Parution du journal suspendue

Vendredi 10 février 2012

Prochaine publication papier

Vendredi 21 décembre 2012

Coureuse de l’extrême

Coureuse de l’extrême

Rien à voir avec l’argent, encore moins avec la célébrité. Mais tout à voir avec le dépassement de soi et de ses limites ! Rencontre avec Jen Lee Segger, ultra-marathonienne.

« Ultra » signifie « extrême », c’est- à-dire « au-delà de la normale, de ce qui est normalement attendu ». Les sports d’ultra-endurance ne se contentent pas de l’ordinaire. Dans ce genre de discipline, par exemple, on enchaînera 20 km de course à pied, 40 km de vélo, 15 km de ski de fond et 10 km de raquette… Ceci à une altitude de 10 000 pieds, question de rendre le tout encore plus époustouflant !

Juillet 2008. Jen Lee Segger participe au Badwater Ultramara-thon, la course de fond réputée pour être la plus difficile au monde. Le soleil déploie ses rayons avec force et surchauffe la route pavée qui apparaît anormalement longue ; le thermomètre marque 55°C. Le départ est donné au point le plus bas des États-Unis (85 mètres au-dessous du niveau de la mer). Sans s’arrêter, Segger passera la ligne d’arrivée 217 km plus loin, 32 heures et demie plus tard et après avoir parcouru quelque 2 400 mètres de dénivelé.

Une question vient immédiatement à l’esprit : pour quelles raisons s’impose-t-on pareille épreuve ? « Pour voir jusqu’où le corps humain peut aller », répond alors l’athlète de 28 ans, originaire de Squamish. Selon elle, à partir du moment où l’organisme est entraîné, il possède alors toutes les aptitudes requises pour faire face à un tel type d’effort.

À tous ceux qui se disent incapables de courir quelques centaines de kilomètres non-stop, Segger leur répond que la limite est d’abord et avant tout dans la tête. Un entraînement assidu et bien encadré conditionne le corps humain à l’endurance physique. À terme, la fréquence cardiaque diminuera et l’exercice deviendra beaucoup plus facile. Au niveau où elle en est rendue, Jen explique qu’« il faut être très fort mentalement et vouloir pousser la machine ».

Quant à la douleur qu’elle ressent au cours de l’épreuve physique, l’athlète détient un secret qu’elle consent toutefois à nous révéler : la « painbox » ! C’est là que Jen dit retenir toute la douleur physique et psychologique qu’elle éprouve pendant les courses de quelques centaines de kilomètres. Elle ne relâche alors le contenu de cette « boîte » qu’après avoir franchi la ligne d’arrivée. « Ceci est impératif », ajoute-t-elle.

Mais en quoi consiste cet entraînement miraculeux qui transforme une personne en une super-ultra-méga-athlète ? D’abord, réveil matinal à 5 h 30, afin d’entamer le premier entraînement quotidien d’une série de trois. Jen confie d’ailleurs ne s’octroyer qu’une journée de congé par semaine, à l’occasion… « Je déteste les temps morts », dit-elle pour se justifier.

Pour notre athlète, si l’entraînement consiste principalement à parcourir plusieurs kilomètres de course à pied, il n’est pas rare qu’elle y ajoute une période de musculation, de vélo ou de kayak, selon les compétitions auxquelles elle doit participer – ultra-marathons ou courses d’aventure. Jen nous explique que ce dernier type de course est en fait un raid multisport d’endurance qui se court en équipe et qui s’échelonne sur une période variant de six à douze jours. L’intensité de l’effort y est à son maximum !

La méthode d’entraînement à laquelle s’astreint Jen semble donner d’excellents résultats. Pas étonnant que l’athlète ait voulu partager sa recette gagnante. À travers le programme Challenge by Choice, qu’il en soit à ses débuts ou pratique cette discipline depuis de nombreuses années, tout coureur souhaitant développer son potentiel athlétique au maximum peut aujourd’hui tirer profit d’un suivi individualisé, encadré par nulle autre que la championne elle-même.

Course égalitaire

En plus d’avoir été, à 27 ans, la plus jeune participante au Badwater Ultramarathon, Jen y a terminé neuvième, position plus qu’honorable. La gazelle a donc dû doubler bien des guépards dans sa foulée ! « En ultra, il n’est pas rare de voir une femme franchir la ligne d’arrivée bonne première », explique-t-elle en souriant. Si la gente masculine obtient généralement les meilleurs résultats au niveau mondial pour les courses du 100 mètres, 800 mètres ou encore 5 000 mètres, les femmes combattent à armes égales dans les épreuves comme l’ultra-marathon, là où l’effort est moins intense mais beaucoup plus soutenu dans le temps.

Occupée par d’autres engagements, Jen ne courra pas à l’édition 2009 du Badwater, qui a lieu du 13 au 15 juillet. Elle ne compte cependant pas raccrocher sous peu : « Mes meilleures années sont à venir ! En ultra, les femmes atteignent leur plein potentiel entre 30 et 40 ans. » La Britanno-Colombienne possède la volonté et l’attitude qui s’y prêtent : il y a donc fort à parier que d’ici quelques années, elle remportera le titre de championne du monde.

Entre-temps, elle se consacre à une mission qui lui tient à cœur : faire connaître l’organisme à but non lucratif Impossible2Possible, dont elle est la porte-parole. Le mandat de I2P est d’organiser des voyages d’aventure éducatifs aux quatre coins du globe afin d’inspirer et de sensibiliser la jeune génération à la protection de notre planète et de ses habitants. Cette mission reste pour notre athlète une priorité de tous les instants.

Un parcours d’entraînement que Jen affectionne particulièrement est le tronçon Vancouver-Whistler de l’autoroute 99… Le paysage est pittoresque, et surtout les kilomètres s’enfilent et les dénivelés y abondent. Si vous la rencontrez en route, n’hésitez pas à lui faire vos salutations sportives !

Marie-Laurence Héon

Commentaire

*champs requis

L'Express se réserve le droit de publier ou non les commentaires

Photo une

LES PLUS LUS

    None Found

Rechercher

Tous droits réservés © L'Express du Pacifique - 227A-1555, 7th Avenue West, Vancouver BC V6J 1S1 - Tel: (604) 736-3734 - administration@lexpress.org - Réalisation: Graphem