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Vendredi 21 décembre 2012

Cannes 2009 : tapis rouge pour Vancouver

Cannes 2009 : tapis rouge pour Vancouver

Présent au plus grand festival de cinéma au monde, L’Express du Pacifique y a recueilli les impressions de quatre représentants de l’industrie du film de notre province.

Cannes, sa Croisette, ses yachts de milliardaires, sa baie jolie à faire rêver, son Palais des festivals, ses milliers de badauds autour du tapis rouge où les stars parées comme des idoles font la roue sous la mitraille des paparazzi. Onze jours où réalité et fiction se confondent. Une Palme d’Or. Rideau. La plus grande foire mondiale du cinéma ferme ses portes jusqu’à l’année suivante.

Si le célébrissime Festival du film de Cannes est surtout connu pour son image de luxe extrême, de l’autre côté du miroir, une tout autre réalité s’y vit. Une réalité plus âpre, celle des affaires où se financent, se vendent et s’achètent  les idées, les projets et les œuvres que nous verrons… peut-être sur nos écrans : c’est le Marché du Film. Une bonne douzaine de représentants de l’industrie de Colombie-Britannique y participent régulièrement.

Que fut pour eux cette 62e édition du Festival, parenthèse annuelle et singulière, fourmilière surréaliste de génies et de filous, alors qu’une avalanche de drames s’abat sur notre pauvre monde ? Rencontre avec quatre d’entre eux, chacun appartenant à un secteur essentiel du 7e art.

Les producteurs

Habitués des lieux, qu’ils fréquentent assidûment depuis une dizaine d’années, les jeunes et dynamiques producteurs Rob Merilees et Dave Valleau – qui travaillent en tandem – étaient fort occupés. On l’eût été à moins. Leur plus récente collaboration, The Imaginarium of Doctor Parnassus, une réalisation de l’Américain Terry Gilliam, était présentée en sélection officielle au Festival. L’Express du Pacifique a pu les rencontrer quelques instants au Pavillon canadien du Marché du Film.

Producteur et spécialisé en coproductions, Rob Merilees a participé à plus de 40 longs métrages dont le « nominé aux Oscars » Capote. On lui doit entre autres Sleepwalking, The Snow Walker et Stone of Destiny, qui eut l’honneur d’être présenté en Gala de clôture au dernier Festival du film de Toronto. Il fut également en 2008 l’heureux lauréat du Prix de l’Association canadienne des producteurs du film et de la télévision, doté de 10 000 $. Habitué aux honneurs et à la reconnaissance de ses pairs, Rob Merilees n’avait pourtant jamais eu de film en sélection au Festival de Cannes. Voilà chose faite.

Présentée hors compétition à la demande du réalisateur, The Imaginarium of Doctor Parnassus – une somptueuse production de 45 millions $ US qui a enchanté les festivaliers – a bien failli n’être qu’une tragique fiction inachevée. Comme frappé d’une malédiction, le tournage de cette œuvre puissamment onirique sur la magie de l’amour et de la rédemption a été marqué par deux décès. Celui – très médiatisé – de l’acteur Heath Ledger, drame qui provoqua l’arrêt de la production, et celui à Vancouver de William Vince, producteur et fondateur de la société co-productrice Infinity Features, emporté prématurément par un cancer. Le duo Merilees/Valleau a relevé le défi : leur associé disparu, les deux professionnels ont pris la relève, créant Foundation Features et menant à terme l’aventure du Docteur Parnassus.

Et comme dans un conte de fées, c’est en haut des 23 marches du célèbre tapis rouge, sur l’immense écran du Grand Théâtre Lumière du Palais des festivals que s’est terminée cette saga dont la vraie vie ne fait que commencer. Précisons que L’Imaginarium du Docteur Parnassus (titre français), coproduction canadienne à hauteur de 40 %, fut notre seul film en sélection officielle.

Le réalisateur

Rencontre avec un autre familier du Festival, le réalisateur indépendant Carl Bessai. Hyperactif, seul maître à bord de sa société Ravenwest au 207, West Hastings, il scénarise, réalise, produit. Il crée, investit. Il tourne et pas en rond. Sa filmographie est impressionnante : Unnatural & Accidental, Mothers & Daughters, la trilogie Johnny, Lola, Emile… Régulièrement sélectionné par les festivals, entre autres ceux de Toronto et Vancouver, il vient de terminer la postproduction de Cole et le tournage de Fathers & Sons. Père de quatre fils, il connaît. Habitué du Marché du Film lui aussi, il le fréquente depuis 2003. Impression sur cette 62e édition cannoise : « Avec une diminution d’environ 40 % de ses participants, le Marché est plus sérieux. On perd moins de temps. Les rencontres avec des partenaires éventuels sont plus faciles. Pour moi, c’est excellent. »

Le directeur de festival

Opinion partagée par Alan Franey, directeur du Vancouver International Film Festival (VIFF). « Après des années de débordement et la crise mondiale aidant, le Festival de Cannes semble avoir retrouvé sa raison d’être : présenter le meilleur du cinéma mondial. Plus sobre, ce que j’apprécie infiniment, il se déroule sans excès et sans ces spectacles déprimants où le vide domine. Quant au marché du film en général, il vit un problème aigu. Chacun a une opinion sur la question. Personne n’a de solution. »

En attendant , Alan Franey a bien voulu nous faire partager la liste de ses films favoris présentés sur la Croisette. En voici quelques-uns : Un Prophète, de Jacques Audiard, lauréat du Grand Prix ; Police, Adjective, de Cornelius Porumboiu ; Irène, d’Alain Cavalier ; J’ai tué ma mère, du Québécois Xavier Dolan, trois fois primé. Autant de longs métrages que les cinéphiles de Vancouver auront peut-être le bonheur de voir cet automne au programme de leur festival. Rendez-vous au VIFF.  

Jacqueline Brodie

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