Parution du journal suspendue

Vendredi 10 février 2012

Prochaine publication papier

Vendredi 21 décembre 2012

CBC sélectionne des chansons en français !

CBC sélectionne des chansons en français !

Un concours à la radio anglophone de CBC, visant à déterminer les 49 meilleures chansons canadiennes, vient de sélectionner 11 « chansons gagnantes » francophones. Peu importe votre angle d’analyse, cela est une excellente nouvelle pour l’avenir du bilinguisme canadien !

Le récent concours Obama’s Playlist invitait les auditeurs de CBC Radio 2 à voter pour une liste de « 49 chansons au nord du 49e parallèle ». Ainsi, cette liste est destinée au nouveau président américain Barack Obama afin qu’il connaisse et comprenne mieux notre pays. Les chansons gagnantes ont été révélées le 20 janvier dernier. Il s’agit d’un tour de force révélateur du potentiel de la culture canadienne.

Mis à part les célébrations annuelles de la Fête du Canada sur la Colline parlementaire, il est difficile de trouver un autre exemple d’un événement incarnant si bien l’esprit du bilinguisme. En effet, il y a quatre ans seulement, la radio de CBC organisait un concours similaire intitulé 50 Tracks dans lequel le public n’avait sélectionné qu’une seule chanson francophone – Mon pays, de Gilles Vigneault.

À quoi peut-on donc attribuer cette prise de conscience soudaine des Canadiens que leur réalité culturelle pouvait inclure la francophonie ? Certes, j’avoue avoir entendu des animateurs à Radio-Canada encourager les auditeurs à voter, ce qui suggère que des francophones ont contribué à influencer ce résultat. Mais je dis « tant mieux » s’il y a autant de francophones qui s’intéressent à légitimer un tel symbole du Canada.

Pourtant, se peut-il vraiment qu’autant de Canadiens de langue française aient participé à un concours offert par une chaîne de radio anglophone ? Ou, également peu probable, qu’autant de Canadiens anglophones aient voté pour des chansons en français ? Il est vrai que le concours permettait aux intéressés de voter « autant de fois que les règles le permettent » : il est donc possible que certains auditeurs particulièrement enthousiastes aient biaisé les résultats. Or, cela démontrerait quand même un élément de notre culture de soutien au bilinguisme.

Il est intéressant de noter que 11 chansons sur 49 reflète à peu près la proportion des Canadiens francophones par rapport aux autres. D’ailleurs, des 100 chansons « figurant en tête de liste » la semaine précédente, et parmi lesquelles les auditeurs ont dû choisir les 49 meilleures, 22 étaient déjà francophones : une proportion similaire. Les dirigeants du concours sont peut-être intervenus à chaque étape pour s’assurer qu’il y avait une représentation française « équitable ».

Pourtant, même une telle ingérence ne serait pas une si mauvaise chose. En effet, il est possible que la CBC tente de se racheter aux yeux des Franco-Canadiens. En mars 2008, sa télévision a essuyé des critiques pour avoir supprimé la diffusion de spectacles d’artistes francophones : ces artistes venaient d’être admis, aux côtés de compatriotes anglophones, au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, mais l’émission spéciale du gala ne comprenait que les chanteurs anglophones. Il est donc temps que notre diffuseur public s’organise pour réfléter structurellement, tel qu’il est chargé de le faire, la réalité culturelle entière du pays !

Comment intéresser les anglophones ?

J’ai souvent dit que l’unité du pays serait renforcée si les anglophones connaissaient mieux les produits culturels québécois. Il reste du chemin à faire dans ce domaine. Par exemple, le film Bon cop, bad cop de 2006 a récolté un box-office national de près de 11 millions $, selon Radio-Canada, «le plus grand succès commercial de l’histoire du cinéma québécois ». Pourtant, bien que le film soit bilingue, il n’a récolté qu’environ 10 % de ce montant dans les cinémas hors-Québec.

Mais si les anglophones ne s’intéressent pas aux produits culturels du Québec, cela est-il la faute des individus ou bien des institutions et des entreprises qui semblent tout faire pour cacher l’existence de ces produits ? L’an passé, dans cette chronique, j’ai dénoncé le gala annuel des prix Juno, pour la musique canadienne, pour le peu de place qu’il fait aux artistes francophones. La décision des juges, d’accorder la quasi-totalité des prix à des artistes anglophones, ne reflète certainement pas une qualité supérieure chez ces derniers.

Donc, Obama’s Playlist vaut d’autant plus la peine d’être soulignée puisque les chansons choisies, en anglais et en français, sont des chansons de qualité : des classiques ainsi que des succès récents. Je trouve encourageant de voir une telle représentation mise à la portée du grand public canadien anglophone et j’espère que j’aurai l’occasion d’en citer d’autres exemples à l’avenir. ■

Luke Mayba

Commentaire

*champs requis

L'Express se réserve le droit de publier ou non les commentaires

Photo une

LES PLUS LUS

    None Found

Rechercher

Tous droits réservés © L'Express du Pacifique - 227A-1555, 7th Avenue West, Vancouver BC V6J 1S1 - Tel: (604) 736-3734 - administration@lexpress.org - Réalisation: Graphem