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Samedi 4 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

En toute sécurité

En toute sécurité

Des 2 aux 6 novembre, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a réuni militaires, policiers et agences privées pour une répétition générale en vue d’assurer la sécurité pendant les Jeux olympiques. Depuis 2003, une organisation de grande ampleur s’est mise en place pour garantir la quiétude des personnes, mais aussi pour parer aux situations d’urgence lors de l’événement.

Imaginez nos trois mascottes à l’allure si angélique, Quatchi, Miga et Sumi, prêtes à lancer des cocktails Molotov pendant les compétitions sportives qui se tiendront en février et mars prochains. D’après la GRC, c’est ce genre d’images, trouvées sur Internet, qui a poussé cet été la police à surveiller plus sérieusement les groupes anti-olympiques. « Nous savons ce que projettent de faire les manifestants et nous sommes prêts à y faire face », prévient-elle. Mais on préfère garder le secret sur la nature de ces actions. La sécurité est un des enjeux principaux des Jeux. Depuis 2003, elle a donc fait l’objet d’une attention particulière, qui s’est transformée en une véritable machinerie.

La GRC coordonne toutes les opérations du Groupe intégré de la sécurité de 2010 (GIS-V2010). Créé pour l’occasion en 2003, ce dernier est basé à Richmond. Il collabore avec le comité organisateur de Vancouver 2010 (COVAN) et intègre l’armée, la police, mais aussi les services douaniers et des agences privées qui coopèrent étroitement. C’est notamment ce groupe qui encadre en ce moment même la protection des athlètes du relais de la flamme.

Trois exercices ont été prévus pour pouvoir coordonner ces différentes entités. Le premier, théorique, baptisé « exercice bronze », a eu lieu en novembre 2008. Il consistait en la synchronisation, sur le papier, des différentes équipes. Les plans de déploiement d’urgence des troupes et des autres unités, ainsi que les zones à sécuriser, ont notamment été passés en revue. Les deux autres, démonstrations pratiques, se sont déroulés en février dernier et ce mois-ci. « L’exercice argent » a permis aux forces de l’ordre de s’entraîner dans les mêmes conditions climatiques que celles des Jeux. Des manœuvres au sol, mais aussi en mer et dans les airs, se sont succédées. « L’exercice or » enfin, a testé leur efficacité et rapidité de réaction en situation d’urgence grâce à deux simulations d’attaques terroristes. Plus de 2 000 pompiers, militaires et policiers étaient présents pour parer à de faux attentats aux explosifs, aux produits radioactifs, chimiques ou encore biologiques. Plus de 140 organisations y ont participé. Des hommes venus de tout le Canada s’étaient alors rendus sur place.

En février prochain, ce ne sont pas moins de 12 000 personnes, dont 4 000 militaires, qui quadrilleront le secteur. De plus, les autres services d’urgence comme les pompiers et les ambulanciers seront mobilisés. On fera également appel à des volontaires civils entraînés pour réguler les foules et contrôler les 95 000 personnes autorisées à circuler sur les sites olympiques.

Rien n’est évidemment dévoilé quant aux détails, mais la sécurité encadrera les points jugés sensibles par le dispositif : sites et village olympiques, centre-ville bien entendu, mais également pipelines, installations nucléaires, infrastructures publiques ou encore voies navigables.

Une note salée

Évidemment, tout cela coûte cher. Il faut assurer entre autres l’entraînement, le déplacement et le logement des effectifs. Mais aussi payer l’ensemble des frais de logistique comme les badges, les détecteurs de métaux, les logiciels, les moyens de communications, l’électricité, etc. Et les 175 millions initialement prévus dans le dossier de candidature remis au Comité international olympique (CIO) sont loin de faire le compte. Déjà en 2003, lorsque le CIO a accordé sa confiance à la Colombie-Britannique, il avait précisé que son budget lié à la sécurité était largement sous-estimé. Lui, annonçait alors plutôt le chiffre de 300 millions de dollars.

Il y a deux ans, le quotidien Le Devoir révélait que le premier calcul avait été établi par le COVAN sans consultation de la GRC, et qu’il prenait seulement en compte la sécurité des sites olympiques. De plus, lors de ces premières appréciations budgétaires, pourtant établies un an après les attentats de New York, on prévoyait un niveau de menace terroriste inexistant ou faible. Depuis, les experts l’ont réévalué à l’échelon moyen. Le plan sécurité de 2002 n’avait en fait rien de solide, comme l’a admis Peter Van Loan, ministre de la Sécurité publique, en février dernier. « Nous avons à présent un vrai budget. »

Aujourd’hui, le montant alloué est fixé à presque un milliard de dollars. Le gouvernement fédéral prévoit également une réserve de 137 millions de dollars qui permettrait une intervention rapide en cas de force majeure. Les deux tiers de la facture seront assurés par Ottawa qui se chargera des coûts relatifs à la protection du domaine urbain. Le tiers restant incombera à la Colombie-Britannique, qui financera la surveillance des sites consacrés aux épreuves sportives.

Dans tous les cas, il semblerait que toute cette organisation ne soit pas uniquement une affaire canadienne. Des avions de chasse américains ont en effet pris part aux exercices de ce mois-ci. Le dernier budget présenté en février dernier précise que « le respect des intérêts américains, dans les opérations de sécurité pour les Jeux olympiques, est une priorité. » Ceux qui l’ont rédigé n’ont pas oublié que la frontière n’est qu’à 45 minutes de Vancouver. Pour eux, « les partenaires […] devront satisfaire les attentes américaines et apporter des réponses adéquates à leurs questions ».

Fanny Abes

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