À l’heure où la province s’apprête à vivre une saison touristique historique, des milliers de jeunes venus des quatre coins du monde sont à l’affût de la moindre opportunité pour faire partie de l’aventure.
Chercher un petit boulot dans une station de ski en Colombie-Britannique nécessite à coup sûr de participer à une job fair, une foire à l’emploi. Courantes au Canada, elles se sont multipliées cette année aux mois d’octobre et novembre. La quasi-totalité des stations de ski de la région en ont organisées, généralement sur deux jours, regroupant à chaque fois une horde de candidats déterminés à dénicher l’emploi rêvé pour la saison d’hiver. À la carte : une multitude d’offres en restauration, hôtellerie, magasins de location, service à la clientèle ou encore opérations sur le terrain.
Et parce qu’on est jamais sûr de décrocher un travail du premier coup, la plupart des postulants programment plusieurs foires à la suite, nécessitant parfois de se déplacer et de se loger dans les villes hôtes. Moi-même faisant partie de cette horde, j’ai pu assister, l’air curieux, à cette expérience intéressante.
Avant toute chose, il n’est pas négligeable de passer par des centres de ressources comme YWCA (en anglais) ou Éducacentre (en français). Ils fournissent la plupart du temps de bons conseils sur la réalisation d’un curriculum vitæ à la sauce locale, des entraînements aux entretiens, ainsi qu’une multitude d’informations sur le marché de l’emploi en Colombie-Britannique.
Passons aux choses sérieuses
Une fois sur place, parfois dans la station, et souvent dans un hôtel, on proclame officiellement la cérémonie d’ouverture : fiche de renseignements fournie à l’accueil, inscription à un entretien, et… de l’attente. Parfois très longue (cinq heures pour moi !). De quoi cogiter, répéter son entretien, discuter aussi. Les foires à l’emploi constituent en effet un haut lieu de rencontres. Stress, conseils, bons plans, on partage énormément dans ce type d’événement.
Premier entretien, première poignée de main. On s’assoit, face à face, sourires affichés de part et d’autre. Les relations sont plutôt cordiales, voire parfois amicales. Un climat de franchise s’installe tout de suite, comme si l’on se considérait déjà comme des collègues de travail. Présentation, puis questions : « Quelles sont vos qualités ? Quel est votre meilleur souvenir de travail ? Comment réagissez-vous si un client est mécontent ? », etc. Si la plupart des entretiens durent une dizaine de minutes environ, certains s’éternisent. Parfois, on peut même en enchaîner deux à la suite, ce qui est souvent de bon augure.
À la sortie, on échange de nouveau : « C’est bon pour moi, ils m’ont embauché ! Et toi ? » « Ils ont dit qu’ils me rappelleraient dans la semaine…». « Mince, ça ne va peut-être pas marcher ici alors. Il faut vraiment que je sois à Kelowna demain ! »
Direction la dernière foire au programme. Encore une fois, le nombre de personnes sur place est étonnant. Pour nous faire patienter, les organisateurs ont prévu… une rédaction ! « Racontez-nous un moment qui a compté dans votre vie. » De quoi réfléchir un petit moment, et surtout penser à autre chose avant l’instant fatidique.
À traîner ces guêtres dans les auberges de jeunesse des villes accueillant ces foires, c’est étonnant le nombre de gens que l’on peut recroiser. « Tu étais à celle de Cypress Mountain ? » Une fois les journées d’entretiens passées, il s’avère parfois difficile de passer une nuit calme, les candidats retenus fêtant cela avec tonus, et sans aucune compassion pour les autres.
Mais à force de persévérance et de patience, la plupart sont arrivés à dénicher l’emploi saisonnier qu’ils recherchaient (moi aussi !) avec à la clef dans la plupart des cas, et ce n’est pas négligeable, un forfait offert pour tout l’hiver.
Pierre-Yves Mauviel
L’avis d’une professionnelle : Robyn Mitz, directrice des ressources humaines de White Water Resort, Nelson
L’Express du Pacifique – Comment se déroule une foire à l’emploi ?
Robyn Mitz – Tous les chefs de départements ainsi que l’équipe de la station se mobilisent. Les employés potentiels viennent à la foire et tout le monde a droit à un entretien préliminaire. Ceux qui passent cette étape ont tout de suite un second entretien avec le responsable du service où ils veulent travailler. Tout le monde a ainsi la même chance d’être embauché. Nous pouvons rencontrer un grand nombre de personnes en une seule fois, puis comparer.
LEP – Combien de personnes étaient présentes à la foire à l’emploi de White Water ?
R. M. – Cette année, nous avons eu 250 inscrits. Il y avait tellement de gens que nous avons dû continuer la foire le lendemain. Je pense qu’il y avait beaucoup de monde à cause du ralentissement économique. Il y a un très grand taux de chômage dans cette province. Pour rappel, l’an dernier 175 personnes s’étaient présentées.
LEP – Comment faites-vous votre sélection avec tant de candidatures et si peu d’emplois à pourvoir ?
R. M. – C’est difficile. Nous recherchons des gens brillants, ceux qui sortent du lot. Les références sont aussi un élément essentiel dans la prise de décision. Nous avons un très bon système de notations que nous utilisons pendant les entretiens et qui nous permet de faire un classement à la fin de la journée.
Il est arrivé que nous ayons quelques incidents où les gens étaient vraiment en colère parce que nous n’engagions pas de personnes avec des dreadlocks. ■
P.-Y. M.



très instructif merci pour cet article! bouldich…