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Vendredi 10 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Les animaux au cimetière

Les animaux au cimetière

À Surrey, l’unique cimetière pour animaux de Colombie-Britannique est menacé de fermeture. Les maîtres qui y ont enterré leurs anciens compagnons se mobilisent. L’occasion, à travers leur combat, de faire le point sur le commerce entourant la mort animalière.

En arrivant à l’intersection de la 78e Avenue et de la rue 147A de Surrey, rien ne laisse à penser que le terrain qui s’y trouve puisse être un lieu de recueillement. Le champ, assez grand pour y construire jusqu’à trois maisons, est envahi par les buissons, les mauvaises herbes et les détritus qui recouvrent les sépultures. Il s’agit probablement du lieu le moins bien entretenu du quartier résidentiel de Newton. Seules les fleurs en plastique qu’on entraperçoit interpellent le promeneur.

Fondé en 1952 par Mary et Daniel Blair, le cimetière a accueilli plus de 600 chiens et chats. Les inhumations se sont arrêtées lorsque le cimetière privé a été vendu à un promoteur immobilier en 1995. Une obligation contractuelle déposée par la mairie, valable jusqu’au 1er janvier de cette année, a alors empêché toute construction sur le terrain.

Deux mois avant l’expiration du contrat judiciaire, les propriétaires d’animaux défunts se sont inquiétés de l’état de délabrement dans lequel se trouvait le cimetière. La mairie n’y montrant plus de réel intérêt, Kevin Woronchak, propriétaire de la société de crémation animalière Until we meet again, a décidé de se lancer dans une campagne contre la fermeture du site.

La propriété a été largement dévaluée depuis son acquisition. Il y a une dizaine d’années, le promoteur immobilier a proposé aux propriétaires d’animaux disparus de leur revendre le terrain pour 172 000 $, soit près de cinq fois moins que son prix initial. Les fonds nécessaires n’avaient alors pas pu être réunis.

À la mi-novembre, la découverte d’une stèle qui serait celle d’une femme ayant servi dans la Royal Air Force, Muriel Clerk, a donné plus de poids aux défenseurs du cimetière. La militaire reposerait aux côtés de son chien. Le responsable de l’urbanisme et du développement de la ville de Surrey, Jean Lamontagne, assure qu’il n’y a que des animaux enterrés à cet endroit : selon la Loi de Crémation, d’Inhumation et de Services Funéraires, l’enterrement d’humains et d’animaux au même endroit est interdit. Aucune recherche n’a été menée pour confirmer ce fait. Une rumeur fait également état de la mise en terre de l’ancienne propriétaire du cimetière, selon son souhait, qui reposerait auprès de ses deux chiens disparus. La stèle reste toutefois introuvable.

Objectif : un parc commémoratif

S’il est certain que le cimetière n’accueillera plus de nouvelles tombes, l’objectif des propriétaires d’animaux est maintenant de faire classer cette parcelle de terre en parc commémoratif, un projet qui ne semble pas intéresser la mairie. « Surrey est pourtant surnommée “la ville aux parcs” », rappelle Kevin Woronchak, en faisant référence aux plus de 400 parcs qui ornent la commune. Mais cette proposition doit passer d’abord devant le Conseil de la ville. Une pétition vient d’être lancée afin de recevoir un maximum de soutien et de donner plus de force à cette cause. Le document est disponible sur Internet où il est possible de suivre l’évolution de l’affaire. Mais le temps presse, étant donné que l’obligation contractuelle est périmée. « Rien n’indique pour l’ins­tant que des constructions vont débuter, mais la mairie ne souhaite pas communiquer sur ce sujet et le promoteur immobilier est injoi­gnable », s’inquiète Kevin Woronchak qui espère réunir 5 000 signatures avant la fin mars. ■

Le commerce de la mort animalière : un bon filon ?

Quels choix s’offrent aux maîtres lorsque leur animal de compagnie meurt ? Il n’y a désormais plus de cimetière pour animaux en Colombie-Britannique et, pour des raisons environnementales, l’enterrement des animaux dans les jardins privés est interdit, même si de nombreux propriétaires contournent cette loi. Par ailleurs, pour beaucoup maintenant, il est totalement inconcevable de faire partir son compagnon tant aimé à l’équarrissage, et encore moins de jeter le corps de l’animal aux ordures, ce qui est par ailleurs illégal. La crémation est donc la méthode la plus largement utilisée.
Lisa Bird, habitante de Vancouver et propriétaire d’un berger australien, a opté pour l’incinération chez le vétérinaire : « J’ai déjà eu deux chiens auparavant. Je ne pense vraiment pas que je les aurais emmenés au cimetière. Et dans mon jardin… Comment cela se passerait-il si je déménageais ? Ce serait horrible si je devais les déterrer ». Karen Lee, propriétaire d’un jeune westie, penche aussi pour la crémation mais souhaiterait récupérer les cendres dans une urne.
Pour la crémation, les maîtres ont deux possibilités : les cliniques vétérinaires et les entreprises spécialisées. De nombreuses vétérinaires proposent ce service en Colombie-Britannique, et les prix varient selon les prestations et le poids de l’animal. Au Vancouver Veterinary Hospital, situé dans l’est de Vancouver, il faut compter au minimum 60 $ pour une crémation collective, et jusqu’à 310 $ pour une crémation privée avec une petite cérémonie et la récupération des cendres. Les centres vétérinaires sont de loin les plus utilisés.
Étonnamment, une seule entreprise dans la province s’est spécialisée dans ce domaine : Until we meet again. Elle offre également des crémations communes ou privées. Au programme, un large choix de cérémonies, des chants celtiques, une salle de réflexion, des urnes pour récupérer les cendres ou encore des services d’écoute et de soutien. Selon les options choisies, les prix varient de 120 à 450 $. Des petits objets souvenirs sont en vente dans les deux types d’établissement, le plus prisé étant l’empreinte de la patte de l’animal sur un palet en terre cuite pour 40 $. Si le seul cimetière animalier de la province s’apprête à disparaître, il semble en tout cas peu probable qu’un autre ouvre ses portes, même si les Britanno-Colombiens adorent leurs animaux de compagnie. ■

Gwenaëlle Ily

2 commentaires pour “Les animaux au cimetière”

  1. cimetiere animalier à l'abandon

    bonjour , j’ai pris connaissance de cet article concernant le cimetiére animalier et je me permets de vous apporter ma lumiere , aujourdhui , j’entretien et restaure un cimetiére d’animaux bénévolement ( environ 200 sépultures) en france , à ST LEU D’ESSERENT OISE 60.
    Apres cet entretien , je continuerais à l’entretenir , j’ai méme proposer à la propriétaire d’en devenir l’acquereur , donc proprietaire d’un cimetire d’animaux , la municipalité doit conserver ce lieu de mémoire pour tous les propriétaires qui ont investie pour l’amour de leurs compagnons .
    et qui souhaitent se recueillir aupres d’eux..
    voilà, mon souhait est de vous soutenir dans vos efforts et que ce cimetiére ne reste pas dans l’oubli ….
    Amicalement vôtre ….. Mr TRANCHANT.

  2. cimetière pour animaux

    Bonjour ,
    Je souhaitais vous faire part de ma demande de renseignements concernant un cimetière animalier dans ma région ( 54) .
    Je souhaiterais connaitre ce qui incombe à ceux qui désireraient s en occuper , les lois , les règles , et aussi vers qui se tourner pour les tombes , les pierres tombales pour animaux … et tout le reste…..
    Avec ma compagne , nous avons redécouvert un cimetière animalier et désirerions connaitre les modalités et responsabilités incombant aux éventuels futurs propriétaires .
    Est il possible de créer une entreprise ou alors cela devra rester tjrs bénévoles ?
    Merci d avance pour les renseignements pour vous pourrez nous prodiguer …

    didier malglaive

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