Deux pionniers de l’imagerie numérique, en charge des effets visuels d’Avatar, ont présenté au dernier festival Spark de Vancouver, quelques-unes des révolutions du dernier film de James Cameron. Retour avec John Knoll et Dan Lemmon sur les défis technologiques et la conception d’une œuvre sans précédent.
Décembre 2008. Avatar s’apprête à entamer sa quatrième année de production. Le film tant attendu dure presque trois heures et demi et doit être raccourci. Le budget pharaonique annoncé au départ sera dépassé et la date de sortie repoussée. John Knoll, grand manitou chez Industrial Light and Magic (ILM), studio d’effets spéciaux et visuels, est appelé à la rescousse par James Cameron pour réaliser divers effets sur le film.
John Knoll est une référence dans l’industrie. Co-créateur de Photoshop, il a travaillé sur les premiers Star Wars – une révélation pour nombre d’acteurs du secteur – et sur de nombreux longs métrages comme Pirates des Caraïbes. Il connaît déjà le fonctionnement du réalisateur avec lequel il a travaillé sur Abyss, 20 ans auparavant. « James savait exactement ce qu’il voulait pour chacun des plans qu’on devait réaliser pour Avatar. Il maniait par exemple lui-même les engins volants à partir de maquettes pour nous montrer les mouvements précis de caméra qu’on devait reproduire ». ILM est notamment chargé de créer la poussière générée par l’atterrissage d’un hélicoptère. Un extrait d’une visioconférence montre un réalisateur enragé devant les techniques proposées par John Knoll. « C’était un moment tendu. Mais quand je lui ai montré les éléments qu’on avait créés la semaine suivante, il a adoré, se remémore-t-il. Il veut tout contrôler et connaît tous les postes sur un plateau, il ne faut pas essayer de le bluffer ».
La création de Pandora
Bien avant de se tourner vers ILM, le réalisateur de Titanic choisit, en 2005, de confier la majeure partie des effets visuels du film, dont la création de la planète Pandora, à la société Weta. Basé en Nouvelle-Zélande, le studio s’est taillé une solide réputation grâce à son travail sur la trilogie du Seigneur des anneaux. Dan Lemmon sera en charge des effets visuels. Le film comporte 40 % de prises de vue directes. James Cameron cherche donc la perfection numérique pour les 60 % restants, réalisés entièrement en images de synthèse. « Cela faisait 14 ans qu’il travaillait dessus, il avait cette vision du bleu, il y en a toujours beaucoup dans ses films, pour les indigènes, à l’inverse du vert choisi pour les aliens », explique Dan Lemmon.
Deux ans et demi de recherches sont nécessaires pour concevoir l’univers de Pandora. « On s’est beaucoup inspiré d’images venues d’Afrique et du magazine National Geographic. L’ADN des personnages devaient être un mélange entre l’homme et l’animal. Les Na’vis [habitants de la planète Pandora, ndlr] ont par exemple un nez proche de celui du lion. Quant à Thanator, l’animal qui attaque Jake sur Pandora, il a été dessiné par James Cameron lui-même. Un défi à animer, insiste Daniel Lemmon, en raison de ses six pattes ».
Le scénario implique la création d’un univers complexe, avec des milliers d’arbres et de plantes comportant jusqu’à sept niveaux de relief. Weta met alors en place un procédé innovant permettant d’importer tous types d’éléments graphiques dans l’image.
Le réalisateur perfectionne en parallèle les outils de « performance capture » créés par Robert Zemeckis dans Le Pôle Express et La légende de Beowulf. Il met notamment en place un système baptisé « E-Motion Capture » qui favorise encore davantage la liberté d’action des comédiens. « Il pouvait voir les personnages directement en images de synthèse sur une caméra conçue spécialement pour. Les formes à l’écran rappelaient un jeu vidéo des années 90 mais nous n’avions malgré tout qu’une vague idée des expressions faciales ». D’où la création à Weta d’un logiciel appelé « Facial Action Code System » qui permet de créer des typologies très précises des muscles du visage et les expressions de chacun des acteurs. De quoi rendre les Na’vis plus vrais que nature.
Un défi pour les films à venir
Le film sort sur les écrans du monde entier en décembre 2009. Un projet endormi depuis quinze ans. L’ancienne société d’effets spéciaux de James Cameron, Digital Domain, n’avait alors pas les moyens nécessaires pour relever le défi à l’époque.
Faire évoluer les techniques existantes, réaliser un film complexe même si la technologie ne le permet pas tout à fait : depuis Terminator 2, l’innovation est devenue indissociable des films de James Cameron. Le plus grand défi d’Avatar, faire justement oublier la technologie, est une prouesse avec un niveau de réalisme jamais atteint. En témoignent les états dépressifs signalés par certains spectateurs mécontents de retourner dans le monde réel.
Pour les professionnels du secteur invités à débattre en clôture du festival Spark, le gagnant de l’Oscar des meilleurs effets spéciaux de cette année est déjà connu avant même d’avoir été décerné. « Il y a eu Star Wars, Blade Runner et maintenant Avatar », expliquait Gene Kozocki, responsable de la production numérique aux studios Rhythm & Hues à Los Angeles. « Ça va changer la façon dont les films sont réalisés, renchérit Glenn Campbell, en charge des effets spéciaux des studios Area 51 basés sur la côte californienne. « Maintenant, on risque de s’entendre dire que ça doit ressembler à Avatar. »
Charlotte Houang



je pense que avatar est le meilleur film que jái vue donc sa serait bien de faire un avatar 2!!!