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Mardi 18 juin 2013

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Vendredi 21 juin 2013

Discours d’un coopérateur

Discours d’un coopérateur

Dans un paysage économique où les crises financières sont devenues la règle plutôt que l’exception, est-il possible d’agir différemment ? Vision de Claude Béland, ancien président du Mouvement des Caisses Desjardins.

L’Express du Pacifique – Quel bilan dressez-vous des crises économiques passées et actuelles ?

Claude Béland – Depuis les années 70, les crises économiques sont de plus en plus fréquentes. Avec une minorité dominante de riches, nous connaissons une période où la réussite personnelle et l’individualisme deviennent les paradigmes dominants. Le pouvoir économique et financier est de nos jours tellement exacerbé qu’il dicte seul les règles du jeu. Des forces impersonnelles, comme la déréglementation des marchés financiers, aboutissent à la concentration des fortunes entre les mains d’une élite minoritaire. Pendant que les banques invitent la population à s’endetter à outrance, l’appât du gain amène les dirigeants d’entreprise à prendre des risques sans tenir compte des principes de bonne gouvernance. Le désir immodéré de richesse et de domination s’affirme au détriment d’une planète qui demande grâce. En réponse aux pertes financières récemment subies par plusieurs épargnants, la population prend conscience de ses fragilités et un climat de méfiance s’installe.

La coopération au Canada
► 9 000 entreprises coopératives, 160 000 emplois.
►275 milliards $ d’ actifs.
► 17 millions de membres. Quatre Canadiens sur dix sont membres d’au moins une coopérative.
► Le Canada est le pays dont la population compte la plus
forte proportion de membres de coopératives de crédit et
de caisses populaires (33 %).
► Après 5 ans d’activité, les entreprises de type coopératif démontrent un taux de survie trois fois plus élevé que toute autre forme d’entreprise.
► Chaque année, les coopératives canadiennes retournent
plus de 120 millions $ à la communauté sous forme de
dons et commandites.
(Source : Association des coopératives du Canada)

LEP – Dans ces conditions, quelle est votre position face au système capitaliste actuel ?

C. B. – Avec comme piliers la spéculation et le crédit, le capitalisme est à mon avis la seule forme autorisée d’exploitation de l’homme par l’homme. Le système néolibéral actuel, dont l’influence américaine n’est pas négligeable, ne répond pas aux aspirations de la collectivité. Actuellement, on enrichit des individus et non la population. L’idée n’est toutefois pas de mettre l’esprit d’entreprise et l’initiative individuelle au rancart. On peut décidemment rendre plus juste le capitalisme sans l’abolir complètement. La question est : comment doit-on partager le profit ? Un patron a-t-il le droit de gagner 500 fois la moyenne salariale de ses employés ?
En 1936, dans son discours d’acceptation de l’investiture démocrate, Franklin Roosevelt s’était écrié : « Nous avons toujours su que l’égoïsme insensible était moralement mauvais ; nous savons maintenant qu’il est économiquement mauvais. » Cette phrase n’a jamais sonné plus vrai.

LEP – Selon vous, de quelle façon le système coopératif s’inscrit-il parmi les solutions ?
C. B. – Au-delà du modèle d’affaires, la coopération est un projet de société ayant au cœur de ses préoccupations le bien-être de ses membres-copropriétaires. L’intensité nécessaire pour provoquer un changement repose en fait sur la volonté et l’espoir en chacun de nous de reprendre le contrôle de notre vie. Le théoricien américain Peter Drucker disait : « Le meilleur moyen de prévoir l’avenir, c’est de le créer nous-mêmes. » La démocratie substantielle de toute coopérative, basée sur l’égalité des chances (un membre, un vote), s’avère être le meilleur rempart aux problèmes financiers actuels. Pour retrouver une société de classe moyenne dominante, il faut que les citoyens tirent avantage du pouvoir que la démocratie leur confère, ceci autant dans les affaires économiques que politiques.
L’humanité ne peut pas survivre en poursuivant dans cette logique d’affrontement et de copinage. Il est impossible de construire une société entre des ennemis. Portée par des valeurs d’entraide et de solidarité, la coopérative se veut au service des gens et non l’inverse.

Mountain Equipment Co-op
► Siège social : Vancouver, Colombie-Britannique
► Date de création : 2 août 1971, par un petit groupe de grimpeurs canadiens
► Secteur d’activité : vente d’équipements pour les activités de grande nature non motorisées
► Sur la base du nombre de membres (3 millions), MEC est la plus importante coopérative de vente au détail au Canada
► Au 31 décembre 2008 : chiffre d’affaires de 247,7 millions $, actif de 172,4 millions $, 1670 employés et 13 magasins à travers le pays

Émilie Plante

1 commentaire pour “Discours d’un coopérateur”

  1. LWySTYhYICKyYFODWq

    dit :Askimet m’a prouve9 que e7a ne suffit pas toourjus, et puis de tas de sites te font rentrer un Captcha, alors pourquoi pas ce blog ? On verra bien, la partie commentaire fait partie des choses non-de9finitive Tu as raison, e7a n’est pas fini, j’ai fais ce que j’ai pu en matie8re de personnalisation, maintenant, c’est avec l’aide d’un designer que le reste se fera, des petits de9tails en somme, visibles et moins visibles.

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