Dans trois jours, Vancouver retrouvera son calme habituel. On oublierait presque que les compétitions continuent avec les Jeux paralympiques.
Andrea Holmes ne se déplace jamais sans sa prothèse qui lui permet de dévaler les pentes. La jeune skieuse de 28 ans, originaire de West Vancouver, ne manque pas une occasion de rappeler que les athlètes paralympiques sont aussi de la partie à Vancouver 2010. En tant qu’ambassadrice, elle intervient au nom des skieurs handicapés au moins huit fois par mois dans la province pour partager son histoire, parler d’objectifs à atteindre et dire au monde que « tout est possible ».
En 2007, l’athlète a troqué les sports d’été pour ceux d’hiver. Quatre fois championne paralympique au saut en longueur et trois fois championne de course à pied sur 100 mètres, Andrea a en effet participé aux Jeux d’Athènes en 2004 et endossé le rôle de porteur de flamme aux Jeux paralympiques de Pékin.
L’athlète est née avec une malformation du pied gauche, obligeant ses parents à prendre la décision difficile de l’amputer. Ils ont fait ce choix pour elle afin de lui permettre quand même d’exercer une vie active, grâce à une prothèse. Cela ne l’a en effet jamais empêchée de pratiquer un sport quel qu’il soit.
« Je skie depuis l’âge de trois ans, sur les pistes de Grouse Mountain, Mount Seymour et Whistler », se plaît-elle à raconter. Elle décide donc de tenter sa chance aux Jeux paralympiques de Vancouver. Il y a deux ans, elle a rejoint l’Association des skieurs handicapés de Colombie-Britannique (DSABC). « Building Our Best est une initiative née il y a six ans, financée par la société Legacies Now 2010 pour permettre de réduire le fossé entre la pratique amateur et le haut niveau, explique Sian Blyth, à la tête du programme. À ce jour, 60 athlètes y participent, dont 7 qui représenteront le Canada dans la discipline du ski alpin lors des Jeux. Mais les noms seront gardés secrets jusqu’au 8 mars », lance-t-elle avec un regard complice vers Andrea.
Les skieurs alpins se classent en trois catégories : athlètes aveugles et malvoyants, assis, et, enfin, debout. Andrea fera très certainement partie de la troisième, sa prothèse lui permettant de skier sur ses deux jambes. Vancouver prévoit la venue d’environ 1 350 athlètes paralympiques, représentant 40 pays. L’un des plus grands espoirs d’Andrea, en dehors d’une médaille ? « Que les médias s’intéressent enfin à nous… ».
Sophie de Kepper


