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Vendredi 21 décembre 2012

Vins de C.B. : L'effervescence

L’offensive des vins de glace

L’offensive des vins de glace

Les acteurs gouvernementaux et l’industrie du vin canadien prévoient de se réunir en novembre prochain pour évaluer la Stratégie nationale d’exportation mise en place en novembre 2007. Ce projet audacieux  vise à doubler, dans les années à venir, le volume des exportations de vins de glace et de table de qualité supérieure.

La Colombie-Britannique est l’une des deux principales régions viticoles exportatrices de vins du Canada avec l’Ontario. Pourtant, comme tous les vignerons canadiens, les viticulteurs de la province ont le sentiment que leurs exportations ne sont pas à la hauteur de leur potentiel.

Tout le monde jusqu’à présent stigmatisait le manque de stratégie coordonnée entre les différents acteurs que sont le ministère des Affaires étrangères, l’Association des vignerons du Canada, et Agriculture et Agroalimentaire Canada. Or depuis trois ans, les choses bougent. Tous allient leurs efforts avec une seule ambition : faire des vins de glace et des vins de table, conçus dans les climats extrêmes du Canada, des produits d’excellence que le monde entier doit se disputer.

Vins de glace et de table

Pour être honnête, aujourd’hui, le Canada s’apparente plutôt à un Lilliputien sur la scène mondiale du vin… En 2005, d’après l’Organisation internationale de la vigne et du vin, sur les 7 697 millions de litres de vins exportés, seulement 10 % y étaient produits. La route sera certes longue, les bénéfices non négligeables. De fait, conserver, puis développer des terres agricoles leur donne de la valeur.

Le vin de glace – qui est produit à partir de raisins naturellement gelés, mûris à une température inférieure à 8 degrés – s’est particulièrement bien développé dans les cépages a priori peu intéressants pour le vin de qualité supérieure. Par ailleurs, si les variétés Vitis vinifera, comme le riesling et le cabernet franc, entrent dans la fabrication de ce type de vins, leur valeur ajoutée continue de croître. Avec le vin de glace, aussi appelé « or liquide », le viticulteur gagne à tous les coups, en quelque sorte.

Ce breuvage prestigieux vient d’Allemagne : en 1794, le froid glacial et précoce avait obligé les vignerons locaux à vendanger des grappes gelées. Plus sucré, plus de goût… le vin fait saliver à cause de son acidité. C’est pourtant ici, au Canada, premier producteur mondial, que cette boisson trouve toutes ses lettres de noblesse. De fait, seuls les climats rigoureux permettent de le produire tous les ans…

En dépit de cet avantage incontestable, la Stratégie d’exportation n’a pas voulu privilégier un seul cépage et a préféré miser sur la diversité en promouvant également les vins de table de qualité supérieure. Avec quelques arrières-pensées mercantiles, bien entendu. Le marché intérieur pourrait aussi en profiter. Pour 1 litre de vin produit à 100 % au Canada (VQA), les retombées économiques se révèlent 17 fois supérieures que celles de son équivalent importé, soit 11,50 dollars contre 0,67 dollar pour le vin importé(2). Et ceci est valable pour tous les vins, pas seulement pour les vins de glace ou de table…

Shangaï, New York, Londres…

L’une des originalités de la Stratégie nationale d’exportation réside dans le fait qu’elle privilégie, contre toute attente, non pas des pays mais des villes situées en Asie, aux États-Unis et dans l’Union européenne. Pour l’Asie, ainsi, les marchés prioritaires clairement désignés sont Shangaï, Pékin, Hong Kong et Tokyo. Pour les États-Unis : Chicago et New York, ont été ciblées dans un premier temps, puis viendront Seattle, San Francisco, Miami et Dallas. Enfin, la métropole londonienne, qui impulse les tendances, s’avère la seule ville européenne évoquée, en raison de son cosmopolitisme, de la place grandissante qu’elle réserve déjà aux vins canadiens et particulièrement aux vins de glace.

Gouvernance commune ?

Avec leur stratégie coordonnée, les exportateurs de vins n’ont rien négligé… à première vue. La question de la gouvernance reste en suspens. Un Comité national des exportations (CNE) a, certes, été mis en place pour assurer au niveau national la gouvernance provisoire. Seul bémol : le Wine Council of Ontario et le Bristish Columia Wine Institute ont tous deux leur propre comité des exportations. L’industrie est-elle prête à unifier sa stratégie d’exportation et donc à déléguer entièrement cette mission à un organe centralisé ? Une énigme qui devrait se dénouer très prochainement : en ce moment même, le CNE doit consulter les partenaires financiers des gouvernements provinciaux sur le sujet. ■

Nora Azouz

(2) Selon une étude de KPMG pour Wine Council of Ontario, 2007

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