Depuis le printemps, la ville de Vancouver propose aux petites et moyennes entreprises des formations destinées à étudier leurs émissions de gaz à effet de serre.
L’objectif de ce programme intitulé Climate Smart : les éduquer au respect de l’environnement. The Umbrella Store y participe.
Qu’une entreprise spécialisée dans la vente et la réparation de parapluies se préoccupe des variations climatiques… jusque-là rien de très surprenant. Mais, depuis que The Umbrella Store participe au programme Climate Smart, les questions sur le climat pleuvent : « Quel moyen de transport utiliser pour se rendre au travail ? », « Comment réduire notre consommation d’électricité ? », ou encore « Comment mettre en place un système de recyclage ? »
« La première étape du programme nous amène à étudier notre manière de travailler afin de mesurer l’impact de notre activité sur la planète », explique Joanne Léveillé, gestionnaire des comptes de The Umbrella Store. Dans cette entreprise, depuis 1935, tout doit être passé au crible.
Cette société gère trois magasins à Vancouver et emploie jusqu’à quinze salariés au gré des saisons.
Depuis mars, la ville de Vancouver encourage les petites et moyennes entreprises à contribuer à sa politique de réduction des gaz à effet de serre. En partie financée par la mairie et le Grand Vancouver, la participation à Climate Smart coûte au final 500 $ aux entreprises. Jusqu’à présent, 43 sociétés se sont inscrites. Concrètement, elles participent à trois ateliers différents qui leur permettent d’apprendre à mesurer le rejet de gaz à effet de serre, à fixer des mesures de réduction et à communiquer sur leur engagement.
« Après avoir évalué notre consommation d’énergie, nous déciderons des changements à effectuer dans l’entreprise, explique Joanne Léveillé. Par exemple, nous utilisons deux petits réfrigérateurs dans notre cuisine commune, mais n’est-il pas plus économique d’en avoir un seul plus grand ? C’est sur des aspects très concrets comme celui-ci que nous travaillons ».
Impliquer les salariésL’entreprise The Umbrella Store était déjà précurseur en la matière : ampoules basse consommation, voiture peu polluante, déchets réduits à leur portion congrue… Pourtant, lorsque l’opportunité de participer au programme Climate Smart s’est présentée en mai, Corry Flader, propriétaire de la société, s’est d’abord montrée sceptique. « Je me suis demandé ce que cette formation pouvait nous apprendre, avoue-t-elle. Finalement, c’est toujours une bonne chose d’être reconnu pour ses efforts. » À la fin des différents ateliers, la société pourra, de fait, afficher le label « Climate Smart » sur son site Internet.
Le but est aussi d’éveiller la conscience des employés et de former une « équipe verte ». Depuis que son entreprise participe au programme, Kayla, l’une des vendeuses, tente ainsi de changer son comportement. « À la maison, je suis plutôt respectueuse de l’environnement, mais au travail, je me concentrais sur mes tâches sans forcément penser à l’impact de mes gestes. Désormais, j’essaie de faire attention. Par exemple, quand je bois du café, j’évite d’utiliser des gobelets jetables ! ».
Corry n’attend aucun retour sur investissement dans l’immédiat. Elle souhaite avant tout instaurer une certaine philosophie dans sa société. « Je pense à l’aspect social que peut nous apporter ce programme. Je suis convaincue qu’en s’investissant dans une action positive pour leur entreprise, les salariés ne peuvent que se sentir mieux. » Petit hic, selon elle, « les entreprises qui participent à ce programme sont souvent les plus investies dans le recyclage et le développement durable. Celles qui ont le plus besoin de cette formation vont être les dernières à la suivre. »
Pour la mairie, ce programme représente un enjeu de taille. « Les bâtiments d’habitation et d’affaires de Vancouver génèrent à eux seuls 55 % des émissions de gaz à effet de serre de la ville », explique Amy Fournier, coordinatrice pour le programme de sensibilisation au changement climatique à la mairie. « Parmi ceux-ci, 32 % proviennent des entreprises. » En 2007, les émissions de gaz à effet de serre de la ville étaient estimées à 2,7 millions de tonnes par an. La mairie espère les réduire de 33 % d’ici à 2020. ■
Romain Desgrand
Les émissions de gaz à effet de serre à Vancouver
Immeubles d’entreprises 32 %
Maisons, appartements résidentiels 23 %
Voitures et petits camions 32 %
Poids lourds 5 %
Autres 8 %


