Vendredi 3 septembre 2010

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Lundi 13 septembre 2010

Bénévoles recherchés

Bénévoles recherchés

Les organismes qui font appel à des bénévoles ont des exigences et veulent tirer avantage de l’utilisation de forces vives à leur disposition. Donner de son temps pour une cause qui nous tient à cœur est plus qu’une simple question de disponibilité.

«L’expérience d’une vie » : avec ce slogan accrocheur, le Comité olympique de Vancouver (COVAN) est sans conteste le plus important « recruteur » de l’année. Il procède en effet à l’embauche de plus de 25 000 bénévoles qui endosseront les titres de chauffeurs, d’hôtes, de traducteurs, et propose d’autres postes pour offrir de nombreux services pendant la période des Jeux olympiques.

Mais le COVAN n’est pas le seul à tirer profit de cette main d’œuvre gratuite. Selon Statistique Canada, 1,5 million de bénévoles offrent l’équivalent de 315 millions d’heures annuellement au profit de la communauté, ce qui équivaudrait à 164 000 emplois à temps plein : une contribution notable.

Le bénévolat est une entreprise qui rapporte. On embauche des bénévoles comme on embauche des employés. Les bénéfices engendrés sont immenses : coûts moindres, allègement de la tâche, réalisation de projets délaissés par manque de main-d’œuvre. Du côté de la personne, les motivations sont multiples : obtenir des billets de spectacles, avoir le sentiment de faire une différence dans sa communauté, rencontrer des gens, percer dans une entreprise, accumuler des expériences, rester actif ou en mémoire d’un être cher disparu.

De plus en plus, des « centres d’emplois » font leur apparition sur le marché. Ils aident les entreprises à cibler leurs besoins en personnels pour poursuivre leur mission. Certains ont même des offres alléchantes : un billet d’entrée gratuit à Disneyworld en échange d’une journée de bénévolat ! Volunteer Vancouver par exemple a pour mandat d’encourager cette pratique et de s’imposer dans le secteur du bénévolat. Pour bénéficier de ses services, un individu doit débourser annuellement 49 $, tandis que les frais d’adhésion pour une entreprise varient selon qu’elle soit à but lucratif ou non.

Jouer sur la corde sensible… et sur l’expérience

Les organismes à but non lucratif aussi ont su trouver leurs travailleurs bénévoles. D’ailleurs, selon une enquête nationale de Imagine Canada commandée par le gouvernement, une organisation communautaire aura plus de facilité à trouver et conserver des bénévoles, contrairement à une organisation au chiffre d’affaires élevé, qui trouvera plus difficilement preneur.

BC SPCA opère avec plus de 4 000 bénévoles qui contribuent à secourir, réhabiliter et trouver un toit à près de 40 000 animaux chaque année. Deux succursales sont entièrement gérées par leurs soins. Sans l’aide de ces derniers, elles ne pourraient réaliser leur mission. « Les bénévoles sont vitaux à la survie de l’organisation », affirme Corry Anderson-Fennell de BC SPCA.

L’organisme connaît ses besoins. Il investit temps et argent pour choisir et retenir un candidat, en mettant l’accent sur ses compétences et ses points forts, ou encore en lui proposant une formation adéquate. « Même pour promener un chien, il y a une façon de faire. Si quelqu’un veut faire du bénévolat, on lui trouve de toute façon un poste », poursuit Corry. Effectuer un suivi et offrir des opportunités à court terme font également partie du jeu. La participation aux levées de fonds demande un engagement sporadique. D’autres événements permettent alors de façonner un noyau dur de bénévoles qui s’implique régulièrement et qui peut se voir ouvrir les portes d’emplois proposés en interne.

Yoki a fait du bénévolat pour la première fois au Canada, un an après son arrivée du Japon, au Vancouver Jazz Fest et Vancouver International Film Festival, utilisés comme un outil social et de divertissement. Aujourd’hui, elle postule à la Société Canadienne du Cancer qui a pour slogan « Votre implication fait la différence », histoire de se sentir concerné avant même d’avoir donné une seule heure de son temps. « Au Japon, ce n’est pas dans les coutumes d’être bénévole, relate Yoki. À Vancouver, c’est un atout dans un CV. » Trois heures de bénévolat par semaine durant trois mois : c’est le minimum qu’elle doit offrir pour que sa candidature soit étudiée pour un poste qu’elle convoite en administration, en plus de posséder déjà de l’expérience dans le domaine.

Comme employeur, certains font preuve de réelles exigences professionnelles. Raincity Housing, qui fait affaire avec une clientèle marginale, reconnaît le bénévolat – ou « l’expérience de vie » – seulement s’il est appuyé par une formation ou une expérience de travail adéquate. Le futur bénévole prêt à donner quelques heures de son temps doit, avant d’entamer sa démarche, s’interroger sur ce qu’il est prêt à offrir : disponibilité, engagement, etc. Au final, tout le monde est gagnant : l’échange de services permet à chacun d’y trouver son compte, et rapporte tant à l’entreprise qu’à la communauté.

Valérie Anne Grisel


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