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Vendredi 10 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Le Canada et l'avortement

Le Docteur Morgentaler et le droit à l’avortement

Figure du combat pour le droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse, Henry Morgentaler reste, à 87 ans, le plus connu des activistes pro-choix. Immigré juif polonais « athée », rescapé d’un camp de concentration où ses parents et sa sœur ont péri, il ouvre, défiant ouvertement la loi, la première clinique opérant des interruptions volontaires de grossesse à Montréal en 1969. Il ne s’en cache pas, donnant des interviews et invitant même les caméras de télévision à venir filmer sa clinique. Deux ans auparavant, il déposait un rapport demandant de reconsidérer la loi en la matière. En mars 1973, il annonce avoir réalisé, avec succès, plus de 5 000 interruptions volontaires de grossesse. Arrêté puis acquitté, il est finalement condamné, lors d’un retournement de situation, par la Cour d’appel du Québec à une peine de prison de 18 mois en 1975. Il n’en fera que 10. Le « plus beau jour de sa vie » arrive le 28 janvier 1988, lorsque la Cour suprême du Canada conclut, dans l’arrêt Morgentaler, que les dispositions du Code criminel sur l’avortement sont inconstitutionnelles.

Vingt ans plus tard, l’homme fait l’objet d’une nouvelle controverse lorsqu’il reçoit, en juillet 2008, l’Ordre du Canada. Il est récompensé pour « avoir donné aux femmes diverses options concernant leurs soins de santé, pour sa détermination à influencer les politiques publiques canadiennes et son rôle de chef de file au sein d’organisations humanistes et civiles ». Cependant, les Canadiens restent divisés sur cette attribution, la plus haute distinction civile au Canada.

Après être arrivé à Montréal en 1950, le docteur confiait avoir « un devoir moral de faire quelque chose de [sa] vie pour contribuer à une société meilleure » et choisit de défendre le droit des femmes à l’avortement. « Les enfants non voulus, non désirés, ont des carences émotionnelles à l’inverse des enfants aimés qui ne construisent pas de camps de concentration ». ■

Charlotte Houang

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