Parution du journal suspendue

Vendredi 10 février 2012

Prochaine publication papier

Vendredi 21 décembre 2012

Gay Pride : le mariage, un combat pas encore gagné

Gay Pride : le mariage, un combat pas encore gagné

La Gay Pride s’est déroulée le 1er août dans les rues de Vancouver. L’occasion pour la rédaction de faire un bilan sur cet événement qui s’est installé, petit à petit, dans le paysage vancouvérois et ailleurs…

La naissance du mouvement pour la reconnaissance de l’identité et des droits homosexuels a historiquement débuté à New York, le 27 juin1969. Ce soir-là, une opération de police contre un bar gay de Greenwich-Village déclenche un soulèvement sans précédent. Les clients de l’établissement se rebiffent, exaspérés par la discrimination et le harcèlement dont ils sont victimes. Depuis, la marche des fiertés LGBT, Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels, communément appelée Gay Pride, commémore chaque année les émeutes de Stone Wall, du nom de l’établissement où le raid s’est déroulé. Les droits des homosexuels, notamment au mariage et à l’adoption, sont depuis restés des sujets brûlants du monde moderne. En juin 2005, le Canada devient le troisième pays au monde, après les Pays-Bas et la Belgique, à légaliser le mariage homosexuel. Désormais, le droit à l’adoption est légal sur presque tout le territoire. L’Afrique du Sud prend exemple sur le Canada et l’Espagne en devenant, en 2006,  le cinquième pays au monde – et le premier en Afrique – à légaliser l’union de couples du même sexe.  L’Argentine s’ajoute à la liste en 2010 et devient le dixième pays à suivre le mouvement, une première en Amérique du Sud. Les États-Unis – figure de proue du mouvement des droits civiques gays – pour leur part restent à la traîne. Seulement, cinq États américains reconnaissent, aujourd’hui,  le droit des homosexuels à se marier. À l’autre bout de l’hémisphère, à Moscou,  la question du mariage ne se pose même pas. La Gay Pride a été interdite pour la cinquième année consécutive en mai dernier. En dépit de cette interdiction, la manifestation a toujours lieu, se soldant par des heurts avec la police. En résumé, bien que décrié parfois,  cet événement est devenu en 40 ans d’existence un phénomène mondial : il est célébré de Sao Paulo à Tokyo en passant par Tel-Aviv. Un succès en somme.  ■


Ken Coolen a longtemps été impliqué dans la Vancouver Pride Society, société organisatrice de la marche des fiertés, autrement dit la Gay Pride, avant d’en devenir le président en 2008. Depuis, il parcourt les parades du monde, dont l’Europride en Pologne, d’où il répond à nos questions.

L’Express du Pacifique – La Gay Pride réunit chaque année  à Vancouver 600 000 personnes, comment cette marche des fiertés est-elle devenue un événement populaire ?

Ken Coolen – La première parade s’est déroulée en 1981, d’autres événements avaient eu lieu avant mais sous un autre nom. On les appelait alors les « Unity events », événements pour l’unité. Ils s’apparentaient davantage à une marche, une manifestation pour montrer aux gens que les homosexuels existaient et qu’ils faisaient partie intégrante de la communauté. La Gay Pride a énormément évolué depuis cette époque. Elle a permis de changer les mentalités et les droits de la communauté LGBT [Lesbiennes,  Gay,  Bisexuels et Transsexuels, ndlr]. C’est un endroit pour célébrer les différences mais c’est aussi pour beaucoup l’opportunité de se libérer, d’être comme ils souhaitent, sans crainte de jugements ou de représailles. Nous savons qu’il existe une véritable diversité à Vancouver. D’ailleurs, des gens de tous âges, d’ethnies et de préférences sexuelles différentes assistent à la parade.

LEP – Vous ne recevez pas de subventions fédérales, comme ce fut le cas pour Toronto jusqu’à l’année dernière. De quelles façons vos nombreux sponsors vous aident-ils ?

K. C. – Au fil des années la parade est devenue de plus en plus importante et donc plus coûteuse à réaliser. Les sponsors nous ont aidés à grossir. Ils agissent à deux niveaux. D’abord ils aident à payer les factures et à organiser, chaque année, l’événement. Ensuite,  ils montrent par leur engagement qu’ils n’ont pas peur d’associer leur nom à la communauté homosexuelle. En Amérique du Nord,  ça nous paraît évident, mais ce n’est pas le cas dans la plupart des autres pays où il est souvent difficile de renouveler l’événement année après année par manque de moyens.

LEP – La première parade s’était déroulée sur Davie.  L’épicentre de la communauté gay se concentre historiquement dans le quartier du West End,  est-ce toujours le cas ?

K. C. – Le West End est toujours vu comme le cœur de la communauté gay, puisque la majorité des commerces et des clubs gays s’y trouvent. Beaucoup de gens y vivent toujours, même si nous sommes dispersés partout dans le Lower Mainland. Surrey a sa propre parade tandis que la ville de New Westminster inaugurera pour la première fois la sienne cette année.

LEP – Pourquoi avez-vous souhaité participer, l’année dernière,  au tournage du documentaire « Beyond Gay – The Politics of Pride  – », réalisé par Bob Christie  ?

K. C. – L’objet du documentaire est de montrer l’importance de ce mouvement dans la société actuelle. Nous sommes chanceux en Amérique du Nord et particulièrement au Canada. Nous oublions trop souvent que la Gay Pride a débuté par une protestation et encore aujourd’hui, dans bien des endroits du monde, rien n’est encore acquis en matière de droit homosexuel.

Je suis actuellement à Varsovie pour l’Europride, la parade européenne annuelle qui regroupe des milliers de personnes. Les gens là-bas doivent se battre contre l’homophobie. C’est une réalité à laquelle les homosexuels font face dans certaines parties du globe. Nous avons d’ailleurs invité cette année à Vancouver Nikolai Alekseev, militant médiatique de la cause gay en Russie et organisateur de la Gay Pride de Moscou. Il témoigne de la dure réalité que vivent les homosexuels en Europe de l’Est.  ■


Charlotte Houang

Commentaire

*champs requis

L'Express se réserve le droit de publier ou non les commentaires

Photo une

LES PLUS LUS

    None Found

Rechercher

Tous droits réservés © L'Express du Pacifique - 227A-1555, 7th Avenue West, Vancouver BC V6J 1S1 - Tel: (604) 736-3734 - administration@lexpress.org - Réalisation: Graphem