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Vendredi 24 mai 2013

Pourquoi un printemps aussi froid et humide à Vancouver ?

Pourquoi un printemps aussi froid et humide à Vancouver ?

Dans le bus, l’ascenseur, sur les profils Facebook, partout la même complainte : le printemps tarde à s’installer sur la région de Vancouver. Les grosses pluies de ces derniers jours ne doivent pourtant pas nous inquiéter. L’été va finir par arriver – c’est en tout cas ce que nous promettent les prévisions météorologiques saisonnières d’Environnement Canada.

Après un hiver pluvieux, les parapluies n’ont pas trouvé de répit avec l’arrivée officielle du printemps à Vancouver. Depuis le mois de mars, les températures sont, en effet, en-dessous de la normale et les précipitations bien plus importantes que d’habitude. Au mois de mai, la moyenne des températures enregistrées à l’aéroport de Vancouver a été de 11°C alors que les températures avoisinent normalement 12,5°C. Idem pour les précipitations qui se sont élevées à 89,3 mm d’eau, contrairement à 68 mm d’eau habituellement. Mais ce n’est pas le printemps le plus frais que la région ait connu : la température minimale était de 0°C le 1er mai 1954 !

La coupable ? La Niña

Le mauvais temps qui frappe la Colombie-Britannique depuis plusieurs mois est causé par « La Niña », qui signifie « petite fille » en espagnol. La Niña, c’est un refroidissement des eaux du Pacifique. Le mécanisme qui mène à cette anomalie négative des températures de l’océan Pacifique est mal connu mais les scientifiques pensent que le renforcement des alizés est le point de départ du phénomène.

Les alizés sont des vents qui soufflent vers l’ouest et ainsi poussent l’eau de surface chaude vers l’Asie, ce qui favorise la remontée des eaux profondes froides le long des côtes de l’Amérique du Sud. Lorsque ces alizés se renforcent, ils ramènent encore plus d’eau chaude vers l’ouest et ainsi, font remonter encore plus d’eau froide des profondeurs. La température de l’océan s’en retrouve diminuée, ce qui provoque un dérèglement atmosphérique et donc des précipitations plus importantes pour notre province.

Mais selon Richard Moffet, porte-parole des prévisions saisonnières à Environnement Canada,  « ce phénomène qui perdure depuis plusieurs mois est en train de s’estomper ». « On prévoit une normalisation pour juillet et août. »  Les épisodes La Niña se reproduisent généralement tous les trois à cinq ans et durent entre un et deux ans.

Un été plus chaud

Les études saisonnières d’Environnement Canada prévoient des précipitations moindres et des températures plus élevées que la normale pour cet été. Ces tendances sont le résultat de calculs réalisés selon quatre modèles développés par le Centre météorologique canadien de Montréal et le Centre climatique canadien, à Victoria. Ces modèles intègrent des données météorologiques enregistrées deux fois dans la journée pendant les cinq jours précédant la publication des prévisions.

Ces dernières sont accessibles sur le site Internet www.meteo.gc.ca sous deux formes : les prévisions déterministes qui permettent de dégager une tendance et les prévisions probabilistes pour savoir quelle est la probabilité que les prévisions se réalisent. Le site Internet donne également la possibilité de vérifier si les prévisions saisonnières passées étaient exactes ou non. On peut donc y constater que les prévisions émises pour le printemps 2011 étaient fiables. « Le taux de succès est meilleur pour les températures que pour les précipitations », précise Richard Moffet. « Le taux de succès est marginal concernant les précipitations estivales car elles sont très localisées donc variables. »

Des enjeux importants

Si les prévisions saisonnières d’Environnement Canada sont consultées par les résidents canadiens, elles suscitent également beaucoup d’intérêt chez certains professionnels. Les agriculteurs les suivent bien sûr avec attention mais aussi les producteurs d’hydro-électricité comme BC Hydro et les acteurs de la sécurité civile, notamment ceux chargés de prévenir et d’éteindre les feux de forêt.

Certains agriculteurs se plaignent du manque de fiabilité des prévisions saisonnières. Mais Environnement Canada recherche constamment à améliorer ses modèles. Bientôt, les modèles de prévision atmosphériques seront couplés à des modèles océaniques pour des prévisions saisonnières encore plus réalistes. ■

Fanny Bourel

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