Vendredi 3 septembre 2010

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Lundi 13 septembre 2010

Une irrésistible ascension vers les sommets

Une irrésistible ascension vers les sommets

Caroline Calvé ou Chelsea Mitchell : ces snowboardeuses canadiennes ont dévalé les pentes enneigées de Whistler dans le cadre des Jeux olympiques. Un point commun au-delà de leur brillante carrière d’athlète ? Elles ont toutes les deux été formées à l’Equipe de surf des neiges des Premières Nations (FNST), créée et chapeautée par Aaron Marchant.

Solide gaillard de trente-deux ans, cet autochtone originaire de Squamish avait toutes les cartes en main pour réussir son pari. Tombé très tôt dans la marmite du snowboard, à l’âge de quatorze ans, il a toujours rêvé de concilier sa passion du snowboard avec un projet éducatif. L’idée de créer un club avait germé dans sa tête en 2002. « Mon but était vraiment de valoriser la culture du sport chez les Premières Nations, laisse-t-il entendre. Beaucoup de leurs jeunes sont naturellement athlétiques et doués pour le sport. Par ailleurs, je voulais vraiment contribuer à améliorer leur santé, à leur offrir des habitudes de vie plus saines ».

Une réussite totale

La belle histoire commence véritablement en 2004 avec la création du club. Il naît de la collaboration entre quelques stations de ski locales et du financement provenant de l’entente Partners Creating Shared Legacies from the 2010 Olympic and Paralympic Winter Games signée entre la communauté de Squamish et la province. Dix jeunes rentrent alors en scène.

L’ascension vers les sommets s’effectue très rapidement. L’équipe a décroché plusieurs médailles à la compétition de l’association de surf des neiges de la Colombie-Britannique (BC Snowboarding Association). Rapidement, les meilleurs rejoignent l’équipe. Parmi eux, Chelsea Mitchell. « Elle est très vite devenue une source d’inspiration pour les nouveaux membres, notamment lorsqu’ils la voyaient en photo sur les posters », sourit Aaron.

2008 marque une année charnière puisque le club se paye le luxe d’ouvrir un centre d’entraînement aux États-Unis dans l’État de Washington. L’année dernière, il a même reçu la visite du prince Edward d’Angleterre. Un « grand honneur pour eux », confie Aaron, même si d’après lui les remerciements des parents restent la plus belle réussite de ces six années.

Une discipline importante

Aujourd’hui composé de 200 membres et de 40 professeurs, le club se divise en deux séries de programmes : loisirs et haut niveau. Pour les 24 athlètes de l’élite, l’entraînement s’étend au-delà de Grouse Mountain, dans douze centres parmi lesquels ceux situés à Cypress, Whistler, Big White au cœur de la Colombie-Britannique, le Mont Washington sur l’île de Vancouver, et le dernier-né au delà de la frontière dans l’État de Washington.

Avec une rigueur des plus pointues. Pas d’alcool ni de drogue, l’engagement d’assister à 90 % au moins des entraînements, et surtout avoir des notes à l’école dépassant le C+ sont les conditions sine qua non. En cas de non respect de ces règles, les membres sont contraints d’abandonner leur équipement et leur abonnement gratuit.

Quid concernant l’évolution des différents membres de l’équipe ? Une vingtaine a obtenu son certificat de l’Association canadienne des moniteurs de surf des neiges et est rémunérée pour enseigner la discipline à des enfants, pour quelques-uns âgés de cinq ans. Les athlètes peuvent même parfois entrevoir d’autres carrières. « L’un d’eux, qui n’avait aucune aptitude scolaire, a réussi à créer son entreprise, se félicite Aaron. D’autres membres encore peuvent aller à l’université comme SFU ou UBC ».

Les projets à long terme reflètent toujours cette volonté d’évolution : « Notre but serait de nous étendre à travers tout le Canada et aussi aux États-Unis. Un deuxième centre d’entraînement y est d’ail-leurs prévu prochainement », assène Aaron, ambitieux. Et d’ajouter : « Les peuples autochtones doivent travailler ensemble et non chacun dans leur coin ». Et pourquoi pas porter les couleurs du Canada encore plus haut à Sotchi  (Russie) pour les Jeux olympiques de 2014 ? ■

Sébastien Pierroz

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