Parution du journal suspendue

Samedi 25 mai 2013

Prochaine publication papier

Vendredi 7 juin 2013

Électrons libres

Électrons libres

Jules Verne avait prédit en 1874 que l’eau serait un jour utilisée comme carburant. On n’y est pas encore mais d’après les tenants du New Energy Movement, cela ne saurait tarder. Imaginez…


Quand elle se figure l’énergie du futur, la journaliste scientifique Jeane Manning passe outre les énergies renouvelables communément admises : le solaire, l’éolien et l’hydraulique. À l’entendre, ces technologies seraient déjà classiques, voire primitives ! Car il existerait sur la planète une autre source d’énergie, observée mais pas encore répertoriée : l’énergie dite « libre », assimilée à l’énergie du vide ou encore « de point zéro ». L’idée est que le vide est rempli d’une énergie potentielle phénoménale, bridée en temps normal. S’aventurant hors des sentiers battus de la science moderne, inventeurs et physiciens quanticiens de par le monde se creusent les méninges pour mettre au point des machines capables de capter cette énergie libre. S’ils réussissaient à « pomper » cette source omniprésente dans l’éther, le progrès accompli serait révolutionnaire. Les avancées seraient non seulement techniques mais aussi sociales, l’énergie libre étant propre, illimitée et accessible partout, donc pas chère.

Voilà des perspectives décoiffantes pour le quidam. La machine à énergie de point zéro est certes le projet le plus avant-gardiste parmi la multitude de procédés sur lesquels se penche le New Energy Movement, cette communauté de visionnaires en quête du Graal énergétique. Jeane Manning, qui suit ces travaux de près depuis 1981, est elle-même membre-fondatrice de cette association basée à Portland et à Vancouver : « Il existe toute une gamme d’innovations technologiques exploitant l’hydrogène, l’eau ou la force magnétique. L’énergie libre en est sans doute la branche la plus inouïe. Mais il y a encore beaucoup de recherches à faire pour rendre ces théories fiables. C’est une science émergente. »

Ceci dit, voilà plus d’un siècle que des savants réputés flirtent avec ces idées, au premier rang desquels figure Nikola Tesla, décédé en 1943, le père du système d’alimentation électrique adopté universellement et l’un des découvreurs des ondes radio. Le point commun entre les sympathisants de ce mouvement, qui sont loin d’être tous des ingénieurs et des découvreurs, est de vouloir assainir la planète, faire des économies et démocratiser l’accès à l’énergie. « Nous vivons un apartheid énergétique, juge Jeane Manning.

Toutes nos décisions politiques aujourd’hui sont influencées par l’idée d’une rareté des ressources énergétiques. Nous entrons en guerre pour nous en assurer l’accès. Si les gens se rendaient compte qu’il existe une abondance d’énergie, le monde serait plus paisible. »

« Forces réparatrices »

Mais pour en arriver là, il faudra d’abord venir à bout d’un certain aveuglement scientifique : c’est ce que George Wiseman a surnommé plaisamment la mentalité de « la Terre est plate ». « Beaucoup de scientifiques ont des œillères, déplore-t-il. Ils se bornent à n’envisager que ce qu’on leur enseigne. Pour eux, si quelque chose ne peut être mesuré, cela n’existe pas. »

George Wiseman est un inventeur américain dont le domaine d’expertise est le gaz de Brown. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le gaz de Brown (d’après le nom de son découvreur, Yull Brown) n’est qu’une eau ordinaire transformée par électrolyse en un mélange spécifique d’hydrogène et d’oxygène. Il brûle comme du propane. Sa flamme bleue ne génère pas de chaleur en dehors de son faisceau parce que le principe est celui de l’implosion et non de l’explosion. M. Wiseman en a tiré quelques applications intéressantes, qu’il présentait lors d’une conférence à Vancouver le 6 novembre. Son chalumeau alimenté au gaz de Brown permet de souder efficacement. Ajouté à l’essence, il améliore de 30 % la performance d’un véhicule ordinaire. Mais la véritable ambition de George Wiseman, c’est de faire rouler une voiture uniquement à l’eau ! « Je suis convaincu que certains chercheurs y sont déjà parvenus mais ils n’ont pas livré leur secret parce qu’on les a soudoyés ou menacés », affirme-t-il.

Et de citer les noms de Daniel Dingle, Stan Meyer, Paul Zigouras, Louis Enricht, John Andrews ou Guido Franch, autant de personnalités qui, au cours de l’histoire récente, ont proclamé avoir réussi cette gageure. Aucun, cependant, n’a partagé ses résultats. Ce qui distingue George Wiseman de ces scientifiques jaloux de leurs connaissances, c’est justement qu’il verse, lui, tous les fruits de ses expérimentations dans le domaine public. Il vit et finance ses activités par la vente des livrets qui rendent compte de ses recherches. « Cela me permet d’échapper aux éventuelles pressions puisque je n’ai rien à cacher, dévoile-t-il. Et aussi de peaufiner mes inventions car mes lecteurs me font part des améliorations qu’ils y apportent. » Cette démarche s’apparente à la philosophie de l’open source qui a fait ses preuves en informatique.

« Ce qui me fascine le plus dans ce champ, confie Jeane Manning, c’est le principe de travailler en harmonie avec la nature. Jusqu’ici, l’homme a imité les mouvements destructeurs de la nature : l’explosion, la combustion… Mais il existe aussi des forces réparatrices, non pas d’expansion mais de contraction. Les scientifiques qui expérimentent sur l’implosion parlent tous d’une énergie froide, réparatrice. »

De quoi secouer les dogmes les mieux établis.  ■


Cécile Lepage

1 commentaire pour “Électrons libres”

  1. cGYsazaPqUJSz

    Voile0 je viens de de9couvrir ton blog, gre2ce e0 une de tes connaissances Pascale, et je tombe sous le cahrme! Magnifique!La cuisine que j’aime, de belles photos…. j’ai encore fort e0 faire!!

Commentaire

*champs requis

L'Express se réserve le droit de publier ou non les commentaires

Photo une

LES PLUS LUS

    None Found

Rechercher

Tous droits réservés © L'Express du Pacifique - 227A-1555, 7th Avenue West, Vancouver BC V6J 1S1 - Tel: (604) 736-3734 - administration@lexpress.org - Réalisation: Graphem