Parution du journal suspendue

Vendredi 10 février 2012

Prochaine publication papier

Vendredi 21 décembre 2012

La crise ouvre des portes

La crise ouvre des portes

L’économie est en déroute, mais il y a de la lumière au bout du tunnel : de nombreux Britanno-Colombiens profitent de la perte de leur emploi pour mieux se relancer dans le marché du travail.

Ne désespérons pas. En juin, le taux de chômage au Canada s’élevait certes à 8,6 %, le niveau le plus élevé depuis 7 ans, mais de bonnes choses peuvent résulter de l’économie en compote. Les résidents de notre province qui sont sans emploi ont maintenant l’occasion de s’impliquer davantage dans leur communauté, d’approfondir leurs connaissances en retournant aux études, ou bien de démarrer leur propre entreprise. Ce qui démontre qu’il n’est jamais trop tard pour changer de cap professionnel !

Le retour aux études

Karen Ruddy a refusé de se laisser décourager par la perte de son emploi en mars dernier. Elle travaillait comme gestionnaire régionale dans le domaine de la santé, où elle œuvrait depuis presque 18 ans. Pour des raisons budgétaires, Karen a été mise à pied. Au lieu de végéter devant son téléviseur à déprimer, elle a décidé de retourner aux études en mai. Elle finira en décembre son certificat en gestion de projets au Collège Langara. « J’ai eu l’occasion de faire une pause et d’en profiter pour remettre à niveau mes compétences, quitte à devenir plus compétitive et commercialisable sur le marché du travail », raconte-elle. À ceux qui ont connu le même sort, Karen leur offre le conseil suivant : « Gardez une attitude positive. Ne restez pas chez vous collé devant votre ordinateur, mais sortez et faites du réseautage ! »

Du côté des établissements universitaires, les difficultés économiques ont eu un effet mitigé au niveau des inscriptions. Selon Lang Sun, directeur des programmes de langues en formation continue à l’université de la Colombie-Britannique, certains programmes ont vu les inscriptions augmenter, tandis que d’autres éprouvent l’effet contraire, à cause des coupures au sein de nombreuses entreprises dans le budget alloué habituellement au développement professionnel. « La formation en langues est plus populaire cette année, le français par exemple. Certains profitent de la situation actuelle pour mieux se préparer pour le marché du travail en apprenant une nouvelle langue », constate-il.

Le bénévolat

D’autres victimes de la crise économique décident d’offrir leur temps et leurs talents à la noble pratique du bénévolat. « Il y a beaucoup de personnes (sans emploi) qui ont des connaissances et des compétences, et le marché actuel leur offre une occasion unique d’en faire bénéficier les organismes en difficulté », constate Lynda Gerty, responsable du marketing et des communications chez Volunteer Vancouver, une association qui travaille avec plus de 600 organismes communautaires pour les aider à réaliser leur mission en attirant des bénévoles. « Le bénévolat présente une façon alternative de contribuer au développement professionnel de soi. C’est aussi une façon d’aider la communauté et de changer les choses », ajoute-elle.

Selon Lynda, le secteur à but non lucratif est le témoin d’une transformation du profil du bénévole. Elle raconte que le bénévolat d’aujourd’hui a beaucoup changé, ne s’agissant plus seulement d’activités dans les cuisines de centres pour les sans-abri ou bien dans des foyers d’accueil pour personnes âgées, mais plutôt des postes qui requièrent les compétences pointues de professionnels. Par exemple, certains organismes recherchent des infographistes pour réaliser le lancement de leur site web, ou bien des professionnels en communications pour créer leur plan stratégique marketing.

Lynda a d’ailleurs un conseil à offrir aux dirigeants d’organismes en difficulté financière : « Reconnaissez l’occasion unique  qui se présente à vous aujourd’hui et trouvez des moyens d’attirer ces personnes qualifiées. » Elle suggère également aux personnes au chômage qui songent au bénévolat de faire preuve d’initiative et de démarcher les organismes qui les intéressent. « C’est une bonne façon pour les jeunes d’étoffer leur curriculum vitae », conclut-elle.

Le travail indépendant

Ces derniers mois, le travail indépendant a fait un grand saut au Canada. Selon Le Quotidien, dans un rapport publié en ligne par Statistique Canada, « le travail indépendant a progressé de 37 000 emplois en juin ». Cette croissance touche le secteur de l’information, de la culture et des loisirs, de même que celui de la finance, des assurances, de l’immobilier et de la location. Si vous venez de perdre votre emploi ou si vous en cherchez un depuis quelque temps, voici une alternative pour ceux qui ont l’esprit d’entreprise.

À la suite d’une récente restructuration au sein de son entreprise, Susan Kirk s’est retrouvée au chômage. Avant de perdre son emploi, elle travaillait en tant que chargée des communications pour un détaillant de produits électroniques depuis presque deux ans. Après son licenciement, elle a d’abord offert ses services de manière bénévole auprès d’une association de relations publiques, ainsi que d’un centre d’immigration, montant même un blogue pour offrir des conseils aux personnes dans la même profession. Au lieu d’essayer de retourner sur le marché du travail chez un employeur, elle a choisi de travailler à son compte comme consultante : « La flexibilité du travail et la variété des tâches me sont aujourd’hui plus importantes. » Habitant à White Rock, et maman d’un enfant de 10 ans, elle préfère éviter les longs déplacements et son bureau à la maison lui convient bien. En faisant du réseautage, elle a rencontré deux futurs clients, avec qui elle travaille à contrat depuis le mois de juin. Elle admet que, comme dans tout, il y a des avantages et des inconvénients : « Il y a plus de variété en consultation, par contre les budgets sont parfois serrés, ce qui limite leur ampleur. »

Susan encourage ceux qui ont perdu leur emploi à chercher des postes temporaires : « Il existe beaucoup de postes à contrat actuellement, puisque les entreprises n’ont pas les budgets pour des postes permanents. » Quant à ceux qui voudraient démarrer une entreprise, elle leur conseille de se bâtir un bon réseau, car le travail à domicile peut pousser à l’isolement : « Le réseautage aide beaucoup. »

Natalie Harney


Commentaire

*champs requis

L'Express se réserve le droit de publier ou non les commentaires

Photo une

LES PLUS LUS

    None Found

Rechercher

Tous droits réservés © L'Express du Pacifique - 227A-1555, 7th Avenue West, Vancouver BC V6J 1S1 - Tel: (604) 736-3734 - administration@lexpress.org - Réalisation: Graphem