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Samedi 4 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Ça va mal

Ça va mal

Vous entendez sûrement un peu partout dire qu’il y a une reprise économique. Vraiment ? Au contraire, je me demande si on ne va pas écoper de 20 ans de marasme.

Petit retour en arrière. Encouragées par les mesures gouvernementales, les banques prêtent à n’importe qui n’importe comment. À tous les coups l’on gagne et une bulle se forme. Les prix n’ont plus qu’un lointain rapport avec la valeur réelle. La spéculation va bon train, tout le monde va devenir riche. Quelques fissures, un retournement et patatras. Crise financière. Intervention des États. Crise économique.

2008 ? Non, c’était en 1929. Remplacez simplement l’immobilier par les actions cotées en bourse. Blocage identique des crédits. C’est également aux États-Unis que tout avait commencé, moins violemment d’ailleurs. Là s’arrête le parallèle car nous n’en sommes aujourd’hui qu’à la phase s’apparentant à 1932. Et nous n’avons rien appris. Le contexte était-il différent ? Pas vraiment. La mondialisation des capitaux était alors due aux prêts massifs que les États-Unis avaient accordés à l’Allemagne, sur fond d’Europe très faible économiquement depuis des années. Le président Hoover a ensuite rapatrié tous les capitaux d’Allemagne pour pallier au manque de fonds, suivi par l’Angleterre et enfin la France, probablement par vengeance.

L’économie européenne s’effondre, les extrêmes montent et font place au nazisme. Les États-Unis échappent de peu à une dictature. Le New Deal de Roosevelt met l’économie sous perfusion jusqu’en 1937 mais l’arrêt des subventions provoque alors une nouvelle dépression et c’est la Seconde Guerre mondiale qui sauve le pays par le lancement de l’armement.

Et le Canada ?

Quand on parle de reprise aujourd’hui, ne serait-ce pas une reprise à la japonaise ? Ne va-t-on pas répéter les erreurs qu’ils ont commises en 1991 ? Ils ne s’en sont toujours pas sortis. Mettons le parti Libéral au pouvoir au Canada et c’en est fait du pays. Hausse des impôts et sauce verte enterreront l’exemplarité que le monde nous envie. C’est surtout grâce au Canada que la taxe bancaire mondiale est mort-née. Cette proposition initiée par des États, notamment la France, qui veulent « moraliser le capitalisme » vise plutôt à se rapprocher d’un système socialiste-communiste.

Remercions au passage nos anciens dirigeants qui ont toujours su maîtriser le système bancaire canadien en le rendant indépendant de l’étranger. Notre relative protection de la crise financière vient de là. Mais n’oublions pas que les Canadiens vivent largement au-dessus de leurs moyens. C’est quoi cette manie d’acheter des maisons ou des appartements quand on n’a pas un sou devant soi ? L’immobilier est toujours surévalué et les dettes des ménages sont loin d’être réglées. Le Canada renoue avec les déficits. La Colombie-Britannique aussi et on peut déjà augurer un avenir sombre pour la province puisque nous sommes constamment gratifiés de nouveaux impôts, entre la taxe carbone et la HST (TVH). Le seul but est de remplir les caisses et le catastrophisme environnemental trouve une raison d’exister.

L’Euro plutôt en forme

Il est frappant de constater la similitude du déclenchement de la crise grecque avec celle des subprime aux États-Unis. Des comptes truqués pour cacher la réalité. Le manque de confiance qui s’ensuit est ce qui peut arriver de pire dans notre système économique et financier. Le Portugal, l’Espagne, l’Irlande puis l’Angleterre, l’Italie et la France sont en ligne de mire. La solidarité européenne, qui n’a en fait jamais vu le jour, n’est plus qu’une expression. Les Allemands font bande à part, réticents à prêter à un pays, la Grèce, qui ne remboursera jamais. La France, elle, n’hésite pas. Ne croyez pas que c’est du bon sentiment, c’est surtout que ses banques sont les plus exposées et le gouvernement tient à les préserver.

Ce qui se passe en Europe est extrêmement grave. Et on nous parle de crise de l’Euro ! Pour noyer le poisson ? La monnaie européenne est à un niveau d’échange avec le dollar étonnamment normal, dans la moyenne des 50 dernières années. Elle peut même encore chuter de moitié. Il n’y a donc pas de crise monétaire. Pourquoi s’ingénier à l’inventer ? Si on veut parler de l’Euro, disons qu’il est plutôt un handicap. Il empêche par exemple la Grèce de dévaluer. Le mandat de la Banque centrale européenne, d’après son président, est uniquement de maîtriser l’inflation en agissant sur les taux d’intérêts. Je pense que c’est une erreur. Le Canada, avec une marge de manœuvre plus large il est vrai, remonte les taux en s’appuyant sur les mêmes arguments. Quant à la croissance de la Chine, on peut parler plutôt de risque que de reprise. De nouvelles bulles menacent de se former.

On assiste, du coup, à un véritable retour de l’interventionnisme d’État. Je préférerais que les gouvernements réduisent leurs dépenses et incitent à l’investissement plutôt que de subventionner à tout-va et d’augmenter les impôts et les taxes. Le vrai danger est là.

La population doit également réduire son train de vie. Les Grecs ne l’acceptent pas et Cameron prépare le terrain pour les Britanniques. C’est là que ça va coincer. ■

Thierry Barbier

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