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Samedi 4 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Brunchons !

Brunchons !

L’une des activités principales du week-end, que je n’ai découverte que sur le tard (peut-être par ce que j’étais trop habituée à mon café au lait – baguette fraîche), est le bien nommé brunch.

Le brunch, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un repas qui se prend tard le matin, remplaçant ainsi le petit-déjeuner et le déjeuner.

Quand vous vous levez un dimanche matin à 10 h, après une soirée un peu arrosée (au hasard), vous avez trois options :
• prendre un petit-déjeuner normal pour mourir de faim à trois heures de l’après-midi, et risquer d’être déjà rassasié à l’heure du dîner ;
• sauter le petit-déjeuner parce que c’est trop tard et vous jeter sur le premier truc appétissant à 11 h 52 ;
• prendre un brunch, c’est-à-dire un petit déjeuner assez consistant pour vous faire tenir jusqu’à l’heure du dîner (enfin normalement).

Alors qu’est-ce qu’on mange au brunch ?

En Amérique du Nord, le truc, c’est les œufs. Chaque année, un Canadien en avale en moyenne presque 16 douzaines, soit 192 au total. Vous commanderez donc des œufs – ou des pancakes, des gaufres, du pain perdu (french toasts), qui en contiennent aussi aux dernières nouvelles. Comme nous sommes au Canada, ne l’oublions pas, vous aurez l’embarras du choix.

La star du week-end, ce sont les œufs Bénédictines (eggs benedict), couramment appelés « œufs Benny ». Principalement appréciés à 10 h du matin et quand on est prêt à tuer le premier écureuil venu (alors qu’il n’a rien demandé, le pauvre, à part une simple noisette) pour pouvoir ingurgiter votre dose de caféine et de sucre. Les œufs Bénédictines sont pochés délicatement et posés sur deux tranches de muffin anglais, accompagnés de jambon et de sauce hollandaise. Il existe des variantes subtiles, comme les œufs Bénédictines à la crevette et à l’avocat, ou encore avec des épinards à la place du jambon.

Vous pourrez aussi déguster des œufs brouillés (scrambled eggs), dans leurs adaptations plus ou moins diététiques (au tofu par exemple, ou portant la mention « fermiers/élevés en plein air », en anglais free-range eggs). Ils seront servis en général avec des pommes de terre sautées ET des toasts (oui, mais des toasts au blé complet s’il vous plaît. Toutefois, selon l’intérêt et le souci du cuistot pour votre petite santé, vous pourrez choisir aussi du pain blanc – bouhou ! pas bien ! – ou du pain 58 grains). Bref, de quoi vous rassasier pour la journée entière (voire pour le lendemain).

Sans oublier le grand classique : l’omelette. Avec du « fromage » (le cheddar nord-américain classique), des poivrons, du jambon, des champignons, j’en passe et des meilleures. L’omelette sera toujours accompagnée, je vous le donne en mille, de pommes de terre sautées (ou hashbrowns, c’est-à-dire écrasées et dorées à l’huile) et de toasts. De quoi faire exploser votre taux de cholestérol pour la journée.

Mais un brunch digne de ce nom ne serait pas ce qu’il est sans ces incontournables : la saucisse trop cuite, sèche comme un coup de trique ; la crème fouettée recouvrant intégralement vos pancakes, ou plus souvent vos gaufres (au nombre de deux, et 879 grammes de crème fouettée, directement dans les fesses) ; le pot de ketchup pour noyer vos œufs ; et bien sûr le sirop d’érable servi dans un pot gluant à souhait. Il faut que vos doigts restent collés au pot pour déclarer un brunch réussi. Et qui dit brunch dit aussi café à volonté, parfait pour vous refiler un ulcère à l’âge de 38 ans, mais peu importe !

Alors, qui va bruncher les fins de semaine ?

Tout d’abord, ce sont des gens très patients qui sont prêts à faire la queue pendant 20 à 30 minutes pour pouvoir bruncher dans CE café spécifique, alors que celui d’à côté est à moitié vide. Personnellement, avant de m’adonner aux joies du brunch canadien, je n’aurais jamais pensé être capable d’attendre 25 minutes, debout, dehors, le ventre vite.

Mais plus depuis que j’ai découvert ses vertus, à Sophie’s Cosmic Café par exemple (sur la 4e Avenue) ou au Zen Café (rue Yew). Ces lieux sont tellement populaires qu’on se demanderait presque si l’on n’y sert pas du foie gras au lieu de saucisses. Il faut croire que c’est surtout une question d’ambiance (et Sophie’s ne manque pas de caractère !).

Ensuite, ce sont des gens qui aiment les œufs justement. Mon problème était que je n’aimais pas ça. C’est dommage d’avoir immigré au Canada, vous me direz. Oui, mais c’est sans compter sur mon désir profond de m’intégrer (et surtout de ne plus rester toute seule le dimanche matin pendant que mes amis s’éclataient la panse) qui a donc réussi à me faire apprécier les œufs brouillés.

Enfin, les bruncheurs sont des gens qui considèrent le brunch comme (rayer la mention inutile) :
• une activité pré- ou post-yoga/Grouse Grind/jogging ;
• un rendez-vous post-soirée arrosée/enfumée pour se raconter comment Dina a fini la tête dans la cuvette des toilettes du Caprice ;
• un possible date ;
• ou simplement un bon moyen de commencer le week-end entre amis.

Et ça, c’est de loin la meilleure raison pour sortir de son lit un dimanche matin !

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