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Vins de C.B. : L'effervescence

Le marché du vin en C.-B. : la qualité avant tout

Le marché du vin en C.-B. : la qualité avant tout

Malgré une année 2009 en demi-teinte, à cause des nombreux caprices du temps, l’industrie du vin se porte bien dans la province. 710 exploitations, 174 caves à vins, 182 millions de chiffre d’affaires pour les vins VQA(1)… autant d’indicateurs qui poussent même les viticulteurs à parier sur la qualité et à lorgner au-delà des frontières pour écouler leurs productions de vins de glace.

L’année 2009 a été particulièrement capricieuse pour les producteurs de vin dans la région. Des dégâts multiples causés par l’hiver – les températures sont descendues parfois jusqu’à - 25 degrés dans l’Okanagan, pendant plusieurs jours en janvier –, des vendanges survenues très tôt, dès septembre, puis interrompues par le gel… autant d’éléments qui auraient pu constituer un cocktail redoutable pour les viticulteurs. Pourtant, rien n’entame l’optimisme du British Columbia Wine Institute (BCWI) qui annonce au contraire que « le cru 2009 sera de qualité premium », tout en prévoyant quand même une baisse de 20 % du tonnage global produit par rapport à 2008.

Si les chiffres sont fluctuants, la qualité s’impose au fil des ans. En dépit des caprices du temps ici ou là, le climat s’est révélé doux et donc idéal pour la vigne dans le nord, l’année passée, apportant de l’acidité et de la fraîcheur. À l’opposé, dans le sud, la chaleur a favorisé une maturité plus rapide du raisin. Les cinq régions viticoles de la province produisent des vins si différents et jouissent de conditions géographiques et climatiques si distinctes que les risques d’Annus Horribilis s’avèrent minimes.

Sous étroite surveillance

L’industrie du vin est particulièrement réglementée. Deux organismes publics dépendant du ministère de la Santé publique et du Solliciteur Général, le Liquor Distribution Branch (LDB) et le Liquor Control and Licensing Branch (LCLB), opèrent la gouvernance et régulent l’activité du vin dans la province.

Le LDB achète des boissons alcoolisées en conformité avec le Importation of Intoxicating Liquor Act. Il est responsable de l’importation, de la distribution de la vente en gros et au détail des boissons alcoolisées. Son siège social est basé à Vancouver.

Le LCLB applique les règles du Liquor Control and Licensing Act. Il est responsable des permis d’alcool, de la gestion et du respect des règles. ■

Climats extrêmes et variés

La Vallée de l’Okanagan, avec ses quatre lacs Skaha, Osoyoos, Vaseux et Okanagan, aurait paraît-il les mêmes caractéristiques que les régions vinicoles d’Allemagne. Les vallées Similkameen, Fraser, l’Île de Vancouver et les Îles du Golfe complètent le tableau viticole de la Colombie-Britannique. Le relief argileux de la province voit naître chaque année des vins blancs de type français ou allemand : chardonnay, riesling, pinot blanc, gewurztraminer, auxerrois et ehrenfelser. Les vins rouges sont quand à eux produits dans le sud : merlot, bacchus, maréchal Foch et baco noir…

Cette profusion satisfait le BCWI qui souhaite augmenter d’un point chaque année la part de marché des vins certifiés VQA. « Les viticulteurs locaux de VQA ont réalisé 182 million de dollars de chiffre d’affaires en 2009/2010, se réjouit Lyndsay Anders, responsable de la Communication au BCWI. Ce qui représente une hausse de 11,65 % par rapport à 2008/2009. »


L’effet Vitis vinifera

L’Accord de libre-échange (ALE), passé en 1988, a éliminé le traitement préférentiel accordé aux vins canadiens. Conséquence : les producteurs décident de miser sur la qualité. Ils délaissent massivement les variétés Vitis labrusca, raisins à jus indigènes, en faveur de nouvelles variétés Vitis vinifera et hybrides françaises, qui produisent des vins de qualité supérieure.

Ce faisant, les viticulteurs épousent de plus en plus les goûts de leurs clients. « Les consommateurs sont plus curieux et plus sophistiqués, confirme Steven Schietel, porte-parole de BC Liquor Distribution Branch. Vancouver est un port, nous sommes très avides de nouveautés. Le profil du consommateur change : il est plus éduqué au vin, plus jeune… »

Où ces nouveaux amateurs de vin peuvent-ils s’approvisionner ? En de mutliples endroits… mais toujours sous l’œil vigilant de l’État (lire encadré). D’abord, les Licensee Retail Stores (LRS), magasins du gouvernement, au nombre de 654 (en 2008), ensuite les agences rurales RAS (228), puis les magasins de producteurs locaux on-site (166), les VQA stores (35) ou encore les détaillants en vins indépendants (12) et enfin les magasins de duty-free (11).

La Colombie-Britannique, une terre de vins

■ 5 régions viticoles rassemblant 710 vignobles
■ 60 variétés de raisins
■ Les 10 Blancs les plus produits : chardonnay, pinot gris, gewürztraminer, sauvignon blanc, riesling, pinot blanc, viognier, Bacchus, ehrenfelser, sémillon, chenin blanc
■ Les 10 Rouges les plus produits : merlot, cabernet sauvignon, pinot noir, cabernet franc, syrah, gamay noir, maréchal Foch, petit verdot, zweigelt, malbec

Plus d’échanges Nord-Sud

« Nous avons de nouveaux fournisseurs venus d’Amérique du Sud tels que l’Argentine, le Chili, et évidemment nous aimons toujours les vins d’Australie ou de Nouvelle-Zélande, poursuit Steven Schietel. Avant les échanges s’effectuaient davantage entre l’Est et l’Ouest et maintenant l’axe Sud-Nord se renforce. » Au niveau national, les choses sont quelque peu différentes. Quatre provinces concentrent 95 % des importations de vin : Québec, Ontario, Colombie-Britannique et Alberta.

C’est la France qui est le premier fournisseur du Canada avec environ un quart du marché en valeur et un cinquième en volume, selon les chiffres de 2008. Les États-Unis, premiers clients du Canada, absorbent 96 % des exportations en volume (en litres), et 48 % en valeur (en dollars).

Steven Schietel de conclure : « Il faut encourager les viticulteurs à faire encore plus de qualité, plus de vins haut de gamme. Leurs produits doivent être attractifs, dans les prix notamment, pour séduire toujours plus de consommateurs canadiens… et pourquoi pas des clients étrangers ? » ■

Nora Azouz

(1) Les vins d’appellation Vintners Quality Alliance (VQA) sont faits exclusivement de raisins cultivés, vinifiés et embouteillés au Canada. La loi autorise néanmoins l’appellation Product of Canada dès lors que le produit final contient au moins 25 % de vin local.

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