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Vendredi 7 juin 2013

La flambée des coupons sur internet

La flambée des coupons sur internet

TeamBuy, Groupon, LivingSocial… Les sites de rabais en ligne se sont multipliés en 2010 à Vancouver. Ces coupons électroniques, qui offrent de très importantes réductions, font le bonheur des consommateurs et des sites Internet qui les vendent mais pas toujours celui des commerçants qui les proposent.

C’est devenu un rituel chaque matin pour de nombreux Vancouvérois : magasiner les offres de la journée proposées par les sites de rabais en ligne. -81 % sur une coupe de cheveux, -63 % sur une séance d’acupuncture ou encore -55 % sur un dîner de homard pour deux personnes. Une vingtaine de réductions sont en moyenne mises en ligne chaque jour pour la région du Grand Vancouver.

Cette nouvelle forme de commerce en ligne connaît un succès fulgurant à Vancouver et partout dans le monde. Groupon, le plus gros et le plus populaire de ces sites d’aubaines en ligne, a vendu plus de 21 millions de coupons depuis son lancement, en novembre 2008, à Chicago.

Deux ans plus tard, la start-up, dont le revenu pour 2010 est estimé à 500 millions de dollars, est présente dans plus de 300 villes à travers le monde et a récemment fait l’objet d’une offre d’achat de 6 milliards de dollars de la part de Google. Un énorme gâteau qui suscite les convoitises.

Belle expansion

Ces derniers mois ont, en effet, vu l’apparition de nombreux clones de Groupon dont le site canadien TeamBuy, créé à Toronto en octobre 2009. Vancouver n’est pas en reste puisque plusieurs entreprises locales se sont lancées sur ce marché ces derniers mois : Grooster, qui mise sur la qualité des offres proposées, BCDailyDeals, fondé par le groupe de presse Blackpress basé à Victoria ou encore GoodNews qui promet de reverser 10 % de chaque achat à des œuvres caritatives.

Ce site, dirigé par Kevin Ham, un entrepreneur de Vancouver, connaît une belle expansion puisque six mois après sa création, il est présent dans 31 villes au Canada, aux États-Unis et en Australie.

De nouvelles opportunités à n’en pas douter pour les commerçants. Le succès de ces sites d’aubaines en ligne auprès des consommateurs s’explique facilement par l’importance des rabais offerts qui vont de –50 à –90 %. À ces réductions s’ajoutent de fortes commissions prises par ces sites. Groupon, par exemple, applique une commission de 50 %, ce qui laisse souvent un profit trop faible aux commerçants pour qu’ils rentrent dans leurs frais.

Pourtant, les commerçants et les entrepreneurs locaux se bousculent eux aussi pour proposer des coupons électroniques. Ils y voient la possibilité de faire connaître leurs services et leurs produits à de nouveaux clients mais également celle de bénéficier de rentrées d’argent très rapidement. C’est aussi l’opportunité d’accroître leur visibilité puisque les offres sont envoyées, chaque matin, à des centaines de milliers de personnes. Et, pour ceux qui utilisent Groupon, il s’agit en plus de donner une excellente image de leur entreprise car celle-ci apporte un grand soin à l’écriture de la description de chaque offre de réduction. Une publicité à moindre frais donc pour ces commerçants qui voient leur visibilité démultipliée grâce aux médias sociaux, puisque les consommateurs sont invités à transmettre les offres qu’ils reçoivent à leurs contacts Facebook ou Twitter.

Des expériences mitigées

Si des commerçants se déclarent très satisfaits d’avoir fait appel à des sites de rabais en ligne, d’autres le sont beaucoup moins. C’est le cas de Jessie Burke dont le témoignage a récemment fait le tour de la blogosphère. Sur le blog du café qu’elle tient dans l’Oregon, elle raconte comment sa campagne Groupon lui a apporté des clients uniquement intéressés par la perspective d’avoir un café à bas prix et lui a fait perdre de l’argent. Explication : elle n’avait pas anticipé de vendre un si grand nombre de coupons (1 000) dont le prix ne couvrait pas ses propres coûts de production. Résultat : elle a dû puiser 8 000 $ dans ses économies pour payer ses employés.  Groupon « fut la plus mauvaise décision que j’ai prise jusqu’à présent » résume-t-elle.

Modèle de long terme ?

Alors que cette nouvelle forme de commerce en ligne se répand à travers le monde, se pose la question de son développement à long terme. Une étude, publiée cet automne par la Jones Graduate School of Business de l’Université de Rice (Houston au Texas), pointe du doigt le fait que les sites de rabais en ligne profitent davantage aux consommateurs qu’aux entreprises et aux commerçants. Selon cette étude, 42 % des entrepreneurs interrogés ne seraient pas prêts à réitérer l’expérience. Beaucoup des acheteurs de coupons ne viennent que pour la réduction et ne sont donc pas appelés à devenir des clients réguliers qui vont contribuer au succès de l’entreprise à long terme.

En attendant, le marché du coupon électronique trouve de nouvelles déclinaisons. Lassés de recevoir tous les matins de trop nombreux courriels de sites d’aubaines en ligne, cinq jeunes entrepreneurs de Vancouver ont lancé il y a deux mois DealbyDay. Ce site, qui a déjà enregistré plus de 400 000 visites, propose de regrouper toutes les réductions offertes dans la ville sur une même plate-forme afin de rendre plus facile le choix et l’achat de ces coupons.  ■

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