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Isotopes médicaux : la radioactivité vitale

Isotopes médicaux : la radioactivité vitale

Pour faire face à une pénurie amorcée en 2007, le gouvernement canadien a octroyé 35 millions de dollars à quatre projets visant à produire l’isotope technétium-99m, utilisé dans environ 80 % des procédures de dépistage des cancers notamment.

Avec la fermeture annoncée en 2016 du réacteur Chalk River en Ontario, leader mondial en matière de production d’isotopes médicaux, le gouvernement cherche à créer de nouvelles sources d’approvisionnement, sans utiliser d’uranium hautement enrichi.

Le technétium-99m est utilisé lors des examens de scintigraphie, une technique d’imagerie médicale utilisant des substances radioactives injectées en quantité infime à l’intérieur d’un organisme. Elles ont la propriété de se fixer sur les organes ou les tissus du patient et permettent de diagnostiquer des maladies osseuses ou encore certains cancers. De plus en plus utilisés, ces tests diagnostics permettent de détecter de façon précoce plusieurs types de tumeurs. En tout, 30 millions d’examens basés sur le technétium-99m sont réalisés chaque année dans le monde. Pis, la demande en radioisotopes médicaux augmenterait de 5 % chaque année.

L’arrêt en mai 2009 du  réacteur de Chalk River, pendant quinze mois, après une panne, avait provoqué une pénurie mondiale de technétium-99m. Selon l’Institut Canadien d’information sur la santé, environ 25 % de patients n’ont pas pu avoir accès à des diagnostics en médecine nucléaire en raison de cette crise. En 2008 déjà, les conclusions d’un rapport d’expert commandé par le ministre  fédéral de la Santé, Tony Clément, réclamaient la construction de nouvelles installations capables de fournir le pays en isotopes médicaux.

Cette crise a poussé le gouvernement du Canada à injecter, fin janvier, 35 millions de $ pour trouver de nouveaux moyens de production, sans réacteur, et ainsi disposer d’un approvisionnement de Tc-99m plus fiable. Parmi les quatre projets retenus, dont celui concernant Vancouver, deux s’appuieront sur des cyclotrons, et les deux autres utiliseront des accélérateurs linéaires.

Technologies alternatives

Le système de production d’isotopes médicaux actuel repose sur des réacteurs nucléaires en fin de vie, extrêmement coûteux à fabriquer. Le gouvernement Harper, après avoir envisagé une telle solution, a fait marche arrière en décidant de ne pas remplacer le réacteur ontarien, quitte à perdre son siège de leader mondial sur le marché des isotopes médicaux – il assure 40 % de la production mondiale et 80 % de la production canadienne. « Les réacteurs, pour lesquels on utilise de l’uranium hautement enrichi, coûtent environ 500 millions de $ à construire. En comparaison, un cyclotron – technologie alternative – va coûter  2,3 millions de $ »,  explique Jean-Michel Poutissou, responsable du département de Physique nucléaire à Triumf, laboratoire national pour la physique nucléaire situé à Vancouver.

Le pays table donc sur d’autres solutions technologiques, moins coûteuses et moins radioactives. Principalement produit aux États-Unis, l’uranium hautement enrichi, utilisé par les réacteurs, sert de matière première dans la production d’isotopes médicaux. Or, pour des raisons de non-prolifération nucléaire, Washington entend cesser ces exportations.

Triumf a obtenu 6 millions sur les 35 alloués pour le développement d’une technologie cyclotron. La laboratoire produit déjà 15 % des isotopes médicaux au Canada par le biais d’un partenariat commercial avec l’entreprise Nordion.

Avec l’arrêt imminent du réacteur de Chalk River, le temps presse. La commercialisation de ces nouvelles technologies est attendue pour 2014 et elles seront scrutées de près par la communauté internationale. Reste un problème de taille : elles ne permettront pas de produire autant d’isotopes qu’avec un réacteur. « Nous pourrons seulement satisfaire le marché national. Nous allons perdre le marché de la production des isotopes mais en gagner un nouveau avec la vente de cyclotrons que nous produisons ici à Vancouver », conclut Jean-Michel Poutissou.■

Charlotte Houang

1 commentaire pour “Isotopes médicaux : la radioactivité vitale”

  1. iaWiSCZBMMQhO

    c0 mon avis, il faut passer d’une culutre de communications/publicite9s e0 une culutre de produits.CFD, je pense qu’on assiste e0 un de9but de manifeste du world-wide refus , i.e. refus global 2.0

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