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Vendredi 24 mai 2013

La question environnementale, version Hollywood

La question environnementale, version Hollywood

Le cinéma hollywoodien en dit beaucoup sur notre vision du monde… ou plutôt de fin du monde. Les scénarios récurrents de l’Apocalypse montrent des images de destruction que l’on pourrait prendre pour des prédictions pessimistes.

Une nouvelle année de superproductions débute avec ses explosions, ses budgets astronomiques et ses effets spéciaux à en perdre la tête. Dans beaucoup de longs métrages, l’Apocalypse a lieu bien avant le début du film. C’est le cas dans WALL-E, d’Andrew Stanton (2008), où la terre est devenue une décharge dépourvue de toute vie. Dans Waterworld également de Kevin Reynolds (1995), la planète est recouverte d’eau suite à la fonte des pôles. Tandis que les humains deviennent une source d’énergie consommée par des machines dans The Matrix des frères Wachowski en 1999.

Il se trouve que ces dernières années, la fin du monde se déroule directement sous nos yeux. En 2004, Roland Emmerich dépeint le changement soudain du climat entraînant la destruction d’une bonne partie de la planète dans The Day After Tomorrow. Scénario plus ou moins répété l’année dernière dans son film 2012, qui nous fait part d’un bien curieux présage. Quant à Spok, l’un des protagonistes de Star Trek de J. J. Abrams en 2009, il voit sa planète exploser sous ses yeux, alors que dans Terminator Salvation, de McG, les humains deviennent esclaves de machines dans un avenir métallique et enflammé.

L’idée que l’humanité, telle que nous la connaissons, cessera d’exister reste un scénario de choix pour le cinéma américain. Nos héros sont victimes de drames planétaires qui viennent changer le cours de leur vie paisible : ceux qui ne s’adapteront pas périront. Un discours qui ressemble étrangement à celui sur l’environnement.

À quoi pensez-vous quand on parle d’un « krach environnemental » ? Au monde en perdition de Terminator Salvation ? À la fin de nos habitudes de consommation ? Ou encore à Port-au-Prince dévasté par le tremblement de terre ? Si on ne croit que ce que l’on voit, les images de la télévision, de la presse, et surtout du cinéma trompent notre manière de percevoir le drame tant redouté.

On reproche souvent aux environnementalistes d’être alarmistes. La dramatisation a en effet été utilisée au début du mouvement dans les années 1970, surtout lors des grands débats sur les limites de nos ressources naturelles. On a voulu souligner le côté imminent du choc environnemental, sans trop de résultats 40 ans après. Le manque d’explosions ou d’effets spéciaux a rendu le discours plus ennuyeux qu’autre chose.

De plus, les dégâts environnementaux restent abstraits, leurs effets s’accumulent souvent de manière très complexe et sur le long terme : détérioration de la qualité de l’eau dans nos rivières et océans, disparition des espèces menacées, dégradation de la qualité de l’air. Les images d’arbres coupés en Amazonie ou de glaciers en train de fondre ne prouvent absolument rien à elles seules. Il n’y a aucune manière explicite d’illustrer les effets néfastes sur l’environnement… sauf l’irréalisme de The Day after Tomorrow, où les habitants de New York sont pourchassés par des loups affamés suite au refroidissement spectaculaire de l’hémisphère nord.

D’après Hollywood, que nous finissions esclaves de la technologie ou disparaissions comme les dinosaures, la terre, elle, survivra. À moins que la planète n’explose comme celle de Spok. Toutefois, beaucoup de scénarios ont un point commun : l’humanité toute entière joue le rôle de victime dans ces tragédies.

Mais voilà que surgit Avatar, de James Cameron, avec une toute autre histoire : celle d’un marine américain transformé en Na’vi, habitant de la planète Pandora. Les autochtones de ce monde mystérieux vivent une relation étroite et magique avec les forces de la nature. Contrairement aux autres films, les humains d’Avatar ne sont plus les victimes, mais les acteurs de la destruction. Le cinéma américain serait-il en train de changer de discours ? Reste à voir les images hollywoodiennes de cette année pour confirmer ce message.■

Michael Lathuillière

2 commentaires pour “La question environnementale, version Hollywood”

  1. GzFGSWuyjxq

    dit : J’aime bien, tre8s pro.Je n’aime pas le fait que j’ai l’impression de pouvoir cluqier sur le lien et toute la zone au-dessus de lui (symbolise9e par le pointille9 dans la barre de nav) avant de re9aliser que seul le texte est cliquable.Loi de Fitts et tout e7a.Mais sinon, chouette. Vous avez du talent, les copaings.

    • yonlikFjaqubb

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