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Vendredi 21 décembre 2012

Pompiers et policiers du monde entier s’affrontent à Vancouver

Pompiers et policiers du monde entier s’affrontent à Vancouver

Depuis le 31 juillet, et jusqu’au 9 août, le Vancouver métropolitain est le théâtre d’une compétition internationale qui se tient tous les deux ans dans une ville hôte : les World Police and Fire Games. Alors que certains sont lancés dans une course à la médaille, beaucoup préfèrent profiter de l’esprit de camaraderie qui règne entre les compétiteurs.


Peut-être aurez-vous remarqué un étonnant cortège de muscles, tout de bleu vêtus, dans les rues de Vancouver et de sa périphérie. Pas étonnant : ils sont plus de 10 000 – des hommes en grande majorité, pompiers, policiers, douaniers et gardiens de prison de 55 pays différents – à s’être déplacés dans la région pour participer aux 13es World Police and Fire Games, les Jeux mondiaux de la police et des pompiers. L’événement rassemble tous les deux ans depuis 1985, date de son lancement, une partie des membres de la communauté internationale de ces services, convertis en athlètes pour l’occasion. « Ils seront presque trois fois plus qu’aux Jeux olympiques en février 2010 », soutient fièrement Stuart Ballantyne, le président-directeur général et organisateur des Jeux.

Galop d’essai avant l’heure en quelque sorte, ce sera tout du moins un bon moyen de tester les réseaux de transport, les installations et l’aéroport de Vancouver en situation de forte affluence. Car Ballantyne compte attirer quelques 30 000 personnes – athlètes, familles, amis et touristes confondus. Près de 50 millions de dollars en découleront et seront injectés directement dans l’économie de la province.

Parmi les concurrents, Brian Bogdanovich sera de la partie. Loin du cliché du pompier aux gros biceps, cet homme de 51 ans de la caserne no 8 à Yaletown a le physique sec propre aux marathoniens. Il participera à la course du Grouse Grind mercredi 5 août, une épreuve spécifique à la ville de Vancouver. 2 830 marches sur presque trois kilomètres et 853 mètres de dénivelé. « Le record est établi à 26 minutes, relate-t-il. Pour ma part, je grimpe en 35 minutes. Je crois sincèrement être capable de remporter une médaille. »

Brian, également nommé coordinateur de l’épreuve, est en effet avantagé, étant donné qu’il connaît déjà le parcours. Et bien entraîné : il s’offre le Grouse Grind quatre fois par semaine, et ce depuis quinze ans. Il admet toutefois être un peu anxieux vis-à-vis de ses pairs et concurrents allemands ou suisses, qui s’exercent sur leurs propres montagnes.

Des épreuves en tous genres

Au total, 63 épreuves sont proposées, des plus courantes telles que le golf, le football et l’athlétisme, aux plus originales comme le bras de fer, les fléchettes, la pêche, ou encore le lancer de fer à cheval. Le hockey sur glace remporte le plus grand nombre de participants, un millier, représentés ainsi par 108 équipes. Le Canada y est certainement pour quelque chose : le pays avance en effet un contingent de 4 300 athlètes, dont plus de la moitié sont originaires de Colombie-Britannique.

Certains sont même, en dehors de leur activité professionnelle, de véritables champions dans leur catégorie. Doug Weis, 34 ans, s’est inscrit à l’épreuve de body-building. Le pompier de West Vancouver le pratique depuis des années. « Je ne cours pas vraiment après les médailles, assure-t-il. C’est plutôt pour s’amuser, et rencontrer nos collègues de l’étranger. » Mais Doug se montre toutefois totalement dévoué à sa discipline : « Avec mon épouse, nous nous entraînons ensemble, nous faisons attention à peser et mesurer tout ce que nous mangeons. Nous évitons les dîners ou les barbecues qui mettraient par terre tous nos résultats et nos efforts depuis deux ans. On a quand même encore des amis ! » plaisante-t-il.

Son collègue Dhiren Kumar, 29 ans, en est à ses deuxièmes Jeux, après ceux de Québec en 2005. Pour lui, il s’agit davantage d’un défi personnel. Pourvu qu’il n’arrive pas le dernier. L’épreuve à laquelle il participe, appelée Toughest Competitor Alive, fait froid dans le dos : Dhiren va enchaîner sur une journée une course de 5 km, suivie d’un sprint de 100 m sur piste, d’une épreuve de vitesse en natation de la même distance, d’un lancer de poids, d’un lever de poids, de tractions, d’une montée à la corde sans les pieds, et enfin d’une course d’obstacles. « Comme à l’armée, rigole-t-il. Je m’entraîne tous les jours dès 7 h 30 le matin. Mais je suis un peu nerveux, surtout face à des adversaires tels que les SWAT (groupe d’intervention armé américain). » Et comme Doug, il espère bien, après l’effort, pouvoir côtoyer ses compères du monde entier autour d’un bon repas.


Sophie de Kepper


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