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Samedi 4 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Obama : la busherie

La situation internationale, économique et diplomatique, est de plus en plus dangereuse. D’autant plus que les dirigeants sont bien plus faibles que George W. Bush.

Obama est sur le point de s’empêtrer. L’Europe est faible et ne sait plus quoi inventer pour exister sur la scène internationale. La Russie fait un retour en arrière inquiétant en vénérant Staline. Quant au Canada, calme plat sur tous les fronts.

Les grandes puissances perdent de leur pouvoir. Il n’y a qu’à voir comment l’Iran les nargue actuellement dans les négociations sur le nucléaire. La Corée du Nord teste ses missiles sans que personne ne sourcille ou presque. L’Afghanistan est devenu un bourbier qualifié de plus en plus de nouveau Vietnam. Le processus de paix au Proche-Orient est au point mort. Seule l’Irak est un demi-succès, en voie de finalisation.

Nous avons quitté l’ère de l’action, celle des Kennedy ou des de Gaulle, pour passer à celle de la communication et de l’émotion*. On sait tout sur Bo, le chien d’Obama, mais le sourire ravageur de son maître, ainsi que sa voix à faire fondre un macho endurci, auront du mal à empêcher la Corée du Nord de s’amuser avec ses pétards ou l’Iran de mettre le feu à la région.

Concernant la crise économique, nous entrons dans une nouvelle phase. La plus dangereuse contrairement à ce que beaucoup pensent, car les causes n’ont pas disparu, loin de là. Les gouvernements ont éteint l’incendie financier en l’arrosant abondamment de liquide, ce qui était relativement facile. Maintenant, il faut prendre des décisions pas forcément très électorales et agir, notamment en réduisant les déficits et les dépenses d’État. Sous peine de ne pas entrevoir la fin du tunnel avant longtemps, le tout dans un contexte probable de conflits sociaux du fait de la montée fatale du chômage qui se profile. L’affaiblissement économique engendre inéluctablement une perte de puissance diplomatique.

L’enjeu est important. Les États-Unis resteront probablement la première puissance pour les 20 ou 30 prochaines années. Mais les pays émergents, comme on dit, commencent à donner de la voix, celle qu’on leur a concédée d’ailleurs, à tort ou à raison. Et il faut compter avec la Chine communiste.

La fermeté des dirigeants est souvent présente dans les paroles mais pas dans les actes. Côté européen, la voix est même un peu enrouée. L’Angleterre a perdu de sa superbe en même temps que Tony Blair. L’Italie ne fait la une que pour les frasques croustillantes de ses dirigeants. On se demande si le marasme ne va pas faire disparaître l’Espagne et l’Irlande tandis que la Belgique ne sait plus à quelle langue se vouer. L’Allemagne de Merkel est discrète et la France de Sarkozy empile les taxes. La meilleure façon pour l’Europe de jouer un rôle international est de s’opposer à la politique américaine ou de l’influencer. C’est ainsi que l’Union Européenne a repris à la volée l’invention du problème de climat, ce qui lui permet d’avoir un sujet sur lequel elle peut faire figure de meneuse et d’inspiratrice du monde.

Europe contre États-Unis

Reste l’idole Obama. Pour l’instant, c’est la politique de Bush sans les actes, quels qu’ils soient. Il a pourtant intérêt à se remuer, alors que les deux axes importants de sa politique intérieure, le climat et la santé, n’ont pas l’appui du peuple américain.

Bush, sous la pression, avait décidé de se retirer d’Irak trop tôt. Obama voudrait respecter le calendrier fixé avant son élection, mais ne le pourra probablement pas sous peine d’être accusé d’abandonner lâchement ce pays.

Il reprend également l’objectif de son prédécesseur de construire un « Afghanistan démocratique ». Mais il hésite, vraiment trop d’ailleurs. Et il va peut-être décider de freiner la chasse aux Talibans en envoyant paradoxalement plus de troupes militaires. Pour la protection civile et la reconstruction. À la canadienne, quoi. Mais en reculant devant le combat, ne va-t-il pas échouer là où Bush a presque réussi en Irak ?

Malheureusement, les Européens, car il s’agit bien d’eux, viennent de dynamiter, si j’ose dire, le socle de liberté d’action du président des États-Unis en lui attribuant le Prix Nobel de la Paix pour des actes non accomplis. Il s’agit là d’une ingérence grave et intolérable de l’Europe dans la politique américaine. C’est la deuxième fois en deux ans après l’attribution inadmissible du même prix à Al Gore.

Obama. Déjà béatifié par certains. Au premier signe positif dans le monde, c’est sûr, il obtient la canonisation.

Saint-Barack, protège-nous.

Thierry Barbier

* Voir article du 3 août 2009.

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