Tessa Virtue et Scott Moir. Leurs noms sont sur toutes les lèvres depuis que les très jeunes athlètes ont remporté l’or hier soir en danse libre sur glace.
Ce matin, l’ivresse de la victoire n’était toujours pas redescendue et c’est dans une salle de conférence conquise que le couple de danseurs a dédié sa victoire « au grand père de 90 ans qui, cloué dans son fauteuil toute la journée, a fini par lâcher le hockey pour la danse sur glace » évoquant un changement de comportement des téléspectateurs canadiens.
Partis favoris, malgré leur première participation aux JO, c’est sans réelle surprise que les deux Ontariens sont devenus le couple de médaillés d’or sur glace le plus jeune de l’histoire des Jeux. Agés de 21 et 22 ans, Tessa et Scott sont pourtant loin d’être débutants. Double médaillés au Championnat du monde, trois fois champions du Canada, triples médaillés des championnats ISU (International Skating Union) des quatre continents. Un palmarès impressionnant pour les deux patineurs qui partagent la passion de la glace depuis leur enfance. Treize ans qu’ils patinent et, depuis six ans, pas une année sans remporter de prix. « C’est une longue route pour nous deux, on a carrément grandi ensemble », a déclaré Tessa aux médias.
Le patinage, c’est une affaire de famille pour Scott. Danny Moir, son frère, avait déjà fait équipe avec sa cousine Sheri pour représenter le Canada en danse sur glace. Elle et sa sœur Cara ont d’ailleurs remporté le championnat du monde de patinage synchronisé l’an dernier.
Lors de la conférence de presse, les deux prodiges n’ont pas manqué de déclarer qu’ils n’auraient pas pu remporter l’or sans le programme À nous le podium mis en place par le Canada depuis 2005. Le jeune homme a précisé que « la danse sur glace est une discipline qui coûte cher et que, sans soutien financier, il n’est pas possible de réaliser une telle performance ». Les Russes, habitués à la première place dans cette discipline, n’ont donc pas résisté à la machine à médailles qu’est À nous le podium. Et si Scott avait d’abord envisagé une carrière dans le SWAT, unité d’élite de la police, il ne regrette rien aujourd’hui et compte « porter cette médaille autour du cou encore quelques semaines ».
Fanny Abes


