Les Premières Nations ont été largement sollicitées pour présenter leur culture lors des JO de Vancouver. Rencontre avec Femme Demi-Lune, mordilleuse d’écorces de bouleau, un art ancien peu connu à travers le monde.
Elle ferme les yeux, inspire, et porte délicatement à sa bouche l’écorce de bouleau qu’elle a pliée au préalable. Ses lèvres bougent à peine et, en quelques secondes, des motifs rose pâle minutieux commencent à se démarquer sur le bois « gravé ». Du bout de sa canine, Femme Demi-Lune, aussi connue sous le nom de Pat Bruderer, vient de dessiner un ensemble fleuri. « La dent est comme un crayon. Cet art est un des plus anciens parmi la population autochtone, c’est en quelque sorte notre première machine à imprimer ! » sourit-elle. Aucune recherche n’a permis de dater son origine, mais des fouilles archéologiques confirment que la pratique existait bien avant l’arrivée du crayon, sous sa forme la plus ancienne.
Pat, qui habite à Chase, non loin de Kamloops, mais est originaire du Manitoba, s’est lancée dans cette pratique il y a quinze ans afin de restaurer un art en perdition : « nous ne sommes que trois au Canada, et peut-être au monde, à poursuivre la tradition », regrette-t-elle. Autrefois, elle se transmettait de génération en génération, des anciens aux plus jeunes lors des longues soirées d’hiver. Elle permettait d’accompagner la tradition orale et de retracer des histoires propres à chaque communauté : le récit de cérémonies, la cueillette de la journée, la rencontre avec des animaux sauvages, etc…
Comme beaucoup d’autres arts autochtones, celui-ci a également un rapport inhérent à la terre. L’écorce de bouleau, en plus de ses vertus médicinales – elle peut être utilisée comme un pansement et contient un anti-douleur naturel – , est un support approprié pour Pat, mais difficile à manier. Pour réaliser une œuvre, plus d’une dizaine d’étapes sont nécessaires. Entre autres : la récolte du bois, l’épluchage des couches de bouleau jusqu’à en tirer de fines feuilles comparables à du papier de soie, le pliage, le mordillage ou encore la mise à plat du dessin. La pratique nécessite une extrême rigueur et une concentration sans faille. « Celle-ci peut être si intense qu’une légende raconte qu’une artiste avait réussi à dessiner un chalet avec une fumée sortant de la cheminée, un homme à bord de son bateau de pêche, et un orignal en même temps », se rappelle-t-elle.
À 56 ans, Femme Demi-Lune enseigne l’art de l’écorce de bois mordillée aux enfants dans les écoles, espérant susciter des vocations et perpétuer le modèle des anciens.
Sophie de Kepper



Just wondering if you were seouris about selling the D300 and if so how much for. I’ve just moved over from Olympus to Nikon hoping to do more portrait photography especially natural/low light which didn’t seem to suit the Olympus.Anyway I’m looking to add another body and build up from there. I live in Allerton so I’m not far away.I really liked your photos and your style, definately a cut above the other L’pool wedding photography web sites I’ve looked at. Kind regardsIan 07778 708138