Jeudi 11 mars 2010

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Lundi 15 mars 2010

Juste pour les femmes

Juste pour les femmes

Vous êtes de sexe masculin et à la chasse d’une chambre ou d’un appartement à Vancouver ? Armez-vous de patience ! Trouver un endroit où se loger pour un homme semble être devenu un défi de taille.

Stéphane, arrivé à Vancouver l’année dernière, a été stupéfait de constater que la recherche d’un endroit où dormir a été plus compliquée que prévu. Trouver une chambre à un prix accessible dans le Lower Mainland est une véritable traversée du désert. Annonces sur Internet, journaux, babillards d’universités, « il semble que l’homme n’ait pas la cote ici » découvrait-il en voyant toutes ces annonces spécifiant clairement : « female only » (femmes seulement). Après plus de trois semaines de recherche intensive, il s’est finalement résigné à louer un appartement, et a déniché lui-même un colocataire. « Trouver l’appartement a été un peu plus facile. Mais pour une chambre : bonne chance ! »

Sommes-nous en face d’une situation discriminatoire ? « Il n’existe pas d’études ou de statistiques concernant la discrimination à l’égard des hommes en Colombie-Britannique, et il est quasiment impossible d’avoir des données fiables sur le problème, avoue Martha J. Lewis du Tenant Resource & Advisory Centre (TRAC), une organisation de défense des locataires dans la province. Dans les faits, il est rare que les propriétaires expriment clairement leurs préjugés, préférant évidemment user de prétextes pour ne pas louer un logement en question. » Les excuses utilisées sont souvent subtiles, comme par exemple : « Ah désolé ! C’est déjà loué ! » ou encore « Le logement est à louer, mais il ne sera disponible que dans trois mois, rappelez-moi à ce moment-là… ». Généralement, les chercheurs n’en tiennent pas rigueur et passent à l’offre suivante.

La loi ignorée

« Mais est-ce que l’absence de plaintes reflète nécessairement la réalité ? » continue Martha J. Lewis. « Les gens ne connaissent que très peu leurs droits et signalent rarement les abus. » Même son de cloche du côté de BC Human Rights Coalition, il semble que les plaintes basées sur le sexe soient rares.

Pourtant on ne compte plus les annonces spécifiant « femmes seulement », ce qui est clairement interdit aux propriétaires. En épluchant les petites annonces, les offres illégales pullulent à tel point que certains annonceurs affichent des messages de sensibilisation pour ainsi palier ce fléau. Par exemple, craigslist.com a créé un lien Internet sur sa page d’appartements à louer : « Exprimer une préférence discriminatoire sur une annonce de logement est illégal ». En cliquant, il s’affiche une page destinée à faire la promotion des droits pour l’accès au logement, qui nous informe aussi des recours disponibles.

La Charte canadienne des droits et libertés est claire à ce sujet : un propriétaire ne peut vous refuser une location en raison de votre race, sexe, âge, orientation sexuelle, état matrimonial, handicap, couleur de peau, nationalité, religion ou origine ethnique.

Le code de BC Human Rights explique cependant qu’il est possible de manifester une préférence lorsqu’un locataire loue une chambre ou une autre pièce dans son propre appartement. Par exemple, une femme ou un homme seul peut se sentir plus à l’aise de partager des pièces communes avec une personne du même sexe.

S’il est légal pour des locataires d’exprimer leurs préférences, il est quand même légitime de se demander si l’homme n’est pas victime de préjugés. Pourquoi les offres de location de chambres sont si disproportionnelles entre hommes et femmes ? Serait-ce lié à cette idée préconçue et tenace selon laquelle les femmes font de meilleures colocataires ? Malheureusement aucune étude ne permet de répondre à cette question !

Les femmes aussi sont pourtant souvent victimes de discriminations. En effet, aux dires de Martha J. Lewis du TRAC, « la majorité des plaintes que nous recevons concernent les Premières nations et les femmes avec enfants. » Ou lorsqu’elles sont prestataires de revenus d’aide sociale.

Richer Anctil

1 commentaire pour “Juste pour les femmes”

  1. C’est bien vrai, très grand problème (ton)

Commentaire

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