Devenir une économie verte n’est pas un sacrifice mais une opportunité à saisir. La nouvelle administration américaine semble enfin prendre en compte le changement climatique, mais le Canada reste encore à la traîne.
C’est bien connu : Le Canada et les États-Unis ne sont pas les sociétés les plus avancées en ce qui concerne le développement durable et l’économie verte. Certains des facteurs qui contribuent à cette situation sont hors de notre contrôle (les hivers froids), d’autres prennent du temps à changer (la taille des villes) et certains peuvent être modifiés relativement rapidement (l’efficacité des voitures). Les changements qui doivent être apportés amènent certains sacrifices, de nouvelles habitudes à prendre mais aussi des opportunités remarquables. L’économie verte, une économie à faible émission de gaz à effet de serre, est également une affaire de gros sous avec des rendements potentiels importants.
Le Canada a manqué de nombreuses occasions d’être sur le devant de la scène et de développer un savoir-faire unique. Par exemple, l’entreprise Zenn, basée au Québec, fabrique des voitures électriques. Au lieu d’avoir le soutien de nos gouvernements, les voitures Zenn sont restées longtemps interdites au pays car elles sont trop lentes ! Au lieu de les autoriser en ville, les autorités canadiennes ont simplement interdit la voiture. La Colombie-Britannique a récemment « légalisé » de manière adaptée les voitures Zenn en créant une nouvelle classe de véhicules qui peuvent être utilisés partout sauf sur les autoroutes. Voilà, pas sorcier !
Basée à Waterloo en Ontario, Arise Technologies est une entreprise spécialisée dans le domaine des cellules photoélectriques. Afin de financer ses recherches, elle eut l’idée de vendre l’énergie produite par son prototype. Mais après des mois de tergiversations, l’entreprise n’arriva pas à faire comprendre sa situation unique à Hydro One, chargée de la production et de la fourniture d’électricité dans la province. Quand Arise Technologies songeait sérieusement à fermer ses portes, des investisseurs allemands se sont montrés intéressés à financer leurs recherches : après plusieurs années de développement, l’entreprise a ouvert en 2006 sa première usine de production de cellules photoélectriques… en Allemagne.
La différence entre le Canada et l’Allemagne ? Les gouvernements allemands successifs (de gauche comme de droite) ont compris l’importance de l’économie verte et des efforts ont été faits en termes de recherche, de ressources et de structures bureaucratiques. Résultat : alors que la production de gaz à effet de serre au Canada a augmenté de 27 % depuis 1990, l’Allemagne l’a diminué de 18 % ! Ce pays a su prendre le virage de l’économie verte avec les énormes avantages, non seulement en amélioration de la qualité de vie, mais également en opportunités économiques remarquables. Aujourd’hui, plus de 5 % de son PIB provient des activités reliées à l’économie verte.
Le Canada et les États-Unis en retard
Le Canada et les États-Unis sont vraiment à la traîne dans ce domaine. Mais depuis le 20 janvier 2009 et l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, le Canada est devenu la risée de la communauté internationale. Maintenant que la nouvelle administration américaine prend au sérieux la question du changement climatique, le Canada reste le seul pays du G7 à ne pas prendre d’importantes mesures afin de combattre le réchauffement planétaire.
Barack Obama a mis sur pied des projets ambitieux pour développer l’économie de demain. Les États-Unis vont investir 8 milliards afin de créer un réseau national de TGV (Train à grande vitesse). Il est prévu que le projet californien soit en vigueur en 2018. Le président américain a également annoncé des mesures anti-pollutions plus strictes pour les automobiles, qui devront être 30 % moins polluantes d’ici 2016. Son secrétaire à l’énergie, Steven Chu, est un récipiendaire du prix Nobel de physique qui est très respecté par les milieux environnementaux et industriels.
Le gouvernement canadien quant à lui, ne comprend pas que transformer son économie en une économie moins polluante n’est pas un sacrifice mais surtout une opportunité. Mais il n’est jamais trop tard pour bien agir. Même les pays ayant réduit leur émission de gaz carbonique n’ont pas encore atteint des niveaux qui permettent de maintenir leur productivité économique sur le long terme : il reste d’énormes progrès à faire et donc d’énormes opportunités à saisir.
Le Canada doit prendre le virage vers l’économie verte et le gouvernement doit réaliser les investissements nécessaires pour aller dans cette direction. Je suis convaincu que la population est prête à changer ses habitudes afin d’améliorer notre qualité de vie et notre environnement. Il ne reste plus qu’à élire des responsables qui sont prêts à prendre les initiatives nécessaires.
Frédéric Van Caenegem


