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Dimanche 26 mai 2013

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Vendredi 7 juin 2013

Dossier Spécial STV : Carnets de campagne

Dossier Spécial STV : Carnets de campagne

Depuis février dernier, une campagne, passée un peu inaperçue, bat son plein. Deux groupes choisis par le gouvernement provincial tentent d’informer les Britanno-Colombiens au sujet du référendum sur le mode de scrutin à STV. Débats, vidéos, dépliants : une campagne classique pour une question cruciale. Quels en sont les enjeux ?

Un atelier d’artiste sur la 5e et Main à Vancouver. Des toiles d’art contemporain aux murs, quelques rangs de chaises, un canapé vétuste et de la musique actuelle en guise de fond. La scène aurait tout d’un vernissage. Pourtant, la pancarte à l’entrée du bâtiment nous invite à un tout autre événement. En ce soir d’avril pluvieux, quelque trente personnes sont réunies pour assister à un débat initié par l’organisation vancouvéroise COPE au sujet du référendum sur la réforme électorale. L’ambiance est bon enfant, détendue : une dame âgée assise au premier rang tricote tandis qu’un homme un peu plus jeune sirote une bière en attendant le début des hostilités. « Merci d’être là malgré le temps magnifique dehors », ironise le modérateur. Le représentant de No STV et celui du groupe BC-STV s’expriment tour à tour. L’assemblée hoche la tête ou s’insurge en silence. Puis vient le moment des questions-réponses : débordements classiques, vite réprimés. Chacun rentre chez soi, sous la pluie toujours battante. Une soirée politique comme celles auxquelles on assiste souvent en période électorale.

Cette rencontre est l’une des premières d’une campagne lancée le 1er février dernier. Comme en 2005, les Britanno-Colombiens choisiront leur système de vote le 12 mai prochain : celui en vigueur actuellement, le scrutin uninominal majoritaire à un tour (First-Past-The-Post), ou celui refusé il y a quatre ans, le scrutin à vote unique transférable (voir encadré). Outre le Bureau de renseignements sur le référendum (Referendum Information Office) – chargé de diffuser une information neutre –, deux groupes ont été choisis pour recevoir un fonds de 500 000 $ de la part de la province afin de faire campagne : No STV Campaign Society et Fair Voting BC, qui portent aujourd’hui respectivement les noms de No STV et BC-STV. « Le gouvernement a pensé que les gens n’étaient pas assez informés lors du dernier référendum de 2005, explique Bill Tieleman, président du groupe No STV. La plupart des électeurs n’avaient aucun avis particulier sur la question. »

Ainsi, dans une enquête d’opinion publiée par NRG Research Group au lendemain du référendum de 2005, seuls 15 % des votants se disaient très informés sur le vote unique transférable. Un chiffre attribué au manque de communication de la part des deux camps. « Aujourd’hui, nous sommes bien mieux organisés, affirme Stephen Broscoe, porte-parole du groupe BC-STV, et j’imagine qu’il en est de même pour l’opposition. Ce fonds nous permet de mener une plus grande campagne. En 2005, nous avions procédé à une collecte de fonds, mais on n’obtient pas 500 000 $ pour ce genre de dossier », observe-t-il, lucide sur la question.

Ni droite, ni gauche

Pourtant, les enjeux sont grands. Responsabilités des députés, importance ou non des partis, présence des femmes dans la vie politique et taille des circonscriptions sont au cœur du débat.

« Avec le scrutin à vote unique transférable, les résultats sont plus justes et proportionnels. Il y a moins de distorsions entre les choix des électeurs et les résultats finaux, argumente Stephen Broscoe. Ce système permet aux petits partis d’être mieux représentés, et incite donc toutes les entités politiques à travailler de concert. La vie politique serait ainsi plus consensuelle et il n’y aurait pas de changements brusques dans la ligne politique d’une élection à l’autre. Ce serait aussi l’occasion pour d’autres provinces de réfléchir sur le scrutin uninominal à un tour », explique Stephen, qui voit dans cette élection l’occasion de montrer qu’il est possible de changer un système de vote.

Au contraire, selon Bill Tieleman, la victoire du STV serait tout simplement « un désastre pour la province » : « Ce système électoral est très compliqué. Que deviennent les votes des électeurs ? C’est comme si vous mettiez tous les bulletins dans un mixeur, s’amuse-t-il. Vu la taille des circonscriptions prévues par ce système, qu’en est-il de la responsabilité des politiques (politiciens) ? Si les gens ne votent pas, ce n’est pas parce qu’ils n’aiment pas le système électoral, mais tout simplement parce qu’ils ne s’intéressent pas à la politique en général. »

S’il y a bien un point sur lequel s’accordent cependant les deux hommes, c’est le dialogue suscité par cette campagne. « C’est absolument fascinant de voir que des gens, qui ont longtemps été des ennemis en politique, travaillent aujourd’hui main dans la main pour défendre leurs idées. Cette question met un terme à tous les clivages politiques », constate Bill Tieleman. Ce que confirme Bruce, spectateur lors du débat et étudiant à UBC : « Ce n’est pas un problème de politique, de droite ou de gauche. Il s’agit plutôt de savoir qui détient le pouvoir, et quels choix s’offrent à nous. »

En attendant, seuls les résultats du 12 mai permettront de dire si la Colombie-Britannique se distinguera, ou non, des autres provinces de par son système électoral. 

Deux systèmes électoraux et un référendum

Système uninominal majoritaire à un tour : il s’agit du système électoral en vigueur en Colombie-Britannique. Les électeurs choisissent un candidat, et celui ayant le plus de voix obtient le siège. Il y a actuellement 85 circonscriptions dans la province.

Scrutin à vote unique transférable britanno-colombien : les électeurs classent les candidats par ordre de préférence. Le candidat élu doit obtenir un certain seuil de voix. Si un candidat remporte suffisamment de voix pour être élu, ou si au contraire il est éliminé car il n’en obtient pas suffisamment, le vote de l’électeur est transféré à son deuxième choix et ensuite à son troisième choix, etc., jusqu’à ce que tous les sièges soient pourvus. Avec ce système, il y aura 20 circonscriptions et entre deux et sept députés dans chacune d’elles, en fonction de la taille et de la population de la circonscription.

Pour que le BC-STV soit mis en application, il doit obtenir 60 % du total des votes dans toute la province et 50 % des votes dans 60 % des circonscriptions.

La Colombie-Britannique avait adopté un système de vote préférentiel, appelé vote alternatif, pour ses élections en 1952 et 1953.

Source : Referendum Information Office

Camille Pesnel

Retrouvez la suite du dossier ici :

Marquons l’histoire : http://www.lexpress.org/opinion/dossier-special-stv-marquons-l%E2%80%99histoire/
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3 commentaires pour “Dossier Spécial STV : Carnets de campagne”

  1. Monsieur

    Bravo ! Très bon article !

    • PESNEL

      Merci, je m’améliore de jour en jour !

  2. Bon, c’était une blague, Camille n’a rien à voir la dedans : )

Commentaire

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