déguster !
LEP – Quelles prestations offrez-vous au vignoble ?
M. H. – Nous avons construit, en 2007, une villa qui compte six suites de style toscan pouvant accueillir un couple chacune. Le concept s’adresse aux visiteurs de passage qui veulent vivre une expérience unique. Le petit déjeuner est inclus dans la prestation. Un patio recouvert de vignes offre aux visiteurs un espace agréable pour la dégustation de nos vins avec un service de collation. Un prestation de restauration et deux tours guidés quotidiens au vignoble seront disponibles bientôt. ■
Propos recueillis par Igal Amsallem
(3)C’est la responsable de la cave : elle assure l’élevage du vin, c’est-à-dire dès l’entrée du raisin dans la cave jusqu’à sa mise en bouteille.


