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Vendredi 7 juin 2013

Freyssinet fait son trou en B.-C.

Freyssinet fait son trou en B.-C.

Numéro un mondial du génie civil, l’entreprise Freyssinet a le vent en poupe. Spécialisée dans les travaux de construction, réparation et maintenance de structures en tous genres, l’entreprise s’est récemment implantée en Ontario. Elle est régulièrement appelée pour des travaux en Colombie-Britannique.

Imposant, le stade BC Place de Vancouver est au centre d’un chantier gigantesque et ambitieux mené par PavCo, propriétaire de l’ouvrage et par PCL, principal sous-traitant. Au cœur de la ville, des tonnes de matériaux sont soulevées et transportées par d’énormes grues. Franck Chavent, manager des opérations de Freyssinet Canada, en mesure largement l’importance : « C’est un chantier XXL. Nous repoussons les limites du réalisable. Un chantier comme celui-là ne se présente que peu de fois dans la carrière d’un ingénieur. »

L’entreprise de construction Freyssinet Canada Limitée s’est vue choisie en 2009 pour la réalisation, la production et l’installation de la structure câblée du toit rétractable du stade de BC Place, en tant que sous-traitant de l’entreprise Structal. En comptant la démolition des structures préexistantes, les années de construction et celles consacrées au design, la ville devra patienter encore trois années maximum avant d’admirer le résultat. Écrans géants suspendus, toit rétractable, le futur stade concentrera à lui seul prouesses techniques et technologiques. Franck Chavent s’en délecte déjà : « Ce sera un emblème de la ville, présent sur toutes les cartes postales ! »

Parallèlement, Freyssinet assure la fourniture des haubans du colossal Port Mann Bridge, entre Coquitlam et Surrey. En Colombie-Britannique, ces deux importants chantiers ne sont pas les seuls à porter le sceau de l’entreprise. Le pont Golden Ears de 2,3 km avec ses 160 haubans, à l’est de Vancouver, ainsi que le pont haubané Coast Meridian de 580 m, à Port-Coquitlam, ont bénéficié de son expertise.

Une technologie de pointe

La filiale Freyssinet Canada est basée en Ontario. L’entreprise est très souvent amenée à se délocaliser loin de son siège, comme ici à Vancouver. La raison en est simple, selon Franck Chavent : « Les gros chantiers pour lesquels nous sommes appelés nécessitent une technologie de pointe qui n’existe pas localement. » L’entreprise a d’ailleurs commencé à se faire un nom au Canada grâce à l’action d’une première filiale basée aux États-Unis, sollicitée pour la réalisation d’infrastructures industrielles et de transports. En 2007, face à une fidélisation de la clientèle, la question de s’installer au Canada s’est naturellement imposée. Diverses solutions se présentaient alors. « La Colombie-Britannique concentrait tous nos gros chantiers, mais elle était un peu loin pour faire venir nos experts de l’autre bout du monde. »

L’ingénieur poursuit : « Le Québec avait l’avantage de faire partie de la francophonie, mais Toronto était un centre névralgique qui permettait d’avoir une porte sur le Canada anglophone tout en restant assez proche de Montréal. »

Des experts mondiaux

Pour le moment, seuls cinq employés permanents siègent à la filiale de Toronto. La main-d’œuvre est embauchée localement et ponctuellement, sur contrat. Rien de plus logique, pour le manager : « Lorsqu’une province décide d’investir plusieurs millions dans des travaux, elle en attend des retombées économiques. »  À terme, l’objectif est d’ouvrir un bureau permanent à Vancouver mais également à Montréal. Ces deux bureaux devraient dépendre du bureau central de l’Ontario. « Nous avons besoin d’avoir un dépôt matériel sur place, car il est impossible de tout centraliser à Toronto », ajoute Franck Chavent.

Par ailleurs, les chantiers de restauration, les travaux de réfection et d’urgence exigent une réactivité importante. D’autres chantiers, comme les centrales nucléaires, ne survenant environ que tous les dix ans, se contentent d’une équipe d’experts mondiale. Concernant le travail de recherche technologique, réalisé en amont des gros chantiers, il ne nécessite pas une présence physique des ingénieurs. Ceux-ci opèrent à distance, à l’autre bout du monde.

Depuis quelques années, Freyssinet accueille des jeunes ingénieurs français afin de leur permettre d’acquérir une expérience à l’étranger. De nombreuses écoles françaises d’ingénieurs sollicitent ainsi l’entreprise pour des périodes de stage allant de quatre mois à deux ans. Un investissement pour l’avenir dont peut se prévaloir Freyssinet.

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