Jusqu’à l’été dernier, le Vancouver School Board (VSB) offrait des cours d’astrologie dans son programme de formation permanente. Présentée comme une science, elle permettrait de connaître son caractère, de découvrir ses talents et capacités, grâce à l’influence des rythmes planétaires sur la personnalité humaine. Sommes-nous soumis à un destin astral ? Vaste question !
Qui n’a pas jeté un œil sur son horoscope au hasard d’un magazine ? En général, on y trouve des conseils vagues, agréables et passe-partout pour la vie de tous les jours. Il faut reconnaître que la tâche est immense. Comment déterminer la personnalité de quiconque par la seule vertu de l’interprétation des positions planétaires au moment de sa naissance ? Car telle est l’hypothèse fondamentale de l’astrologie occidentale, élaborée au Moyen-Orient il y a plus de 3 000 ans.
À l’origine, astronomie et astrologie étaient confondues et pratiquées par les mêmes érudits. Au cours de la Renaissance, les deux disciplines sont différenciées. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle, époque des Lumières, que l’astrologie sera définitivement classée au rang de superstition par les scientifiques.
De nos jours, la question suscite toujours la polémique. Tous les tests des astrologues confirmant leur spécialité ont été ré-analysés par les scientifiques. Et tous ont été rejetés par ces derniers, en général par manque de rigueur méthodologique. Pour que l’astrologie accède au statut de science, il y a un autre point : par quel processus les planètes agiraient-elles sur notre personnalité ? Après 3 000 ans, les astrologues n’ont apporté aucune réponse sérieuse à cette question.
Un test pour confondre les astrologues
Cette situation a conduit Shawn Carlson, de l’université de Berkeley, à mettre sur pied une expérience originale, sans doute la plus importante en la matière. Tous les aspects en ont été discutés et acceptés par les scientifiques et astrologues participant, réputés et patronnés par le National Council for Geocosmic Research, organisation faisant autorité dans le monde astrologique.
200 adultes volontaires ont été recrutés par petites annonces. Les astrologues disposaient de leurs dates et lieux de naissance afin d’établir leurs horoscopes. Les volontaires ont ensuite passé un examen de personnalité, le Californian Personality Inventory (CPI), qui leur demandait de répondre à une série de questions. Le défi pour les astrologues était de faire concorder les tests de personnalité avec les horoscopes qu’ils avaient réalisés. Les résultats, publiés dans la revue Nature en 1985, sont sans appel : un tiers de bonnes réponses, ce qui correspond à la loi du hasard. Les astrologues prévoyaient au moins 50 % de bonnes réponses. Ce résultat, qui n’a d’ailleurs pas été réfuté, prouve l’échec de l’astrologie de naissance.
Le public a souvent interrogé les astronomes et astrophysiciens au sujet de l’astrologie. Leur position est bien résumée par Hubert Reeves : « Avons-nous des preuves crédibles de l’influence des planètes sur notre comportement ? Je n’en connais aucune. Si j’en découvre, je suis prêt à changer d’avis. » Autres professionnels concernés : les psychologues, dont la formation universitaire ne comporte pas d’astrologie ; les avocats également, qui n’ont jamais recours à un astrologue pour trouver une excuse astrale à leurs clients.
Des cours pour grand public
Il y a quelques mois, j’ai fait part de mon étonnement, auprès de Madame Patti Bacchus, présidente du Conseil du VSB, de voir cette organisation publique offrir des cours d’astrologie. J’y joignais l’article de Nature et le manifeste de 186 scientifiques, comportant 16 Prix Nobel, condamnant l’astrologie. Madame Bacchus explique que « ces cours offrent aux étudiants l’opportunité de développer leur savoir, sans crédit académique ni équivalence ; que le programme d’éducation permanente reflète l’intérêt et la demande de la communauté ». Cette réponse pose un problème grave : comment peut-on construire un savoir à partir de ce qui ne résiste pas à l’analyse rigoureuse ? Le VSB, organisation publique, a-t-il pour mission d’éduquer, c’est-à-dire de développer les facultés intellectuelles de ses étudiants, ou de les abuser ? L’absence de crédit académique ne saurait être une excuse. Ne donner que le point de vue des astrologues, alors que l’on est en droit d’espérer que les responsables du VSB savent qu’il y a une polémique autour de l’astrologie, est inquiétant.
Des enquêtes socio-psychologiques montrent qu’environ 30 % de Nord-Américains, ou de Français, accordent du crédit à cette discipline. Comment expliquer ce phénomène ? Certains y voient le besoin d’une connexion avec l’univers. Mais il y a autre chose. Dans l’article de Nature, un autre test a été réalisé. On a demandé aux volontaires de reconnaître leur CPI parmi trois : on a obtenu un tiers de bonnes réponses. Là encore, cela correspond au hasard. Ceci montre qu’en général, les gens ne connaissent pas leur personnalité, observation également faite par les psychologues. Cela permet de comprendre aussi comment une personne peut être convaincue par le discours pseudo-scientifique d’un astrologue habile, se présentant comme un expert.
D’autre part, l’offre astrologique est abondante, agressive. Il suffit de visiter les nombreux sites sur le Web ; de constater que les astrologues s’incrustent et utilisent l’image de probité des organisations publiques à des fins mercantiles ; ou reniflent un nouveau marché, comme ces cours intitulés « Astrologie pour mamans et papas : apprenez comment les signes du Zodiac influencent la personnalité et les capacités de votre enfant […]. Découvrez les talents et aptitudes de votre enfant d’après leur thème astral. »
À l’automne 2008, le VSB offrait six cours d’astrologie différents. Aucun n’est programmé à l’automne 2009. D’après David Wirr, chargé de communication, il ne faut y voir qu’un concours de circonstances et non un changement de politique par rapport à ce type de cours.
Daniel Hubert



La Fédération des Astrologues Francophones vient de prendre connaissance de la plaidoirie anti-astrologique de Monsieur Daniel Hubert. C’est en tant que président de cette Fédération que j’interviens pour marquer mon indignation.
Nous sommes habitués en France à ce genre de démonstration ultra-rationaliste. Je veux bien admettre que Daniel Hubert et ses amis aient – au vu des ridicules horoscopes et des dérives prédictives – quelques excuses. De là à se croire autoriser à demander la suppression d’un cours d’astrologie dans un programme d’Education Permanente, il faut quand même le faire ! Comment peut-on au XXI ème siècle affirmer qu’il n’y a qu’une façon de penser ? Les rationalistes n’ont pas le monopole du savoir. Toute l’histoire des sciences montre que les grandes innovations sont nées de processus de réflexion non rationnelles relevant du cerveau droit, ce même cerveau qui permet à des hommes et des femmes de bon sens de « penser par analogie ». C’est, ni plus ni moins, ce que font les astrologues en émettant l’hypothèse d’une solidarité entre l’homme et l’univers. C’est du moins l’objet d’étude de cette discipline à la frontière des sciences humaines. Pas de honte à cela et rien qui mérite l’exclusion d’un programme de formation permanente.
Monsieur Hubert devrait savoir que l’astrologie reprend tout doucement sa place dans les circuits universitaires, c’est le cas en Angleterre à Bat Spa ou l’on peut préparer un Master en Astronomie Culturelle (appellation très contrôlée pour ne pas déclencher des allergies de la gente rationaliste) et à Seattle avec le Kepler College qui délivre des diplômes officiels depuis plusieurs années.
En France nous avons gardé les stigmates des Lumières et notre discipline est plutôt tenue à l’écart du savoir officiel mais cela n’empêche pas certains chercheurs audacieux de traiter du sujet avec des thèses universitaires diverses en faculté de médecine, en histoire, en philosophie, en sociologie, etc. Nous tenons à la disposition de Mr Hubert une liste d’une trentaine de travaux récents de 3 ème cycle universitaire.
Notre Fédération est consciente des dérapages du milieu astrologique. Elle s’efforce, depuis bientôt 14 ans, de réformer la discipline de fond en comble en proscrivant les délires prédictifs et les fantaisies horoscopiques. Nous avons encore beaucoup de travail à faire, nous en sommes conscients mais ce n’est pas une raison pour que des « sceptiques » bafouent, avec mépris et beaucoup d’arguments désuets, une discipline qui a plusieurs milliers d’années d’histoire.
Ressortir l’expérience de Shawn Carlson pour invalider l’astrologie c’est vraiment faire preuve d’une méconnaissance totale de la question. Quand est ce que les scientifiques « durs » comprendront que l’astrologie parle plus de la structure de la personnalité (avec tout ce que cela suppose de croisements inné/acquis) que des caractères. Le Californian Personality Inventory n’est pas un test projectif et monsieur Hubert n’a sans doute pas prêté attention à cette subtile question : quelle est la nature de l’information astrologique ? N’est elle pas essentiellement structurale ? La réponse à cette interrogation permettrait peut-être à l’auteur de l’article de comprendre pourquoi Monsieur Levi Strauss, un des plus grands scientifiques du monde contemporain, n’avait pas honte, lui, de s’intéresser à notre discipline.
Pour l’heure nous apportons, de loin en France, notre soutien à Mme Patti Bacchus, présidente du Conseil du Vancouver School Board. Nous ne la connaissons pas mais nous saluons son initiative audacieuse. La responsable du VSB n’a sûrement pas souhaité introduire le loup dans la bergerie du savoir. Bien au contraire, elle a probablement voulu le faire évoluer en rétablissant les connexions cerveau gauche / cerveau droit. Pas de quoi crier au scandale !
Alain de Chivré
Président de la Fédération Des Astrologues Francophones
alaindechivre@cegetel.net
http://www.fdaf.org
Saturne en maison IV intcie e0 devenir responsable de votre propre se9curite9 mate9rielle et inte9rieur. Il est important avec cette configuration d’eatre le maeetre chez vous, d’eatre inte8gre et auto suffisante dans ce qui concerne votre foyer, votre se9curite9 mate9rielle.Vous aurez sans doute tendance e0 vous mettre sous la protection de quelqu’un si vous n’avez pas encore la confiance en votre propre autonomie et autorite9. Ce faisant, vous risquez de vous sentir prisonnier ou bloque9 par une autorite9. Votre e9volution vous demande d’exercer votre responsabilite9 et d’eatre le seul re9fe9rent et la seule autorite9 concernant votre foyer, votre protection physique, votre home.