Le jeu vidéo : un monde virtuel, masculin et violent qui aliène toute imagination ? Pas si sûr ! Gabriela Mejia, animatrice 3D depuis neuf ans, nous en dit plus sur ce milieu souvent méconnu du grand public.
Debout derrière sa table à dessin, Gabi donne en quelques secondes un effet de mouvement à son dernier personnage. Mordiller son crayon ; une manie qui l’aide à se concentrer. Toujours inspirée, elle enchaîne sur une nouvelle pose du héros, puis une troisième. On pourrait presque penser qu’il se déplace le long de la page. Mais le dessin reste pour elle la première étape car sa création sera bientôt animée par ordinateur, avant d’être intégrée dans le nouveau jeu vidéo pour lequel elle travaille. « Cette passion pour l’animation et le dessin me vient de l’enfance. Plus jeune, je m’amusais à reproduire les personnages de mes dessins animés préférés. Mais au départ je n’avais jamais pensé à en faire mon métier. »
Après l’école secondaire, Gabi est confrontée à un dilemme : se lancer dans l’art, un milieu plutôt bouché, ou suivre le chemin de ses parents en devenant architecte, tout en sachant qu’elle sera souvent frustrée de ne pas pouvoir exercer totalement sa créativité. Originaire du Salvador, elle s’installe à Vancouver en 1996. Son arrivée a alors tout changé. « Ça a été pour moi comme un déclic, une révélation. » Ville mondialement connue pour ses écoles de cinéma et d’animation numérique mais aussi pour ses studios de production, Vancouver est en effet un pôle de développement important de l’industrie du film et des jeux vidéos. La jeune femme s’engage alors dans de longues études, mêlant les beaux-arts, le cinéma et l’animation 3D.
Sa formation en poche, elle fera ses débuts dans un petit studio, avant de collaborer avec des employeurs plus importants. Le dernier ayant mis la clef sous la porte l’année passée, elle retravaille aujourd’hui pour une licence de moindre ampleur. Selon elle, l’avantage des grandes structures, c’est qu’elles ont ce qui se fait de mieux en matière d’outils technologiques. « C’est vraiment enivrant de pouvoir travailler avec les innovations dernier cri. En revanche, il y a une spécialisation importante dans les grands studios car le nombre d’employés y est plus élevé. Finalement, j’aime alterner en travaillant aussi pour des plus petits studios. Ici, la technologie n’est pas toujours de pointe, cependant on touche à plus de choses et on travaille de façon plus étroite avec les graphistes et les modélisateurs. Le manque d’outils peut être parfois frustrant, mais d’un autre côté, c’est l’occasion de faire preuve davantage de créativité pour le surmonter. »
L’imagination avant tout
Son carnet de croquis montre à lui seul sa façon de travailler. Rempli de petits personnages aux mouvements divers, de tentatives en noir et blanc ou en couleur, il est marqué par le travail de préparation avant la mise en 3D ; tablette graphique et stylet suivront. C’est ainsi que Gabi a participé à la réalisation de jeux vidéos comme Academy of Champions Football, Monster Lab ou encore FIFA Street. « Mon boulot, c’est le mouvement des personnages. La plupart du temps, j’interviens après le modélisateur 3D qui construit la structure et le graphiste qui s’attache à concevoir la texture (peau, vêtements…). Mais un personnage peut parfois repasser par la case texture avant de revenir vers moi, c’est là que le travail en équipe prend toute son importance. » Ce qui la motive le plus, c’est de créer quelque chose à partir de rien, de monter un projet en équipe et en temps limité. « Avoir un but à atteindre ensemble », dit-elle.
Le vrai défi de l’animateur 3D : réussir à cerner la personnalité des protagonistes du jeu : « J’ai aussi étudié la vidéo et le cinéma, ça m’aide beaucoup à comprendre les personnages, je dois alors faire correspondre leur démarche à leur caractère. Si c’est un monstre lent et massif, je le fait dandiner et trainer des pieds par exemple. » L’inspiration ? Elle la trouve partout : dans les films ou les autres jeux vidéos comme Shadow of the Colossus ou Ratchet & Clank. Aussi dans la musique, qu’elle choisit en fonction de ce sur quoi elle travaille : « Je peux toujours rattacher une culture et donc une musique aux activités des personnages que je crée. Si je bosse sur des basketteurs, je vais écouter du hip hop pour m’imprégner de leur univers. Ce qu’il faut, c’est savoir apprécier les choses de façon différente. Boire un café sur une terrasse et regarder les gens passer peut être source de créativité. D’ailleurs, j’aime mettre un peu de tout le monde dans le mouvement de mes personnages. »
Comme dans tous les métiers touchant aux nouvelles technologies, Gabi doit sans cesse se tenir au courant des dernières innovations. « On apprend constamment, il faut rester en éveil, participer à des conférences, aller voir des films d’animation pour rester créative. » Gabi regrette alors cette tendance vers plus de réalisme dans ce domaine : « À trop vouloir se rapprocher de la réalité, on s’éloigne du monde de l’imaginaire. Qui plus est, le réalisme n’est pas toujours synonyme de beauté ; Van Gogh ou l’art abstrait nous montrent bien que ce qui fait l’intérêt d’une chose, c’est aussi son côté irréel. Prince of Persia est par exemple un jeu beaucoup plus captivant que d’autres du fait même de sa dimension fantastique. Les métiers artistiques comme le mien n’ont pas de limites, ils permettent de créer des choses plus belles que le monde.
Fanny Abes



Pas encore vu le film.Sur la nariatron, je serais tente9e, d’emble9e, de dire que c’est la nariatron qui fait l’histoire, et non pas le contraire.Tel e9ve8nement est, et prend telle importance par la manie8re dont il est raconte9, puis mis en sce8ne, joue9, etc.Il perdure gre2ce e0 la nariatron, il prend corps par elle.Irai le voir, vous dirai mais ne suis gue8re la politique e0 cause de ses me9andres et de ses coups bas.Sur ce qu’a ve9cu Polanski aux alentours de ses quarante ans, je constate que, chacun, l’on est rattrape9 par ses actes, quels qu’ils aient e9te9. Qu’e9videmment, il y a bcp de manipulation si on est un personnage en vue.ex.idiot : la petite Steph. de Monac. a ve9cu cette utilisation de son couple e0 quelles fins, au fond ? Si ce n’est qu’elle, elle a vole9 en e9clats.Comme si nous e9tions, tous (certains plus que d’autres mais ils ont voulu ce challenge, ils l’ont recherche9 meame) des pantins que l’on agite de manie8re de9risoire.La de9monstration politique de Polanski, quelle qu’en soit la force, la porte9e, ou la philosophie, n’obe8re pas, e0 mon sens, un fait essentiel.Lorsqu’adultes nous sommes, c’est e0 nous de lutter contre le de9sir adolescent qui peut se projeter sur nous et e0 maeetriser les pulsions e9rotiques qui nous emportent.La virginite9 de l’enfance (et e0 13 ans on est encore, et longtemps une enfant) est e0 pre9server, cofbte que cofbte, ne serait-ce que pour eatre capable, plus tard, d’affronter nombre de tempeates avec efficacite9.Sinon, l’effritement narcissique de son moi risque grandement de ne pas passer les caps qu’il faudra franchir.Et faire un fonds de commerce de l’indicible, non.( la lecture re9cente d’Inceste de C. Angot m’a proprement terrifie9e).Donc (comme pour Ce9line), dissocions, l’homme et le re9alisateur.Et, vu de l’exte9rieur, moi je n’attends pas ni qu’il soit puni, ni qu’il paye, ni, ni.Non, une chose me ferait plaisir (et je ne suis pas concerne9e) c’est qu’il ait la capacite9 de, en face en face, dire pardon e0 cette nana qui est adulte aujourd’hui.Pas plus, pas moins : pardon .Pas de sang et surtout pas de l’hallali. Passer outre. catre en paix.Alors de9fendre Polanski parce qu’il est un grand cine9aste, non. Il est un grand cine9aste, talentueux, mais il s’est comporte9 comme un pauvre mec. Et je refuse de donner un blanc-seing e0 tout un chacun, quels qu’aient e9te9 ses agissements.