Mais ne l’interdisons pas
Burqa et niqab. La France vient de franchir une étape décisive pour faire passer une loi plus restrictive que celle votée sans bruit au Québec. Le débat houleux en Europe n’a pas lieu au Canada. Il devrait pourtant. Les trois sujets débattus sont la religion, la dignité de la femme et, enfin, la sécurité. Pour moi, un autre prime, la liberté. Les modes de vie différents sont de moins en moins acceptés.
Je n’entrerai pas dans la discussion sur la liberté de religion. C’est ce qui a probablement poussé Obama à critiquer la France par deux fois, d’abord lors de l’interdiction du voile à l’école, puis maintenant que la loi va l’interdire dans la rue. Le voile, burqa, niqab ou nihab, n’est qu’une interprétation libre de l’Islam, non partagée par tous les musulmans et différente selon les pays. C’est donc plus un problème de culture que de religion.
Le deuxième sexe
La différence culturelle est déjà perceptible dans la notion de dignité de la femme. Des peuples jugent certainement indigne de voir des filles le nombril à l’air dans nos villes occidentales.
J’estime l’argumentation féministe sur le sort des femmes portant la burqa totalement déplacée. Que vont devenir celles qui sont forcées ou qui tiennent, par conviction profonde, à porter le voile ? Elles vont rester cloîtrées chez elles. Belle avancée pour la condition féminine.
Nos législateurs occidentaux ne manquent pas d’air d’invoquer la défense de la femme pour interdire le voile tout en essayant constamment de faire passer des lois pour instaurer des quotas de femmes un peu partout, comme pour le bœuf ou le fromage.
Naturellement, cette amie fidèle de tous les totalitarismes, la raison sécuritaire, s’est immiscée dans le débat.
Ne nous voilons pas la face. C’est un prétexte, ou alors il faut interdire aux motards de porter un casque intégral. En fait, bien avant que l’on ne parle de cette loi, il était quand même difficile d’entrer dans une banque le visage couvert, façon Dalton, ou de passer l’immigration à la frontière en portant un masque, même de Blanche-Neige.
L’argument de la tenue correcte et d’avoir le visage découvert par respect des autres ne tient pas non plus. On n’a jamais eu besoin de promulguer de loi interdisant aux employés recevant du public de le faire en pyjama. Un règlement intérieur dans chaque établissement public, rappelant le simple bon sens de l’apparence pour servir des clients, aurait largement suffi au Québec et n’aurait choqué personne.
Orwell
Dites juste que c’est contre l’asservissement des femmes et hop ! La population est pour. C’est avec ce type de raisonnement que l’on finit par enfermer les autres dans des camps.
Je suis donc fermement contre l’interdiction. Et contre le port de la burqa. Il me gène, mais je le tolère. C’est bien ça la définition de la société, non?
En outre, les musulmans n’ont pas besoin, une fois de plus, qu’on les montre du doigt, après les avoir assimilés, par ignorance, à l’islamisme radical après le 11 septembre 2001.
Étant donné le nombre ridicule de personnes concernées par la burqa ou le niqab, les défenseurs de l’interdiction prennent la faiblesse des chiffres comme argument pour empêcher la propagation du phénomène. Ils obtiendront l’effet inverse. Interdisons le port de T-shirts figurant Che Guevara et vous allez voir le résultat.
Les Canadiens ont l’air d’être majoritairement pour l’interdiction. Je parle de la burqa, pas du Che, hélas !
Le Canada renverse la vapeur. On passe du dogme de l’intégration des immigrés à leur assimilation. Le principe, longtemps prôné, de la diversité qui ferait la richesse du pays bat de l’aile. Le risque de développement des communautés est trop grand et la différence culturelle fait peur. D’où l’absence de débat dans le pays et particulièrement au Québec. Le leurre du multiculturalisme a fait long feu.
Ah, les élections !
Pendant des années, le mot « Noël » était banni ici pour cause de religion apparente mais on autorise les Sikhs à porter des turbans dans la police et la Cour Suprême a autorisé un jeune de la même religion à porter son poignard sur lui à l’école. C’est le paradoxe d’un pays qui cherche son identité. Un village québécois a même voulu interdire la lapidation des femmes en plus du voile. Mesure électoraliste ou protection des valeurs traditionnelles par peur des autres ? Ridicule en tous cas.
La politique. C’est bien la raison, à peine voilée si j’ose dire, du vote parlementaire français. Sarkozy a vraiment besoin de voix.
Le Québec et la France viennent de faire un pas de plus dans l’intolérance. Et vers le totalitarisme. ■
Thierry Barbier



Et si les autochtones demandaient l’accomodement raisonnable de pouvoir torturer ou scalper les missionnaires (témoins de jéhova,mormons,musulmans,anglicans,catholiques ou autres) qui les solicitent à croire à leur seul vrai dieu? Sûr que le soliciteur qui voit les marques de brûlures têtes de haches dans son miroir en faisant sa toilette du matin serait moins insistant. À moins qu’il y voit une occasion de se donner le rôle du martyr. Un peu de bon sens les bien-pensants ! S.V.P.