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Samedi 4 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Un homme fatigué

Un homme fatigué

À Vancouver depuis 15 ans, Ahcène Adlani est un petit nom du football (soccer) en Colombie-Britannique. Passionné du ballon rond, il regrette le manque d’intérêt que le Canada porte à ce sport. C’est une des raisons pour laquelle il a fait venir l’ancien joueur international Zidane, un rêve qui a viré au cauchemar.

Nous sommes à la fin d’une aventure qui aura duré un an. Éprouvante pour Ahcène Adlani. Le 12 juillet, le match opposant Zinedine Zidane à une trentaine de joueurs du Vancouver Métropolitain et de la Vallée du Fraser au stade Swangard à Burnaby marquait le point final de la tournée de la star du football au Canada. Mais aussi l’achèvement du rêve un peu fou d’un homme qui voulait donner une impulsion à ce sport dans un pays où le hockey sur glace monopolise l’intérêt du public et tous les investissements financiers. « Il n’y a aucun débouché pour les jeunes qui jouent au foot ici, regrette-t-il. Pas de championnat. Pas de ligue. Rien qui puisse les motiver et les inciter à poursuivre dans la voie professionnelle après l’âge de 16 ou 17 ans. Les Whitecaps (le club de football de Vancouver, ndlr) se disent professionnels. Mais on ne parle pas des mêmes salaires qu’en Europe ! »

Pour Ahcène, les gens qui ont de l’argent vont préférer miser sur une valeur sûre, comme le hockey. D’autre part, organiser des compétitions à travers le pays coûterait une fortune, étant donné la taille du territoire. Pas facile donc de rivaliser, et la concurrence est rude. « Nous avons ici quelques très bons éléments, qui ont le football dans la peau. Mais pour avoir une carrière, ils vont partir à l’étranger. Ils vont devoir affronter des jeunes qui excellent, venus du Brésil ou d’Afrique, où le foot est une religion ! Et ces jeunes-là ont l’envie de se battre, car ils viennent de pays plus défavorisés. Les Canadiens vont renoncer et baisser les bras plus rapidement », déplore-t-il.

Ahcène souligne également le manque de culture footballistique. Les entraînements deux fois par semaine par des parents volontaires qui, pour certains, « n’ont malheureusement jamais joué au foot, alors qu’en Europe les jeunes peuvent être sur le terrain quatre à cinq fois par semaine ».

Lui-même vient d’Algérie, où il a commencé à pratiquer la discipline dès l’âge de 5 ans. Ahcène a ensuite voyagé en URSS, où il a suivi la volonté paternelle de faire des études d’informatique. En Suisse, en France. Puis à Montréal, d’où il prendra un bus pour l’ouest : « Je me suis arrêté dans toutes les villes, y séjournant quatre à cinq jours. Je voulais savoir où je serai le mieux. »

Ce sera donc à Vancouver, en 1994. Là, au mois de janvier, alors qu’il se promène sur la plage d’English Bay, il aperçoit une quarantaine de personnes jouer au football, criant de partout, dans toutes les langues. « Je ne savais même pas qu’il y avait du soccer ici, plaisante-t-il. Je suis revenu à plusieurs reprises sur la plage pour jouer avec ces jeunes. On m’a trouvé bon. On m’a demandé d’être entraîneur, je l’ai été, tout en continuant d’être informaticien à côté », se remémore-t-il.

De fil en aiguille, Ahcène se taille une petite réputation, qui lui permet, avec le soutien d’amis, d’ouvrir finalement sa propre école de football. Entre 80 et 120 enfants de 8 à 15 ans s’y inscrivent chaque année depuis. Autant de filles que de garçons, chose propre au Canada !

Un projet mal ficelé

Les années passent, et le rêve grandit dans la tête d’Ahcène. Celui d’amener son idole, « Zizou », sur les terres canadiennes. Présenter aux jeunes générations un dieu du football. Faire plaisir aux fans. Mais apparemment, l’homme manque de jugement, de tactique commerciale ou simplement de crédibilité auprès de ses pairs. « Même avec l’assurance d’avoir l’ancien numéro 10 de l’équipe de France gratuitement, personne n’a voulu me suivre dans ce projet », argue-t-il.

Il annonce la venue d’autres grands noms tels qu’Alessandro Costacurta, Franco Baresi, Ludovic Giuly ou encore Samuel Eto’o, pour une tournée caritative Zidane et ses amis à travers le pays. Mais les clubs du Montréal Impact et des Whitecaps le laisseront faire la route seul.

Pas de sponsors, pas de levée de fonds. Impossible de payer les autres stars qui lui réclament des sommes qu’il ne peut se permettre. La vente de tickets pour les matchs de Montréal, Toronto et Vancouver ne sont pas suffisantes pour couvrir les dépenses non plus. Les fans attendent Zidane certes, mais les autres joueurs aussi. Qui ne viendront pas. C’est le scandale. Adlani se défend en invoquant les intimidations et les « attaques à la poche ». Il clame à qui veut bien l’entendre qu’il n’a pas récupéré les 55 000 dollars de caution pour la location du BC Place Stadium, initialement prévu comme lieu du match de Vancouver. Et d’autres exemples similaires.

Fatigué, sans conteste dépassé par les événements, Ahcène Adlani s’en retourne à son école de football, honoré d’avoir rencontré Zidane mais traînant aussi derrière lui de lourdes dettes et de nombreuses menaces de procès.

Sophie de Kepper


1 commentaire pour “Un homme fatigué”

  1. MOI AUSSI JE SUIS FATIGUÉ D'ATTENDRE L'ARGENT QUE MR ADLANI ME DOIT

    Bonjour,
    J’ai lu votre article avec intérêt et je souhaite apporter quelques precision concernant mr Adlani.
    Nous avons reçu son équipe U16 à Pâques 2008 au tournoi international de Loches. Monsieur Adlani ne s’est jamais presenté à nous et à laisser son équipe se débrouiller seule. Merci aux danois du FC Midtjylland qui ont prit son équipe avec leur bus pour les véhiculé. l’équipe n’avait meme pas de bus pour repartir à Paris a la fin du tournoi!
    Le pire est que monsieur Adlani ne nous a pas regler tout son séjour et nous doit toujours 3750€.
    Somme ridicule direz-vous. Pas pour des bénévoles qui doivent rendre des comptes à la fin de l’événement !

    je demande donc à Mr Adlani de bien vouloir s’aquitter de sa dette afin que nous puissions nous, nous aquitter de notre dette.

    Merci
    TOURNOI INTERNATIONAL DE LOCHES EN TOURAINE

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