À 53 ans, Pierre Virlogeux vient de se lancer dans une folle aventure. Son objectif : rejoindre Ushuaïa depuis Vancouver à bord de son étrange tricycle. Rencontre aux prémices de son périple.
Une après-midi nuageuse à Vancouver. Un drôle de personnage bat le pavé du quartier Gastown à grandes enjambées. Cheveux ébouriffés, sac de voyage sur l’épaule, short et chaussettes remontées jusqu’aux genoux… Dans la foule de touristes, Pierre Virlogeux ne passe pas inaperçu. Impatient d’explorer les routes américaines, cet aventurier déborde d’une joie de vivre communicative. Son pari ? Rallier Ushuaïa sur un tricycle à 28 vitesses qu’il s’amuse à surnommer son « drôle d’oiseau ».
« J’ai découvert cet engin il y a deux ans, lors d’un festival, raconte-t-il. J’ai tout de suite été séduit par son confort. Je pédale couché sur un fauteuil et transporte mes bagages à l’arrière du siège ». Pierre a même ajouté une touche personnelle à son tricycle : un panneau solaire pour alimenter son matériel électronique. « J’apporte notamment avec moi mon ordinateur portable pour pouvoir mettre à jour mon blog et relater mes aventures », explique-t-il.
Vivre au jour le jour
Arrivé à Toronto mi-mai, ce Français originaire de Toulouse a décidé de rejoindre la côte ouest en train. « J’en avais simplement envie, lâche-t-il. Dans l’avion, on ne peut pas vraiment faire de rencontres ni discuter avec les autres passagers. En train, la traversée du Canada m’a pris quatre jours. De quoi me laisser le temps de faire des connaissances et d’admirer le paysage. »
Ingénieur en informatique au Centre National des Études Spatiales dans le sud de la France, il est parvenu à accumuler un an de congés pour pouvoir réaliser son rêve. Douze mois durant lesquels il va vivre au jour le jour, dormir dans une tente ou chez l’habitant, au gré des opportunités. « J’ai effectué plusieurs recherches pour préparer mon trajet, mais certaines zones du parcours restent incertaines. Au Panamá, par exemple, il n’y a presque aucune route. Je ne sais pas encore comment je vais traverser ce pays ».
Son aventure est d’autant plus remarquable que Pierre a appris à faire du vélo tardivement – à l’âge de 17 ans – à cause d’un problème de vue. « J’ai tout de suite aimé le côté convivial de ce sport, raconte-il. J’ai alors décidé d’adhérer à l’association Vélo Toulouse, puis à Cyclo Camping International pour voyager et partager ma passion. »
L’homme a parcouru plusieurs fois la France, sillonné les routes de Roumanie et de Cuba, mais cette expédition d’un an reste son plus grand défi. Avec un rythme quotidien d’environ 60 kilomètres, il prévoit de passer huit heures par jour sur les routes panaméricaines jusqu’au printemps 2011 où il devrait avoir atteint l’extrémité de l’Amérique du Sud.
« Il ne faut pas croire que pédaler allongé est toujours simple. Parfois dans les montées ardues, j’avance à la même vitesse qu’un piéton ! » Une épreuve physique qui ne l’effraie pas. « Quand je suis sur mon tricycle, je me sens libre », lance le cycliste qui aime se faire appeler « grand pédaleur libre ».
Écologiste dans l’âme, militant pour la reconnaissance du vélo en tant que mode de déplacement, il va tenter de vivre de manière autonome, sans l’aide de transports motorisés.
« Au moins, sur mon drôle d’oiseau, je suis sûr d’attirer les gens et d’échanger avec eux. Et c’est ce qui me plait dans ce voyage : croiser des personnes de tous horizons. Chaque rencontre peut apporter quelque chose de différent. Pour moi, mon périple est une aventure humaine. »
Romain Desgrand



Merci pour cet excellent article qui exprime bien l’état d’esprit de mon périple
Et en plus on y mange bien ! Enfin une ville faite pour les gens qui y vivent et non faite pour les voitures !
Il y a juste une petite erreur que des lecteurs cyclistes auront peut être noté : mon tricycle n’a que 27 vitesses au lieu de 28 : 3 plateaux à l’avant et 9 pignons à l’arrière.
Je suis actuellement à San Francisco et un peu à la bourre dans mon planning initial mais ça ne fait rien. San Francisco est une ville à part aux USA, ici on trouve des piétons qui déambulent dans les rues, des transports en commun attractifs ( bus tram trolleys etc … ) et la ville a un charme que n’ont pas beaucoup d’autres villes américaines. Comme Vancouver, j’adore
Pierre.
Depuis Mai ou j’avais rencontré Pierre en train d’astiquer son drôle d’oiseau devant l’entrée de l’immeuble, je me demandais ou il en était. Bravo pour ce premier parcours et à bientôt. J’ai appris par des amis communs qu’il était au Guatémala, qu’il donne des nouvelles pour la suite.
Patrick