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Samedi 4 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Kendo, le casse-tête japonais

Kendo, le casse-tête japonais

À première vue, le kendo semble seulement être une bizarrerie de la culture japonaise. C’est en fait un sport vieux de 300 ans pratiqué aujourd’hui par des millions d’adhérents de toutes les nationalités et origines à travers le monde.

Mais qu’est-ce qui pousse près de 1 800 Canadiens à endosser une armure japonaise centenaire, deux fois par semaine ? Dernière démonstration en date à l’école McMath de Richmond, où quelques 300 personnes tentaient apparemment de se fracasser le crâne à l’aide de sabres en bambou. Ce tournoi de kendo, un des plus anciens en Amérique du Nord, rassemblait au mois de mai des participants des États-Unis et du Canada venus d’aussi loin que New York ou Hawaï. L’attrait pour cette discipline s’explique par plusieurs raisons.

Côté éthique d’abord, le kendo, ou « La Voie du Sabre », est associé à une littérature qui célèbre les chevaliers japonais : les samouraïs. Ces livres, encore lus aujourd’hui, expliquent comment la discipline, l’austérité et le don de soi font partie intégrante de cet art martial et l’exaltent. Pour l’instructeur Ray Murao, 7e dan, responsable du kendo au centre des arts martiaux de Richmond, l’apprentissage de ces valeurs est un point central. « Le kendo enseigne la courtoisie, la discipline, le respect », précise-t-il, sans mentionner aucunement l’aspect physique de cette activité.

Une opinion que partagent ses étudiants de descendance japonaise, qui pratiquent ce sport depuis plus de sept ans. « Grâce au kendo, je suis plus fort et plus rapide », affirme Jack, 15 ans. Mais son frère de 17 ans, Joshua, ajoute une note importante : « Ce sport nous lègue également un héritage culturel que nous pouvons partager avec notre famille et nos amis d’origine japonaise, comme nous. » Ces deux jeunes hommes font preuve, de même que Sean, 14 ans, d’une assurance tranquille peu commune chez des adolescents. « Mes grands-parents et mes oncles sont venus avant moi dans ce même gymnase, le dojo de Richmond. Le kendo m’a aidé à prendre confiance en moi, m’a appris la concentration mais aussi le respect de mes aînés et de mes pairs », confie ce dernier.

Une énergie intrigante

Pour deux autres jeunes recrues, d’origine non japonaise, c’est surtout l’aspect très physique de ce sport de compétition qui les attire. Les cris gutturaux, l’ardeur du combat qui fait virevolter les sabres autour du corps ou encore le choc des armes et des armures qui convoient une énergie intrigante dans le dojo. « J’aime le duel, c’est très excitant. Je suis inspirée par les plus anciens, ce qui me motive à m’améliorer constamment », explique la jeune Jasmine. « Je crois être davantage capable de me défendre et je suis plus en forme », renchérit Alexis.

Evan et Stéphanie sont d’origine occidentale. Mais pour eux, c’est l’esthétique japonaise qui les a poussé à s’initier au kendo. L’élégance de l’uniforme noir ou indigo représente un facteur important. Composé d’un long pantalon ample et d’une veste qui rappellent le kimono, ainsi que d’une armure en quatre parties principales, le tout exprime à la fois force menaçante et mystère puisqu’il ne dit rien du rang, du sexe, de l’âge et de la personnalité du kendoka. Seul le nom de famille est inscrit sur le tablier protecteur. Le casque emblématique, le Men, rappelle les nobles chevaliers d’autrefois, leur code d’honneur et leur dévouement.

« J’aime les samouraïs et la beauté de leurs sabres, les vrais, ceux qui ne sont pas en bambou. D’ailleurs, mon père aussi s’y intéresse », déclare Evan, 17 ans. Stéphanie, du même âge, apprend quant à elle le japonais depuis cinq ans. « Plusieurs éléments de cette culture m’intéressent, assure-t-elle. Je dessine dans le style japonais depuis des années, j’écoute de la musique pop japonaise, je regarde des mangas et je travaille dans un restaurant de sushi. Le kendo est un autre aspect de cet univers ». ■


Danielle Marcotte

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