Mercredi 8 septembre 2010

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Lundi 13 septembre 2010

CBC / Radio-Canada fait peau neuve

CBC / Radio-Canada fait peau neuve

À Vancouver, le centre de radiodiffusion public revit normalement après trois années de travaux. Il était temps de rénover les locaux et les outils techniques pour répondre à la demande de plus en plus exigeante de l’information.

De l’extérieur, l’édifice a gardé de sa vieille structure en béton, imposante et secrète. Celle qui a abrité en 1975 les plateformes de CBC et de la Société Radio-Canada sous le même toit, au 700 de la rue Hamilton. L’entreprise offre aujourd’hui un tout autre visage. Tout passant un peu curieux pourra scruter ce qu’il se passe derrière les nombreuses vitres : deux plateaux de télévision, des studios de radio et une fourmilière de journalistes, cadreurs et techniciens qui grouillent à toute heure de la journée dans une vaste salle de nouvelles digne d’un décor de cinéma. Une résurrection pour ceux qui travaillaient depuis deux ans dans les sous-sols, notamment les employés de la radio qui fuyaient le bruit des travaux.

« Le bâtiment a une trentaine d’années », rappelle Mario Deschamps, chef des services en français de Radio-Canada pour la Colombie-Britannique et le Yukon. « Le but de ces rénovations était de réunir toutes les plateformes des services d’information. Cela nous permet d’être plus rapides, de partager les images et sons entre médias français et anglais, qu’ils soient de la radio, de la télévision ou d’Internet. »

Il y a encore trois ans, avant que les travaux ne démarrent, les départements étaient en effet répartis sur plusieurs étages. Ce qui entraînait un manque de communication entre les services. Le risque dans ce nouvel environnement ? Peut-être de se laisser aller à quelques bavardages…

« Nous ne sommes plus le vieux CBC / Radio-Canada », annonçait fièrement le Président-Directeur Général Hubert Lacroix lors des portes ouvertes ce mois-ci. L’entreprise prend ainsi le train en route et décide de mettre un point d’honneur à l’accessibilité des contenus, « quand vous le voulez, où vous le voulez ». D’où la nécessité de l’instantanéité et des dernières technologies.

Un côté « chic »

Une des fantaisies de la nouvelle organisation : le plateau d’information de CBC. Il prend la salle de nouvelles comme arrière-plan à 18 heures quand les journalistes sont encore sur le pied de guerre, tandis qu’il tourne pour celui de 23 heures vers Georgia, histoire de ne pas montrer l’édifice quasi désert.

Des dizaines de bureaux accolés les uns aux autres se concentrent d’autre part dans une grande aire ouverte, où trônent une ribambelle d’ordinateurs neufs et pas moins de 32 écrans plats ! « Plus pour l’esthétique », confesse Denis Grenier, superviseur technique des services français.

Au milieu de la pièce se rassemblent les affectateurs, véritable centre nerveux de la salle de nouvelles. « Responsables d’attribuer tel ou tel sujet aux journalistes, ce sont six cerveaux qui travaillent ensemble pour se transmettre les informations récoltées par leurs équipes lors de leurs sorties en reportage », continue Denis. « Si la télé anglaise couvre par exemple une conférence de presse sur le H1N1, elle tâchera de rapporter aussi les informations en français pour leurs collègues » ajoute-t-il.

La course aux cassettes

« C’était un festival pour retrouver les cassettes ! », lance Denis Grenier. Une entrevue réalisée par un journaliste de la télé anglaise pouvait intéresser la radio française. Là, il fallait retrouver la bande, l’avoir entre les mains pour effectuer les montages, le graphisme et les manchettes. Entre-temps, elle avait circulé dans un autre service. Elle pouvait aussi très bien être rangée à sa place, mais la description manuscrite du contenu pouvait ressembler à une prescription de médecin : illisible ! C’était certainement la plus grande source de nos frustrations. »

Aujourd’hui, CBC / Radio-Canada n’a pas abandonné la traditionnelle cassette, mais s’est dotée d’un serveur qui numérise les images et permet à tous d’obtenir les informations qu’elle contient en quelques secondes. « On n’a plus besoin de faire la queue aux salles de montage puisque l’on peut travailler sur le serveur depuis notre bureau », s’extasie encore Denis. Une convention nationale s’applique également au codage des cassettes, permettant une meilleure recherche.

Quelques 81 millions de dollars auront été nécessaires au projet, dont presque 66 millions pour les travaux et 11 millions dédiés aux nouvelles technologies. Le tout étant financé par la vente du parking de l’entreprise et de son entrepôt, ainsi que par la location d’une partie de son terrain. « En 2001, quand le projet a été lancé, il était évident que l’on ne pouvait pas prévoir la récession », déplore Mario Deschamps. Entre coupes budgétaires et réductions de personnel, la reprise cet hiver dans les locaux flambant neufs a eu un goût doux-amer pour certains qui n’auront pas eu la chance d’en profiter.

Sophie de Kepper


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