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Samedi 25 mai 2013

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Vendredi 7 juin 2013

CV à la loupe

CV à la loupe

En savoir un maximum sur le candidat afin d’éviter les mauvaises surprises avant d’embaucher, c’est le créneau.

Petite exagération ou gros mensonge, les curriculum vitae ne disent pas toujours vrai. Revendiquer un niveau d’allemand parfait, s’ajouter une compétence ou un diplôme que l’on n’a pas forcément, « gonfler » son curriculum vitae en général est une pratique très courante chez les candidats à l’embauche. Une personne sur trois environ mentirait ou exagérerait sur son curriculum vitae, un chiffre constant, d’après les statistiques BackCheck, une entreprise spécialisée dans la vérification des antécédents d’emploi.

Face à ce constat, être référencé par une personne choisie ne suffit plus. Les employeurs, devenus méfiants, ont de plus en plus fréquemment recours à des entreprises chargées de vérifier le passé professionnel des candidats à l’embauche. Les services proposés vont parfois au-delà de la vérification des références. L’employeur peut par exemple, toujours dans le respect de la loi canadienne, savoir si le candidat est endetté grâce aux enquêtes de crédits. Tous les types d’emplois sont concernés par ces enquêtes préalables, du PDG au vendeur en magasin.

Ancienne entreprise d’investigation privée, BackCheck, reconvertie en 1997, est leader dans le domaine de la vérification des données pré-emploi sur le marché canadien. Son objectif : « protéger (les) clients en prévenant l’embauche de candidats frauduleux, malhonnêtes ou non qualifiés [...] (pour) aider (les) clients à mieux comprendre à qui ils ont affaire. » L’entreprise propose une multitude de services à la carte : entrevues de références, confirmations d’emplois, vérifications judiciaires ou encore enquêtes de crédits.

Le site Internet de l’entreprise BackCheck regorge d’anecdotes sur les plus grosses fraudes constatées. Références tronquées, diplômes inexistants… En Ontario, par exemple, une femme se serait servie du diplôme de son mari décédé pour se faire engager dans une université sans être démasquée. Un homme aurait été licencié pour avoir commis un hold-up dans le restaurant pour lequel il travaillait. « Le plus fréquent reste tout de même les fausses références, explique Jérôme Bertrand, responsable du service francophone de BackCheck. Les gens donnent le nom de leur mère ou d’un ami. En croisant les données, on s’aperçoit rapidement que quelque chose ne va pas».

Les services les plus souvent demandés par les recruteurs sont la vérification des références, du casier criminel et des diplômes, cette dernière rubrique se prêtant très souvent au maquillage. Lors des entrevues de références, demande la plus commune, le personnel de BackCheck pose « des questions très incisives aux candidats, ce qui leur permet de [...] fournir des renseignements des plus révélateurs », notamment sur la personnalité du candidat. Toujours d’après les statistiques de la compagnie, « lors des entrevues réalisées auprès des références qu’ils ont fournies, 17 % des candidats suscitent un “signal d’alarme” ». Et si seulement deux références sur trois sont positives, c’est au recruteur de trancher. Les principaux clients de BackCheck sont des représentants de service clientèle, des banques, des sociétés de télécommunication, mais aussi des hôpitaux et des entreprises de grande distribution.

Effet 11 septembre

Signe de la demande croissante de ce type de service, l’entreprise, qui compte plus de 1 000 clients, a vu son chiffre d’affaires – non communiqué – augmenter de façon spectaculaire depuis la création de l’entreprise. « Environ 50 % des entreprises canadiennes utilisent ce type de services contre 80 à 90 % des entreprises aux États-Unis, ce qui nous offre encore des possibilités de croissance », explique Dean Drysdale, président du conseil d’administration et directeur financier de l’entreprise. Le ralentissement dû à la crise économique mondiale ne semble pas inquiéter le directeur financier, en perpétuelle recherche d’employés francophones.

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