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Samedi 25 mai 2013

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Vendredi 7 juin 2013

Un métier Vertigineux

Un métier Vertigineux

Le ciel est gris. Pas de vent. La vue du haut d’Imperial Tower est à couper le souffle. 360º. Gratte-ciel, sommets enneigés, Stanley Park et cargos en attente sur English Bay.
« C’est un temps parfait pour laver des carreaux, explique Corey. Quand il fait chaud, l’eau sèche trop vite sur les vitres. Quand il pleut, ce n’est pas agréable. Et quand il y a du vent, tout devient plus dangereux. Du coup, un bon ciel nuageux ? C’est l’idéal ! »

Responsable de Pacific Ropeworks, une entreprise qui emploie quatre personnes, Corey descend des façades d’immeubles depuis plus de douze ans. Aujourd’hui, il utilise un simple harnais avec deux cordes et un siège.
« La première corde est glissante – c’est elle qui permet de descendre en rappel ; la seconde est une corde de sécurité. Les deux sont attachées à des anneaux fixés le long des toits, prévus à cet effet. Ils sont bien scellés. En cas de problème avec la première corde, c’est la seconde qui prend le relais

Ce qui ne veut pas dire pour autant que laver des carreaux à des dizaines de mètres du sol est une activité sans danger…

Dangers

« C’est vrai, il y a des risques, mais il s’agit de risques calculés. De fait, ce que je trouve le plus dangereux n’a rien à voir avec cordes et gratte-ciel. Ce sont les échelles ! Quand je lave les carreaux d’une maison de trois étages, ou que je dois monter sur un auvent, c’est l’aspect de ce métier que j’aime
le moins
. » Et celui qu’il préfère ? « Avoir ma propre entreprise… et les vues magnifiques qu’on a de bâtiments comme celui-ci, ou de la Shaw Tower » – l’immeuble le plus haut sur lequel il a travaillé (41 étages, soit plus de 130 m).

Surprises

Naturellement, il y a un sujet bien précis qu’on a envie d’aborder avec un laveur de carreaux : ce qu’il voit, suspendu derrière les vitres de milliers d’appartements…
« Je ne suis pas sûr que tout ce que j’ai vu dans ma carrière puisse
être publié !
» Corey éclate de rire et continue de façon plus diplomatique
: « Disons juste qu’on “surprend” souvent les gens… » Au menu de ces surprises : « Des personnes qui font la fête en pleine journée, qui vous proposent un joint par la fenêtre, qui vivent dans
des appartements magnifiques, mais dans lesquels ils ont entassé des tonnes d’affaires. J’ai aussi vu des logements dans lesquels de la marijuana était cultivée – avec des fenêtres couvertes de journaux et une odeur bien plus intense qu’un simple joint fumé à l’intérieur. Et à l’opposé, on voit aussi toutes sortes de décors splendides : des appartements de grand standing, au
dernier étage de gratte-ciel, avec des terrasses et des baies vitrées
immenses.
»
Et juste avant de descendre un nouveau pan de façade qui plonge à pic vers Bidwell Street, Corey ajoute un tout dernier danger sur sa liste.
« Les oiseaux ! Parce que s’il y a un nid sur le toit, ils n’hésiteront pas à vous attaquer ! »

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