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	<title>L&#039;Express du Pacifique</title>
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	<description>Votre Journal Francophone de Colombie-Britannique</description>
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		<title>Des soubrettes au café</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Sep 2010 16:30:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[À Richmond, le Magnetic Café ouvert depuis le 1er juillet s’inspire du concept des restaurants cosplay japonais. Le principe : les jeunes serveuses portent des costumes fantaisistes inspirés des personnages de mangas. Cette nouvelle version reste bien éloignée de l’idée originale, beaucoup plus affriolante.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À Richmond, le Magnetic Café ouvert depuis le 1er juillet s’inspire du concept des restaurants cosplay japonais. Le principe : les jeunes serveuses portent des costumes fantaisistes inspirés des personnages de mangas. Cette nouvelle version reste bien éloignée de l’idée originale, beaucoup plus affriolante.</strong></p>
<p>Une soirée d’août à Richmond. Une fois la porte du Magnetic Café franchie, une jeune fille d’origine asiatique vous accueille avec un large sourire. <br />
 Mini-jupe bleu marine, chemisier blanc et petit chapeau sur la tête, son accoutrement s’apparente à celui d’une hôtesse de l’air. Un brin surprenant si l’on n’est pas averti. Il ne s’agit pas d’un bal masqué et nous sommes bien dans un restaurant. Ici, les serveuses âgées de 16 à 22 ans portent chaque jour des costumes fantaisistes. Soubrettes, infirmières, écolières&#8230; Les thèmes varient au fil des semaines. Pas de serveurs. Désolé Mesdames.</p>
<p>En soirée, la clientèle est d’ailleurs majoritairement masculine, même si les familles sont plus nombreuses à l’heure du déjeuner. Ce soir, Sean est venu avec son groupe d’amis. « C<em>’est la deuxième fois que nous venons dîner ici</em>, explique-t-il. <em>Nous avons choisi cet endroit pour profiter de l’ambiance sympa et détendue&#8230; et des jolies serveuses ! </em>»</p>
<p>Parmi elles, Anna, étudiante en tourisme et hôtellerie, assume entièrement le port du déguisement. « <em>Travailler vêtue d’une robe de princesse ou d’un uniforme d’agent de police ne me pose aucun problème, </em>affirme-t-elle<em>. Au contraire, c’est même très amusant ! </em>» Cette jeune Chinoise de 19 ans affirme avoir toujours été respectée par les clients. « Les vêtements que nous portons ne sont pas provocateurs, ajoute-t-elle. <em>J’ai pu remarquer, par ailleurs, que les clients ne viennent pas uniquement ici parce que les serveuses sont costumées. Parfois, ils ne connaissent même pas le concept de notre café et sont surpris en arrivant. </em>»<br />
 <strong><br />
 Les clients sont des « maîtres »</strong></p>
<p>Originaire de Taïwan et passionnée par la mode, Angela Chang a choisi de reprendre le principe des <em>cosplay </em>– contraction de <em>costume play</em>. Une manière de se démarquer des autres restaurants proposant du<em> bubble tea</em> – en français, thé aux perles – une boisson taïwanaise composée de thé, de lait et de boules de tapioca. Inventés à Tokyo à la fin des années 1990, les cafés cosplay se sont d’abord développés dans le quartier d’Akihabara, connu pour être fréquenté par les fanatiques de mangas et de jeux vidéo. Forts de leur succès, ils se sont exportés ensuite dans d’autres villes asiatiques comme Singapour et Tapeï.</p>
<p>Dans le concept original, les clients sont accueillis par un « <em>bon retour à la maison </em>» et sont appelés « <em>maîtres </em>» et « <em>maîtresses</em> ». Ils peuvent également prendre des photos des serveuses et s’amuser avec elles. Quelques cafés <em>cosplay</em> ont même mis en place des règles, parfois affichées sur le menu, pour cadrer les clients. Ainsi au Japon, dans l’un de ces établissements, une affiche précise qu’il est interdit de toucher une serveuse, de lui demander son numéro de téléphone ou de la suivre à la sortie de son travail.</p>
<p>Rien de tout cela au Magnetic Café de Richmond. On préfère rester sobre. Les relations serveuse-client sont les mêmes que dans un restaurant classique. « <em>Je ne pense pas qu’un client canadien serait à l’aise si on l’appelait “maître”</em>, estime Deane Isore, mari d’Angela. <em>Ici, on demande aux serveuses d’être polies et de ne pas provoquer. </em>»</p>
<p>Contrairement à ce qui a été annoncé à l’ouverture du restaurant, le principe des serveuses costumées n’est pas tout à fait nouveau dans la région. Le <em>Gogo Tea Café</em>, installé au même endroit auparavant, avait déjà repris cette idée. « <em>L’ancien propriétaire a abandonné le concept en cours de route, </em>explique Deane. Quand nous avons visité les locaux, les costumes étaient rangés dans un placard. »</p>
<p>Angela a donc remis au goût du jour le principe des cafés <em>cosplay</em> en se limitant au port des costumes. Elle vient d’ailleurs d’en commander une quinzaine supplémentaire. ■</p>
<p>Romain Desgrand</p>
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		<title>Vancouver, décor d’un feuilleton-fleuve mexicain</title>
		<link>http://www.lexpress.org/culture/vancouver-decor-d%e2%80%99un-feuilleton-fleuve-mexicain/</link>
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		<pubDate>Mon, 06 Sep 2010 16:30:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[TV Azteca, chaîne nationale mexicaine, s’est rendue du 13 au 11 août en Colombie-Britannique pour tourner plusieurs scènes de son nouveau feuilleton. Dans cette fiction à l’eau de rose, Vancouver joue son propre rôle. Partenaire de la production, la Commission canadienne du tourisme espère donner envie aux téléspectateurs mexicains de visiter la ville.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>TV Azteca, chaîne nationale mexicaine, s’est rendue du 13 au 11 août en Colombie-Britannique pour tourner plusieurs scènes de son nouveau feuilleton. Dans cette fiction à l’eau de rose, Vancouver joue son propre rôle. Partenaire de la production, la Commission canadienne du tourisme espère donner envie aux téléspectateurs mexicains de visiter la ville.</strong></p>
<p>Il plane comme un air latino à Stanley Park. À deux pas du Totem Poles, l’équipe de tournage du nouveau feuilleton mexicain <em>Entre el amor y el deseo </em>– Entre l’amour et le désir – s’active. Les techniciens parlent fort et s’expriment avec les mains. Une nouvelle scène s’apprête à être tournée. Pas de perte de temps. La série doit faire son grand lancement sur le petit écran en septembre. Autant dire demain. « <em>C’est la méthode mexicaine</em>, explique un membre de l’équipe. <em>Le tournage des épisodes se fait souvent peu de temps avant leur diffusion.</em> »</p>
<p>Cette séquence d’environ une minute met en scène une discussion d’affaires entre un père et sa fille, rôles joués par Eugenio Montessoro et Alexandra Graña. Vêtu d’un costume-cravate, l’acteur récite son texte, scénario en main. Il revoit ses mimiques. Pendant ce temps, l’actrice, coquette et séduisante, se fait maquiller et coiffer assise sur un banc près du <em>seawall</em>.</p>
<p>Une fois prêts, les interprètes se positionnent face à la caméra. <br />
 Concentration. « <em>Tres. Dos. Uno</em>. » La conversation commence. À côté des acteurs, le scripte vérifie attentivement que le texte est parfaitement respecté. Les essais s’enchaînent. Un peu plus loin, le réalisateur a l’œil fixé sur le moniteur. À plusieurs reprises, il demande aux acteurs de changer d’emplacement. Le centre-ville de Vancouver doit être en arrière-plan, bien visible. <br />
 <strong><br />
 10 millions de téléspectateurs</strong></p>
<p>Pour l’équipe de tournage, l’enjeu est de taille : la série sera diffusée cinq jours sur sept à 21 h, horaire où les audiences atteignent 10 millions de téléspectateurs mexicains. Si la quasi-totalité de l’histoire se déroule au Mexique, certains événements ont lieu à Vancouver, ville où plusieurs personnages se rendent durant leurs pérégrinations.</p>
<p>La série met en scène un trio amoureux : le cœur de Luis Carlos balance entre Claudia pour qui il a eu un coup de foudre et Patricia, belle séductrice qui lui inspire désir et passion. Rupture, mariage, enfant caché, adultère, accident, tentative de meurtre&#8230; Tous les ingrédients du feuilleton mièvre par excellence sont là.</p>
<p>« <em>Les séries mexicaines sont généralement plus dramatiques et les personnages plus exaltés que dans les fictions anglo-saxonnes</em>, commente Maria del Carmen Marcos, productrice principale de <em>Entre el amor y el deseo.</em> <em>Drames, rires et pleurs viennent rythmer les épisodes. Nous accordons aussi beaucoup d’importance à la description de la vie quotidienne des personnages. Les téléspectateurs doivent pouvoir s’identifier</em>. »</p>
<p>Au total, 25 scènes ont été tournées à Vancouver dans le port, le quartier de Gastown, à l’Aquarium ou encore au pont suspendu de Capilano. Pour sélectionner les lieux de tournage, TV Azteca a travaillé en partenariat avec la Commission canadienne du tourisme.</p>
<p>« <em>Nous avons choisi des quartiers particulièrement emblématiques de Vancouver. Notre but n’est pas de faire croire aux téléspectateurs que l’histoire se déroule à New York ! Vancouver joue son propre rôle et a une place à part entière dans le feuilleton</em> », explique Magdalena Bermea, directrice des relations publiques de la Commission canadienne du tourisme. L’objectif est aussi de promouvoir les attraits de la ville. « <em>La Colombie-Britannique est devenue la première destination touristique canadienne pour les Mexicains, détrônant ainsi l’Ontario,</em> ajoute Magdalena Bermea. <em>Nous espérons qu’en regardant le feuilleton, certains d’entre eux auront envie de visiter Vancouver. Une phrase a même été ajoutée dans le  script pour sous-entendre que l’obtention du visa est facile ! </em>»</p>
<p>La production a tourné des épisodes pour nourrir l’antenne jusqu’en avril. Le feuilleton se poursuivra ensuite en fonction de son succès. Ainsi, l’équipe de tournage pourrait revenir à Vancouver cet hiver pour filmer de nouvelles scènes dans un décor de neige.■</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Romain Desgrand</p>
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		<title>Vers d’autres sommets</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Sep 2010 16:30:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Espoir canadien lors des Jeux olympiques de Vancouver, la championne de snowboard Alexa Loo prend sa retraite sportive. Originaire de Richmond, elle travaille désormais comme comptable dans sa ville natale et souhaite fonder une famille.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Espoir canadien lors des Jeux olympiques de Vancouver, la championne de snowboard Alexa Loo prend sa retraite sportive. Originaire de Richmond, elle travaille désormais comme comptable dans sa ville natale et souhaite fonder une famille.</strong></p>
<p>Elle n’a jamais décroché de médaille olympique, mais son parcours devrait rester gravé dans l’histoire du snowboard canadien. En devenant la première femme du pays à participer au slalom géant parallèle pendant les Jeux olympiques d’hiver de Turin en 2006, Alexa Loo a su s’imposer dans l’univers du surf des neiges. « <em>Alexa a été une pionnière pour les femmes dans le snowboard, ouvrant le chemin et motivant les jeunes à faire évoluer ce sport</em> », a d’ailleurs déclaré Robert Joncas, directeur de la Haute performance à Canada Snowboard, lorsque la sportive a annoncé son départ de l’équipe nationale le mois dernier.</p>
<p>L’année 2010 marque un virage décisif  dans sa vie. Participation aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver, fin de sa carrière sportive, mariage et nouveau travail en tant que comptable à Richmond. « <em>À 37 ans, il est temps pour moi de tourner la page et de fonder une famille</em> », explique-t-elle.</p>
<p>La rencontre a lieu dans un café du centre-ville de Vancouver, juste avant son cours&#8230; de claquettes ! « <em>J’ai commencé cette activité pour travailler l’agilité de mes jambes, espérant que cela pourrait m’aider quand je surfe sur la neige. Aujourd’hui, je continue même si je prends ma retraite en tant que sportive. </em>» Alexa Loo est une femme pleine de dualité. D’un côté, sa poignée de main ferme et sa carrure imposante témoignent d’une certaine rigidité. De l’autre, ses traits fins et son sourire d’une blancheur impeccable dévoilent une féminité sans faille. Spontanée, elle revient sans concession sur sa carrière dont elle a tiré plusieurs victoires, une force de caractère et quelques regrets.<br />
 <strong><br />
 Une histoire de famille</strong></p>
<p>Sa passion pour la glisse lui a été inspirée par ses parents, amateurs de ski. « <em>Quand j’étais enfant, nous nous rendions tous les week-ends d’hiver en famille dans l’État de Washington pour skier. Nous avions une petite cabane dans la forêt, sans téléphone ni télévision. Nous jouions ensemble, allions à l’église le samedi soir et dévalions les pentes la journée</em> », raconte-t-elle avec un soupçon de nostalgie. Plus tard, elle s’essaye au snowboard et prend goût à « <em>la vitesse et aux virages serrés</em> ».</p>
<p>« <em>Le ski commençait à devenir ennuyeux. J’ai alors puisé dans mes économies pour m’acheter un snowboard. »</em> À l’époque, Alexa n’avait pas l’ambition de devenir une sportive de renommée nationale. C’est après ses études de commerce et d’expert-comptable à UBC et plusieurs années d’entraînement qu’elle rejoint l’équipe nationale de snowboard en 1999.</p>
<p>Au cours de sa carrière, Alexa a remporté sept fois le titre canadien en slalom géant parallèle et est montée à trois reprises sur le podium de la Coupe du monde. Aux Jeux olympiques de Vancouver, elle s’est classée 12e, soit la meilleure performance canadienne dans la catégorie femmes en snowboard alpin. Mais pas de médaille. « <em>J’étais pourtant bien préparée. J’ai participé à plusieurs camps d’entraînement intensifs et durant la période où il n’y avait pas de neige, je passais six heures par jour en salle de gym. </em>» Et les Canadiens l’ont encouragée. Car Loo a profité des Jeux pour sensibiliser le public à son sport en écrivant des articles dans les journaux et en intervenant dans les écoles.</p>
<p>Qualifiée en quart de finale, le soutien de la population ne l’a pas empêchée d’échouer lors d’un duel avec un retard de 0,01 seconde sur son adversaire allemande. « <em>Évidemment, je suis un peu déçue,</em> confie-t-elle. <em>Mais les Jeux de Vancouver resteront l’un de mes meilleurs souvenirs. Même si je n’ai pas gagné, mon coéquipier et meilleur ami Jasey-Jay Anderson a remporté la médaille d’or en slalom géant parallèle. J’en suis très fière</em>. »</p>
<p>Aujourd’hui, si Alexa ne participe plus aux compétitions, elle ne tire pas pour autant un trait définitif sur le snowboard. Elle prévoit de mettre en place une compétition pour enfants cette année. « <em>Dans ce sport, il faut être âgé d’au moins 15 ans pour participer à de vraies compétitions, ce qui n’est pas juste</em>. »</p>
<p>Et si Alexa devait donner un conseil aux apprentis sportifs, elle leur dirait : « <em>Aimez ce que vous faites et ne laissez rien vous barrer la route. Dans la vie, ce qui fait la différence entre les gens qui réussissent et ceux qui échouent, c’est la passion</em>. » ■</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Romain Desgrand</p>
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		<title>Reconstruire Haïti malgré la corruption</title>
		<link>http://www.lexpress.org/opinion/reconstruire-haiti-malgre-la-corruption/</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 16:30:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[En pleine saison des ouragans et neuf mois après le séisme du 12 janvier, la reconstruction d’Haïti demeure à un stade embryonnaire. Un rapport récent du Sénat américain explique le peu de progrès par une gouvernance faible, un manque de coordination entre donateurs et une désorganisation générale. Ces dysfonctionnements ne sont que les symptômes d’un mal plus profond : la corruption.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En pleine saison des ouragans et neuf mois après le séisme du 12 janvier, la reconstruction d’Haïti demeure à un stade embryonnaire. Un rapport récent du Sénat américain explique le peu de progrès par une gouvernance faible, un manque de coordination entre donateurs et une désorganisation générale. Ces dysfonctionnements ne sont que les symptômes d’un mal plus profond : la corruption.</strong></p>
<p>Examinons tout d’abord les types de corruption en cause. Premièrement : la corruption politique. Celle-ci est particulièrement dommageable pour l’activité économique du pays parce qu’elle se traduit par une mauvaise gouvernance et un manque de vision en termes de développement durable. Deuxièmement : le clientélisme, un système de corruption qui s’apparente au crime organisé. De grosses sommes d’argent sont investies soit pour empêcher des firmes compétitrices (probablement plus efficaces !) de gagner des contrats, soit pour obtenir un retour de faveur et éventuellement encaisser les fonds de l’État.</p>
<p>Troisièmement : la corruption bureaucratique, qui semble, à première vue, anodine mais les bakchichs maintes fois requis par les employés publics s’accumulent pour devenir des sommes importantes. Ce type de corruption ralentit les opérations économiques d’un pays et décourage l’entrepreneuriat. Selon le projet<em> Doing Business</em> de la Banque mondiale, les délais de transactions en Haïti sont parmi les plus longs au monde : 195 jours en moyenne pour démarrer une entreprise, contre 13 jours dans les pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique.</p>
<p><strong>Corruption bureaucratique</strong></p>
<p>Haïti figure au huitième échelon des pays les plus corrompus, en 2009, selon Transparency International. Finalement, la corruption bureaucratique est très difficile à déloger une fois que le citoyen moyen s’y résigne, car elle fait alors partie des normes du pays – on parle alors d’une culture de corruption.</p>
<p>Ceci nous amène à examiner les origines de la corruption. Certains sociologues, comme les Pr Mayfair Mei-Hui Yang et Pr Robert Putnam, affirment que le niveau de corruption diffère entre pays à cause des différences entre leurs normes sociales. Mais il s’agit d’aller plus loin que cette tautologie : comment ces normes émergent-elles en premier lieu ?  Les chercheurs sur le sujet s’entendent pour dire que la réponse réside dans les failles d’une bureaucratie. La corruption survient lorsqu’un individu ayant le monopole quant à l’attribution d’un service n’est pas surveillé et qu’il utilise son pouvoir discrétionnaire pour son propre gain. Dès lors que des individus malhonnêtes ont identifié ce type de failles, une culture de corruption prend place.</p>
<p>D’une part, ces bureaucrates, qui bénéficient des institutions corrompues, vont tout faire pour ne pas en améliorer l’efficience. D’ailleurs, ils se sentent souvent légitimés dans leurs actions par la petitesse de leur salaire et un système judiciaire permissif. D’autre part, entrepreneurs et citoyens tentent d’accélérer leur transaction en offrant des pots-de-vin. Ironiquement, un système informel est mis en place pour contourner le système formel de la bureaucratie… parce qu’il semble plus efficace !</p>
<p>La stratégie de développement économique des dernières décennies est basée sur la théorie du Big Push, émise en 1943 par Paul Rosenstein-Rodan dans son article <em>Problems of Industrialization of Eastern and South-Eastern Europe </em>: développer des programmes d’industrialisation à grande échelle pour absorber le surplus de main-d’œuvre agricole ; ouvrir les frontières et permettre un flux de capitaux dans les pays en développement. Il s’agit aussi d’envoyer des sommes massives d’aide internationale tout en offrant un support d’expertise pour la supervision et l’audit des opérations.</p>
<p><strong>Place au cynisme</strong></p>
<p>Les résultats de cette stratégie ont généré un scepticisme tenace. Les plus cyniques répondront, qu’après les milliards d’aide internationale dilapidés et détournés, le laisser-faire semble désormais la seule intervention possible. Mais il a été démontré qu’un support international immédiatement après ou lors d’un désastre permet un recouvrement plus rapide de l’activité économique et diminue les risques de conflits subséquents – pillage, coup d’état, guerre civile.</p>
<p>Certains intervenants, moins désabusés, suggèrent une approche plus paternaliste : utiliser une enclave étrangère – principalement des firmes étrangères et privées – pour offrir des services sophistiqués de reconstruction, de supervision et d’audit. Bien qu’efficaces à court terme, de telles stratégies d’évitement ne sont pas un modèle de développement soutenable. Elles ne favorisent pas l’émancipation des peuples concernés.</p>
<p><strong>Vers un plan de reconstruction</strong></p>
<p>De plus, la situation en Haïti nécessite un plan de reconstruction d’envergure où il faudra réfléchir en termes de partenariat public-privé (PPP) et une enclave étrangère ne sera pas suffisante pour pallier la crise en cours.</p>
<p>Pour effectuer l’élaboration d’un tel plan de reconstruction, il faut prendre en compte le cynisme ambiant ainsi que la culture de pillage qui sévit depuis des années en Haïti. Comme le dit le Pr Robert Klitgaard, spécialiste des questions de corruption dans les pays en développement, le plan de reconstruction doit intégrer une stratégie anti-corruption à chaque niveau d’intervention.</p>
<p>Au niveau de la corruption bureaucratique, il s’agit de réduire les délais de transaction, en fournissant aux employés publics un système adéquat de punitions et de récompenses. Pour cela, il s’agit d’ajuster le niveau des salaires publics pour qu’ils soient compétitifs avec ceux du secteur privé. Mais Timothy Bestley et John McLaren, chercheurs en économie, ont démontré que la seule augmentation du salaire n’est pas un incitatif suffisant pour réduire la corruption. Une supervision des bureaucrates, effectuée par des acteurs indépendants de la société civile (Médiateur de la République, journalistes, etc.) sera efficace.</p>
<p>Le clientélisme doit être affronté de la même façon que le crime organisé. <br />
 Selon Klitgaard, il s’agit d’identifier les points faibles du réseau de contacts informels et d’utiliser les outils dont on dispose contre les groupes criminels : délateurs, fausses rumeurs, des entrevues contre une offre de protection, etc. D’ailleurs, plusieurs études de la Banque mondiale démontrent que citoyens, entrepreneurs et bureaucrates sont prêts à divulguer de l’information sur les pratiques de corruption auxquelles ils font face quotidiennement, une fois rassurés sur le respect de leur anonymat.</p>
<p>Les autorités haïtiennes, supervisées et supportées par une communauté internationale unie et cohérente, piloteraient des programmes de formation consacrés à l’acquisition des compétences pratiques au sujet des divers volets d’un PPP afin de diriger les efforts de reconstruction vers les secteurs clés du pays : santé, éducation, infrastructure, industries manufacturières, etc.</p>
<p>Ceci mène au sujet de la gouvernance. L’exemple des élus affecte le comportement des électeurs et donc, du citoyen moyen. Tant qu’Haïti ne se sera pas prévalu d’une nouvelle vision de gouvernance, le statu quo quant au manque de gestion éthique se maintiendra. Un plan de reconstruction, qui intègre à part entière la lutte contre la corruption, permettra la formation d’une nouvelle génération de politiciens haïtiens dont la vision du développement sera soutenable pour le pays. Espérons que les différents intervenants impliqués dans l’après-séisme sauteront sur l’occasion pour changer la direction politique d’Haïti une fois pour toutes. ■</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Jonathan Goyette</p>
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		<title>Quelles passerelles entre l’Art et la Science ?</title>
		<link>http://www.lexpress.org/culture/quelles-passerelles-entre-l%e2%80%99art-et-la-science/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 16:33:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art et Science: La réconciliation]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Léonard de Vinci, Goethe, Jules Verne... tous artistes et scientifiques à la fois. Des êtres surdoués qui ont su concilier leur créativité et leur aptitude au raisonnement. À la vérité, au cours des siècles, cette harmonie entre Art et Science ne se retrouve que de façon exceptionnelle : les deux domaines n’ont eu de cesse de s’enfermer dans des querelles de chapelle. Toutefois ces derniers temps, des conférences communes se multiplient, des mouvements transversaux se créent tels que Arts in Healthcare, Art of Healing ou Artscience... Comme si notre siècle se préparait à devenir celui de la réconciliation. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Léonard de Vinci, Goethe, Jules Verne&#8230; tous artistes et scientifiques à la fois. Des êtres surdoués qui ont su concilier leur créativité et leur aptitude au raisonnement. À la vérité, au cours des siècles, cette harmonie entre Art et Science ne se retrouve que de façon exceptionnelle : les deux domaines n’ont eu de cesse de s’enfermer dans des querelles de chapelle. Toutefois ces derniers temps, des conférences communes se multiplient, des mouvements transversaux se créent tels que Arts in Healthcare, Art of Healing ou Artscience&#8230; Comme si notre siècle se préparait à devenir celui de la réconciliation. </strong></p>
<p>« <em>Je t’aime, moi non plus</em>. » Les relations entre les communautés scientifiques et artistiques ne sont guère monotones. Si, à travers les époques, chacun s’accorde sur l’existence d’un objectif commun – faire évoluer les différentes représentations de la réalité –, la source des différends repose essentiellement sur la dichotomie des approches. L’Art s’adosse sur l’association d’idées, sur la sensualité et les sentiments. La Science est plus déductive, rationnelle et symbolique.</p>
<p>Cependant, au temps de Léonard de Vinci, les liens étaient étroits. Ce n’est qu’au XIXe siècle qu’ils se délitent considérablement. Certains poètes de la mouvance du romantisme engagent de violentes joutes à l’encontre du rationalisme. La rupture est consommée. Victor Hugo, lui-même, écrit en 18651 : « <em>La science est perfectible ; l’art, non. [...] Le progrès, but sans cesse déplacé, étape toujours renouvelée, a des changements d’horizon. L’idéal, point. Or, le progrès est le moteur de la science ; l’idéal est le générateur de l’art.</em> »</p>
<p>Enfin, au siècle dernier, la plupart des chercheurs n’envisagent l’art que comme un moyen de mettre en valeur les résultats de leurs recherches&#8230; Bref, ces derniers instaurent une relation de mépris. Ce mouvement de balancier caractérisant l’état des relations entre ces deux domaines semble se suspendre&#8230; au profit de la transversalité. La cause : vraisemblablement la période d’incertitude dans laquelle nous vivons. La science s’humanise et ne renie plus l’apport du monde du sensible et de la culture.<br />
 <strong><br />
 La Science au service de l’Art</strong></p>
<p>À l’inverse, des artistes s’emparent des découvertes des scientifiques pour parfaire leurs créations. Déjà au XIXe siècle, le peintre Georges Seurat invente le pointillisme en s’appuyant sur les techniques élaborées par les chimistes. Plus récemment, en 2008, dans un article de Nature, le concept même d’<em>Artscience</em> voit le jour. Ainsi, de plus en plus d’artistes s’intéressent à la programmation informatique, à l’intelligence artificielle. Pour Hervé Fischer2, « <em>la nouvelle métaphore mythique qui se dessine en art est celle de la science : l’astrophysique, les biotechnologies, les manipulations génétiques, [...] la robotique, qui inspirent de plus en plus les artistes </em>».</p>
<p>À titre d’exemple, des artistes contemporains présentent des œuvres liées au processus de l’anamorphose3 et détournent les lois de la perspective. Parfois, ce sont les scientifiques eux-mêmes qui sont à l’origine de secrets de fabrication d’artistes illustres. À cet égard, le mois dernier, des chercheurs du Laboratoire du centre de recherche et de restauration des Musées de France nous ont appris que Léonard de Vinci avait peint sur la Joconde jusqu’à 30 couches dans un souci de perfection. Cette technique dite « <em>sfumato</em> » permet de donner aux contours un flou caractéristique et inégalé.</p>
<p>Par ailleurs, nul ne peut nier le rôle de l’imaginaire dans la Recherche : «<em> Les scientifiques travaillent sur les faits. Mais ils n’iraient nulle part sans avoir rêvé avant. [...] Je sais gré à certains artistes de m’aider à prendre l’indispensable recul critique qu’exige aujourd’hui le développement de la technoscience </em>», a déclaré le physicien Jean-Marc Lévy-Leblond [<em>Nature</em>, 1996 et 2001]. De surcroît, la science fait de plus en plus appel à des images d’artistes, notamment en astrophysique, en biotique [qualifie un milieu dans lequel la vie peut se développer] ou en virologie&#8230;</p>
<p><strong>L’Art au chevet de la médecine</strong></p>
<p>S’il est bien un domaine scientifique où la place de l’art grandit, c’est celui de la médecine. À la fin du siècle dernier s’est développée une discipline qui a pignon sur rue, au Québec notamment, mais dont les dérives (sectaires, charlatanisme) ont quelque peu écorné l’image : l’Art-thérapie. Forme de psychothérapie où l’art (peinture, danse, sculpture&#8230;) est censé soigner les maux de l’âme.</p>
<p>Un autre vaste mouvement, mieux admis au sein de la communauté médicale, est celui de Arts in Healthcare. Ce champ multidisciplinaire qui se développe surtout en Amérique du Nord est dédié à la transformation des soins traditionnels. Son but : connecter les patients à l’art à des moments-clés de leur vie. Les arts (peinture, musique, architecture de lieux, design des meubles&#8230;) les aident à guérir plus vite, tant dans leur corps que dans leur esprit. Leur anxiété diminue en même temps que leur souffrance physique&#8230;</p>
<p>Le Dr Roger Ulrich, professeur d’Architecture à l’université Texas A&amp;M, a conduit des recherches, notamment en Suède, établissant les effets bénéfiques de l’environnement (art et nature) sur les constantes des patients : moins de tension artérielle, meilleur rythme cardiaque. Ses travaux influencent désormais l’architecture mondiale, ainsi que le design intérieur de bon nombre d’hôpitaux. L’architecture des hôpitaux prévoit des endroits de repos où les malades ont un accès à la nature, une vue sur des paysages, des jardins&#8230;</p>
<p><strong>Environnement sécurisant</strong></p>
<p>L’Art crée un environnement plus sécurisant. Parfois, les services hospitaliers partisans de l’effet Mozart (lire encadré) s’appuient davantage sur la musique. À noter, tout de même, l’existence d’un phénomène marginal appelé le syndrome Stendhal : certains patients se sentent agressés par la beauté et développent une réaction délirante avec confusion, agitation voire prostration. Mais en règle générale, les arts réduisent le recours aux médicaments, permettent de diminuer la souffrance ainsi que la durée de séjour dans les hôpitaux&#8230; de quoi susciter la curiosité du corps médical. « La peinture a sans doute le même effet que la musique sur les patients, si elle fait du bien et facilite la guérison, pourquoi pas ? » estime ainsi le Dr Joël Gagnon, chirurgien vasculaire au Vancouver General Hospital (VGH).</p>
<p>Autre intérêt : les équipes médicales bénéficient elles aussi de cet environnement agréable et deviennent plus performantes. Elles commettent moins d’erreurs. Ainsi, le Dr Beverly Spring qui exerce dans le service de soins palliatifs au VGH confie : « Lorsque je passe devant la toile de Jack Schadbolt située au premier étage de notre hôpital et que je suis fatiguée, un peu lasse,  […] je laisse les couleurs m’imprégner&#8230; Cette œuvre devient un peu mon compagnon et me renforce. »</p>
<p>En conclusion, si de nos jours les relations semblent au beau fixe entre l’Art et la Science, le piège à éviter pour les deux domaines serait celui du rapprochement suicidaire, de la confusion&#8230; comme le relève si justement Jean-Marc Lévy-Leblond : « <em>On souhaiterait en tout cas, éviter à la science le comique du geai se parant des plumes du paon, et à l’art le pathétique du paon qui emprunterait ses plumes au geai.</em> » ■</p>
<p><em>1. Dans William Shakespeare (Première partie, Livre III)<br />
 2. Hervé Fischer (2007), fondateur de l’Observatoire International du Numérique<br />
 3. Transformation par un procédé optique ou géométrique, d’un objet que l’on rend méconnaissable</em></p>
<blockquote>
<h2>L’effet Mozart</h2>
<p>Le Dr Alfred Tomatis, chirurgien et psychologue, évoque ce concept basé sur l’utilisation thérapeutique de la musique de Mozart, dès 1991. En 1993, d’autres recherches, celles du Dr Rauscher de l’Université de Californie établissent, de leur côté, une corrélation entre l’écoute de la musique de Mozart et les aptitudes au raisonnement spatial. ■</p>
</blockquote>
<p>Nora Azouz</p>
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		<title>« L’environnement artistique est capital dans un service de soins palliatifs »</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 16:32:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art et Science: La réconciliation]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<description><![CDATA[Le service palliatif de l’hôpital VGH accueille une quarantaine de patients, souvent en fin de vie. Depuis deux ans, un programme articulé autour de la musique et de la peinture a été mis en place pour soulager les malades.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le service palliatif de l’hôpital VGH accueille une quarantaine de  patients, souvent en fin de vie. Depuis deux ans, un programme articulé  autour de la musique et de la peinture a été mis en place pour soulager  les malades.<br />
 </strong></p>
<p>Les couloirs étroits du service palliatif n’inspirent ni la pitié, ni la  peine. Les patients circulent lorsqu’ils le peuvent de leur chambre à  la rotonde et vice-versa. Là, une vue panoramique imprenable sur les  montagnes et le port de Vancouver les attend. Nicole Wikjord, infirmière  clinique, pousse un chariot transportant de nombreuses toiles, une  trentaine peut-être. « <em>D’habitude, ce sont des volontaires qui   distribuent ces œuvres dans les chambres deux fois par semaine, précise  l’infirmière. Nos patients sont en fin de vie, pour la plupart. Ils  choisissent chacun une toile qui sera ensuite nettoyée pour un usage  futur. </em>»</p>
<p>En règle générale, les séjours ne dépassent pas une douzaine de jours,  car les patients rentrent près des leurs pour finir leur vie. Les  infirmières et les aides-soignantes engagent plus facilement la  conversation avec les malades grâce aux peintures accrochées au mur. <br />
 <strong><br />
 Un jardin exotique</strong></p>
<p>« <em>L’environnement artistique est capital dans un service de soins  palliatifs, explique Nicole. Souvent, les patients commencent à parler  de leur enfance. Ils choisissent de préférence de l’art abstrait ou des  natures mortes, quelquefois de la photographie. </em>»</p>
<p>À l’autre bout de l’aile se trouve un petit coin de paradis : un jardin  exotique, une oasis apaisante dans laquelle trône une fontaine, au  milieu des plantes. « <em>La connexion de l’esprit et du corps est notre  leitmotiv. Nous savons selon des études récentes que le mental peut  aider le corps, si ce n’est à le guérir tout au moins à supporter la  douleur.</em> »</p>
<p>Souvent, les patients n’ont pas assez d’énergie pour se déplacer  jusqu’au jardin, mais ceux qui le peuvent apprécient ces moments de  détente. Ce programme existe depuis deux ans et les réactions des  familles semblent très positives. « <em>L’Art permet de changer les humeurs,  l’atmosphère même de la chambre évolue.</em> »</p>
<p>Outre la peinture et l’accès à des lieux où la nature est présente, le  programme prévoit l’intervention d’une spécialiste de la musique qui  vient deux fois par semaine. Cette dernière se rend dans les chambres et  propose des instruments de musique (tambourins, flûtes&#8230;). Par  ailleurs, le personnel prête, sur demande, des CD de tous styles,  surtout de la musique classique. Sur le plan médical, les bénéfices de  ce programme sont déjà perceptibles. <br />
 <strong><br />
 Effets bénéfiques</strong></p>
<p>« <em>Les patients ont moins de tension, ils sont plus calmes, plus  rassurés, ils restent moins longtemps à l’hôpital</em>, témoigne Nicole  Wikjord.<em> Tous ceux qui travaillent dans ce type de service vous diront  que lorsque les patients sont en paix, car ils ne s’interrogent plus sur  le sens de leur vie, ils partent plus facilement, avec moins de  souffrance. </em>» En revanche, les effets se révèlent très différents d’une  personne à l’autre. Tout dépend du niveau de perception de tel ou tel  art.</p>
<p>« <em>Une famille nous avait demandé de mettre de la musique pour un patient  qui était dans le coma, raconte l’infirmière, car ce dernier était  mélomane. Une autre fois, environ six personnes avaient pris place dans  la petite chambre d’un des membres de la famille qui était hospitalisé  pour interpréter une chorale inoubliable&#8230; La perception de l’art est  une affaire personnelle, individuelle, les effets sont donc variables. </em>»  ■</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Nora Azouz</p>
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		<title>« L’Art place des sourires sur les visages et permet de délier les langues »</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 16:30:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art et Science: La réconciliation]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Jim O’Hara est le Vice-président de la Fondation VGH et UBC Hospital. Il décrit les bienfaits de l’Art sur les patients, leur famille et le personnel hospitalier. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A:link { so-language: zxx } --></p>
<p><strong>Jim O’Hara est le Vice-président de la Fondation VGH et UBC Hospital. ( <a href="http://worldclasshealthcare.ca">site VGH</a> </strong><strong>) Il décrit les bienfaits de l’Art sur les patients, leur famille et le personnel hospitalier. </strong></p>
<p><em><strong>Combien d’œuvres sont-elles exposées au Vancouver General Hospital ?</strong></em></p>
<p>500 pièces, toutes données soit par les artistes eux-mêmes, Gordon Smith, Sylvia Tait, Martha Sturdy, Margaret Devenyi&#8230;, soit par des collectionneurs. L’espace est inhabituel, ce n’est pas une galerie avec du personnel spécialement affecté à la surveillance. Pourtant, les gens respectent les toiles et même si parfois des dégâts sont causés, nous disposons d’un budget de 30 000 dollars par an, recueilli auprès de donateurs, ce qui nous permet de restaurer les œuvres. Heureusement, nous n’avons jamais eu à déplorer la moindre dégradation volontaire ni même un vol. Les gens respectent ce lieu comme s’il s’agissait d’une église. C’est un sanctuaire, en quelque sorte. Hier encore, nous avons installé en psychiatrie 25 œuvres. Dans ce service, souvent le fait d’admirer des toiles permet d’engager la conversation et de sortir les patients  de leur mutisme. Je n’ose imaginer ce grand hôpital, qui compte 700 lits, sans rien pour enjoliver les murs. Ce serait sinistre tant pour les membres du personnel, qui y passent plus de temps qu’à leur domicile, que pour les patients et leur famille. C’est pourquoi le mobilier d’un hôpital est aussi un élément important dans le bien-être. <br />
 <em><strong><br />
 Sur quels critères choisissez-vous les toiles ?</strong></em></p>
<p>Si nous savons qu’une peinture peut choquer nous ne l’exposons pas. Pas trop de rouge&#8230; cette couleur est connotée négativement dans les hôpitaux. Elle renvoie au sang, à la chirurgie. Elle est trop agressive. Nous évitons aussi les représentations sataniques ou obscènes&#8230; Notre objectif n’est pas de traumatiser les gens, au contraire. L’Art place des sourires sur les visages et permet de délier les langues. Nous n’accrochons pas de tableaux dans les chambres ni dans les bureaux, sauf exceptions. Par ailleurs, nous avons déjà refusé des pièces, les artistes nous comprennent. <br />
 <em><strong><br />
 Justement, comment réagissent-ils ?</strong></em></p>
<p>Ils nous soutiennent. Outre les dons d’œuvres, la communauté artistique travaille souvent avec nous. C’est le cas de la Belkin Art Gallery de UBC, du Canada Council for the Arts, et aussi de Langara College. Tous nous ont prêté quelques-unes de leurs réalisations afin qu’elles soient exposées à l’hôpital&#8230; Il s’agit là d’une belle reconnaissance.  <br />
 <em><strong><br />
 Quel est l’effet des toiles sur les patients, sur leur famille ? </strong></em></p>
<p>En 2005, une femme, dont le fils était placé en soins intensifs pour de graves lésions, avait l’habitude de se recueillir devant l’un de nos tableaux, situé dans le pavillon Jim Pattison. Peinte par Al Williamson, elle représente un ange. La mère était convaincue que son enfant allait guérir grâce au sentiment que lui inspirait cette œuvre. Et ce, en dépit de l’état de son fils jugé critique par les médecins. Dans ce cas, le travail de l’artiste au eu un rôle quasi mystique et a vraiment remué cette femme. À la sortie de son fils, elle a tout fait pour me rencontrer. Elle voulait me remercier d’avoir placé le tableau à cet endroit. L’Art, comme la Religion, a une dimension spirituelle non négligeable. Un autre patient souffrait, pour sa part, d’une tumeur au cerveau. Sachant que la fin était proche, il m’a demandé d’installer dans sa chambre une réalisation de Jack Shadbolt « <em>pour que la douleur soit plus supportable </em>».  ■</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Nora Azouz</p>
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		<title>Au gré du vent</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 16:30:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Reportage photo]]></category>

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		<description><![CDATA[L’éolienne Leitwindt LTW 77, fabriquée par l’entreprise italienne Leitwind, contient une structure d’observation développée par une entreprise française de l’Isère, Sigma Composite. Cette plateforme panoramique offre une vue à 360° sur tout Vancouver grâce à de larges baies vitrées disposées tout autour de l’axe. La cabine, installée à 64 mètres de hauteur, est accessible par l’ascenseur situé à l’intérieur du mât. La capacité de la turbine avoisine 1,5 MW. L’éolienne doit générer à terme assez d’électricité en une année pour alimenter 400 foyers. Un reportage photo de Fiorella Beauvallet.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’éolienne Leitwindt LTW 77, fabriquée par l’entreprise italienne Leitwind, contient une structure d’observation développée par une entreprise française de l’Isère, Sigma Composite. Cette plateforme panoramique offre une vue à 360° sur tout Vancouver grâce à de larges baies vitrées disposées tout autour de l’axe. La cabine, installée à 64 mètres de hauteur, est accessible par l’ascenseur situé à l’intérieur du mât. La capacité de la turbine avoisine 1,5 MW. L’éolienne doit générer à terme assez d’électricité en une année pour alimenter 400 foyers. Un reportage photo de Fiorella Beauvallet.</strong></p>
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		<title>Les Devenyi : un couple «double-mixte»</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 15:59:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art et Science: La réconciliation]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Devenyi, artiste peintre vancouvéroise et professeur de Chimie à UBC, nous a quittés brutalement le 8 avril 2010, à l’âge de 79 ans. Laissant derrière elle une œuvre considérable et une philosophie, le « mixte-double », double-mixte en français ou l’art de concilier les deux hémisphères de son cerveau. Son mari Denes, ingénieur et photographe, reprend ce combat. Portraits croisés de deux artistes-scientifiques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Margaret Devenyi, artiste peintre vancouvéroise et professeur de Chimie à UBC, nous a quittés brutalement le 8 avril 2010, à </strong><strong>l’âge de 79 ans. Laissant derrière elle une œuvre considérable et une philosophie, le « mixte-double », double-mixte en français ou l’art de concilier les deux hémisphères de son cerveau. Son mari Denes, ingénieur et photographe, reprend ce combat. Portraits croisés de deux artistes-scientifiques.</strong></p>
<p>Le 12 juillet – 26e avenue Ouest dans le quartier calme et chic de Dunbar à Vancouver. Denes Devenyi veut évoquer l’exposition hommage qui aura lieu en octobre à la galerie Art Works. L’ex-ingénieur veut surtout parler du livre qu’il rédige au sujet de sa femme : <em>Mixte-double</em> en est le titre, <em>La différence De Vinci</em> le sous-titre. L’ouvrage doit paraître en novembre prochain. Une lumière picturale plane sur Vancouver et le sifflement des branches d’arbres ployant sous les rafales de vent rompt la quiétude ambiante.</p>
<p>Une atmosphère quasi identique à celle du 8 avril où Denes découvrit le corps de son épouse sans vie, étendu sur le tapis du salon. Ce soir-là, Margaret ne parvenait pas à trouver le sommeil, agitée par le vent extérieur.</p>
<p>Elle descendit au rez-de-chaussée comme à son accoutumée. Cette fois, elle ne remonta pas. Pas le temps de crier&#8230; la télécommande toujours coincée entre ses doigts. Frappée d’une crise cardiaque foudroyante, l’artiste succomba sur-le-champ.</p>
<p><strong>Bonnard, son idole</strong></p>
<p>D’apparence modeste, la demeure des Devenyi ne livre ses secrets qu’une fois le pas de porte  franchi. Des dizaines de tableaux, tous plus rayonnants les uns que les autres, habillent les murs de la bâtisse. Dans le petit salon, <em>La maison de Bonnard</em>, son idole artistique, figure en bonne place. Toile réalisée en 2005, sur les hauteurs de Cannes lors d’un des nombreux voyages en France du couple qui y possède une maison [à Saignon].</p>
<p>Margaret était une artiste prolifique : plus de 200 tableaux réalisés, souvent des paysages fleuris, ensoleillés, inspirant la gaieté. Le seul portrait qu’elle ait jamais réalisé a été peint en 1958. C’est celui de son mari.</p>
<p>« <em>Margaret adorait le soleil, se souvient Denes. Dès qu’il faisait son apparition, quelle que soit l’heure, elle se rendait sur la plage de Jericho Beach avec nos enfants, Estelle et Tony</em>. » [Margaret avait un troisième enfant, plus âgé, né d’une première union en Hongrie.] C’est à cet endroit au large de Jericho Beach que Denes a dispersé les cendres de son épouse, comme elle le désirait.</p>
<p>Plus largement, « <em>elle adorait Vancouver, car elle aimait la diversité des paysages, des visages et l’instabilité du climat</em> ».<strong><a rel="attachment wp-att-6387" href="http://www.lexpress.org/culture/les-devenyi-un-couple-%c2%ab-double-mixte-%c2%bb/attachment/margaret-devenyi/"><img class="alignleft size-full wp-image-6387" title="Margaret-Devenyi" src="http://www.lexpress.org/wp-content/uploads/2010/08/Margaret-Devenyi.jpg" alt="" width="230" height="379" /></a></strong></p>
<p>« <em>Jeune, évoque l’ex-ingénieur, elle aurait souhaité devenir docteur en médecine. Malheureusement, en Hongrie, notre pays natal, le fait d’avoir des parents professeurs n’était pas bien vu par le régime en 1948. Elle fut orientée vers la biochimie, moi qui voulais être architecte, je dus me résoudre à épouser la profession d’ingénieur en mécanique. Margaret a toujours su combiner ses passions : la science et la peinture. Elle était la perfection, l’unicité. Pas de dualité entre ses sentiments et sa raison. Au contraire, l’un nourrissait l’autre. Toute proportion gardée, elle avait la chance de partager cette caractéristique avec Léonard de Vinci.</em> »<br />
 <strong><br />
 Esprits libres</strong></p>
<p>Les Devenyi ont toujours refusé d’être enfermés. La liberté chevillée au cœur, ils fuient la Hongrie le 22 novembre 1956. « <em>Moi, j’étais habillé en fermier, se rappelle Denes. Elle était dissimulée sous du foin. Nous avions versé 20 dollars de l’époque à un agriculteur pour qu’il nous transporte avec sa charrette. Lors de notre fuite, nous avons échappé de peu à la mort. Des balles sifflaient au-dessus de nos têtes, trois soldats tiraient pour nous dissuader de passer la frontière autrichienne, nous l’avions pourtant déjà franchie de 50 mètres. Je ne sais toujours pas si ces hommes avaient vraiment l’intention de nous abattre. </em>»</p>
<p>Une fois en Autriche, un certain Dr Stengel héberge le couple pendant un mois. Là, les Devenyi assistent à un opéra de Bizet. « <em>Nous avions adoré, même si nous nous attendions à plus d’effusions dans la salle. Nous, Hongrois, nous avons un tempérament très proche des Latins et des Français notamment. C’est peut-être pour cette raison que nous nous sentions vraiment bien en France. </em>» Une semaine avant la mort de Margaret, sa fille Estelle avait acheté des billets d’avion&#8230; pour la France.</p>
<p>La cuisine des Devenyi paraît immense par rapport aux autres pièces. Décorée avec goût, elle donne sur une terrasse en bois surplombant une piscine. C’est à cet endroit que Margaret aimait exercer son art et se détendre. « <em>La société américaine 3M a bien compris les bienfaits de l’art sur ses collaborateurs, poursuit Denes. Plusieurs artistes de renom, dont Margaret, ont leurs toiles exposées au siège de la firme à Minneapolis. </em></p>
<p><em> Depuis, la cote de l’entreprise n’a pas cessé de faire des bonds sur les marchés boursiers. J’y vois un lien de cause à effet. </em>»</p>
<p>Denes consent à évoquer ses propres créations. Sa plus belle exposition de photographies remonte au mois d’août 1965. Elle s’est tenue rue d’Alembert à Paris, en France. «<em> Margaret inspirait mes créations. Elle était mon modèle, ma Mona Lisa et, en même temps, mon Léonard de Vinci</em>. »<br />
 <strong><br />
 Théorie de l’ocytocine</strong></p>
<p>« <em>Ma femme et moi croyons ferme à l’importance de l’ocytocine. Nous pensons que cette hormone de la confiance, du partage, de la féminité, de la créativité produite par l’hypophyse postérieure [située dans la région moyenne du cerveau], est celle qui sauvera l’humanité. A contrario, l’adrénaline, l’hormone de la guerre que nous qualifions d’hormone masculine, ne produit rien de bon, seule. Pendant la deuxième guerre mondiale, </em>argumente-t-il, <em>Roosevelt a demandé à l’armée de l’air d’inventer des bombes émettant des gaz à distance. Les ingénieurs, un peu trop rationnels, n’ont pas compris qu’il fallait protéger les pilotes de l’émanation de gaz. Lors des essais, tous ont péri. La preuve que la plus grande des intelligences peut faire des erreurs de jugement destructrices.</em> »</p>
<p>Denes rêve à un monde où chacun pourrait développer sa créativité en augmentant la présence d’ocytocine dans son cerveau. «<em> Chacun devrait mettre une image dans sa caverne [Put a picture in his cave</em>, allusion aux fresques préhistoriques dans les cavernes], ironise l’ancien professeur de mécanique. <em>En d’autres termes, tous et en particulier les économistes et les scientifiques devraient essayer d’utiliser simultanément toutes les capacités de leur cerveau. Autrement dit, nous devrions tous aspirer à devenir des êtres bicéphales réconciliés ou “doubles-mixtes</em>”. » De conclure : « <em>Je crois en l’Art, je crois en Margaret, je crois en l’unité du cerveau. Comme l’écrivait Dostoïevski, “seule la Beauté sauvera le monde”.</em>»■</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Nora Azouz</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>En attendant le « Big One »</title>
		<link>http://www.lexpress.org/sciences-techno/en-attendant-le-%c2%ab-big-one-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 16:29:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences & Techno]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Ouest canadien est la zone la plus touchée par les séismes au Canada avec plus de 1 000 secousses enregistrées chaque année. Conséquence : la région s’organise déjà dans la perspective d’un séisme d’une magnitude plus forte que celui qui a frappé Haïti cet hiver.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’Ouest canadien est la zone la plus touchée par les séismes au Canada avec plus de 1 000 secousses enregistrées chaque année. Conséquence : la région s’organise déjà dans la perspective d’un séisme d’une magnitude plus forte que celui qui a frappé Haïti cet hiver.</strong></p>
<p>Au cours des 70 dernières années, l’ouest de l’île de Vancouver a connu six tremblements de terre d’une magnitude d’au moins 5 sur l’échelle de Richter. Le séisme le plus dévastateur du XXe siècle s’est produit en 1946 avec une magnitude de 7,3 et a provoqué de nombreuses avaries au centre de l’Île de Vancouver. Plus récemment, en 1996, un tremblement de terre de magnitude 5,5 a frappé l’est de Seattle et a été fortement ressenti dans les basses terres du Fraser. Bref, la région est ainsi ébranlée par un séisme dit « destructeur », d’une magnitude minimum de 5, une fois tous les 20 ans.</p>
<p>Pourquoi cette surexposition ? Les tremblements de terre du sud de la Colombie-Britannique sont causés par la subduction d’une petite plaque active, appelée Juan de Fuca, qui disparaît sous la plaque Nord-Américaine au niveau du sud de l’Île de Vancouver. Conséquence : la partie ouest de l’île se soulève ainsi au rythme de 4 cm par an. La croûte se contracte, dans le même temps, à la vitesse d’environ 10 mm par année. Le Canada possède plusieurs zones sismiques : le long de la côte ouest ainsi qu’au large, dans les Rocheuses, au Yukon et dans l’Arctique, à l’est du pays et le long du littoral atlantique.</p>
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<h2><strong>Le précédent « Big One »</strong></h2>
<p>Le plus grand séisme s’est produit en 1700.</p>
<p>D’une magnitude supérieure à 8 et avec pour épicentre l’ouest de l’Île de Vancouver, il a secoué toute la côte entre le nord de la Californie et le sud de la Colombie-Britannique, détruisant plusieurs villages autochtones.</p>
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<p><strong>Des séismes géants</strong></p>
<p>La côte ouest est la seule qui pourrait être touchée par ce qu’on appelle des séismes géants, c’est-à-dire de magnitude 9. Un séisme de cette ampleur libère quelque 30 fois l’énergie d’un séisme de magnitude 8. Toute la longueur de la zone de subduction cascadienne, soit 1 000 km, pourrait se fracturer et ébranler toute la côte partant du sud de la Colombie-Britannique jusqu’au nord de la Californie, causant des dégâts dans de nombreuses villes du sud-ouest de la Colombie-Britannique, de l’ouest de l’État de Washington et de l’ouest de l’Oregon.</p>
<p>Le « Big One », comme le nomment les experts, est très difficile à prévoir car il se fait rare. Il se produit environ tous les 600 ans. Selon John Clague, membre de la Chaire canadienne de Recherches sur les désastres naturels et professeur à l’université Simon Fraser, il ne fait aucun doute qu’un tel séisme verra le jour. Comme le dernier s’est produit en 1700, statistiquement le prochain devrait survenir dans les 300 années à venir.</p>
<p>Comme un malheur n’arrive jamais seul&#8230; la région peut aussi connaître un tsunami, créé par une grosse secousse sismique au niveau de la zone de subduction cascadienne ou d’un séisme bien plus éloigné mais assez puissant pour que le tsunami traverse l’océan. L’ouest de l’Île de Vancouver serait très exposé face à ce phénomène et pourrait connaître de forts dégâts. En revanche, Vancouver serait assez protégé car la vague aurait perdu beaucoup de sa force en traversant l’île.<br />
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 Des hôpitaux mal préparés</strong></p>
<p>Par ailleurs, si depuis 1941 le code national de construction publié par l’Institut de Recherche en Construction, renouvelé tous les cinq ans, oblige les immeubles et les édifices majeurs à se préparer à un certain niveau de secousse, des carences subsistent.</p>
<p>De fait, de nombreux bâtiments ont été construits à Vancouver avant l’application de cette loi et sont plus vulnérables face à un séisme. En outre, malgré l’existence de ce code, une étude menée en 2004 pour la 13e Conférence Mondiale sur l’Ingénierie Sismique a montré que la plupart des constructions de Colombie-Britannique répondent peu voire pas du tout aux normes antisismiques. En cause, l’omission d’éléments architecturaux, électriques et mécaniques due aux négligences des propriétaires et/ou des constructeurs.</p>
<p>Ironiquement, si les hôpitaux modernes sont pourvus des technologies les plus récentes, ce sont aussi leurs bâtiments qui sont parmi les plus vulnérables face à un séisme. Leurs équipements sophistiqués dépendent d’ordinateurs de contrôle et des télécommunications qui, eux, risquent de faillir. Par ailleurs, les centaines de kilomètres de tuyaux d’eau, de gaz ou encore de produits médicaux qui sillonnent les structures hospitalières pourraient provoquer d’énormes dommages, comme des incendies, des inondations ou encore des pénuries de systèmes de survie, s’ils venaient à se rompre.</p>
<p>Cependant, les immeubles, bien que fortement endommagés, ne s’effondreraient pas avec un séisme de l’ampleur de celui d’Haïti. De nombreuses vies seraient ainsi épargnées, en revanche les conséquences économiques n’en resteraient pas moins importantes car les immeubles seraient à reconstruire. Le tremblement de terre de Kobe au Japon en 1995 avait ainsi coûté des centaines de milliards de dollars de dommages. ■<br />
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<h2><strong>Comment se préparer ?</strong></h2>
<p>Si la plupart des Vancouvérois sont conscients qu’un tremblement de terre peut frapper, peu se disent préparés face à un tel événement. Pourtant, les initiatives se sont multipliées durant les deux dernières décennies. Les écoliers de la région Vancouver-Victoria sont désormais nombreux à être informés sur les secousses sismiques. Dans les centres communautaires, des cours de préparation aux tremblements de terre sont donnés tout au long de l’année pour apprendre, entre autres, à sécuriser l’habitat en disposant de manière stratégique les meubles et les objets de la maison. Il est important de savoir où couper l’eau et le gaz chez soi, et d’avoir les accessoires adéquats, comme des détecteurs de fumée et des extincteurs : les départs d’incendie sont très fréquents après un séisme.</p>
<p>Jackie Christopher, responsable de l’organisation du programme d’éducation publique de ces centres, insiste sur l’impact de ces séances : « Les régions de Vancouver et du Lower Mainland doivent se préparer à faire face à ce genre de situation, car il est possible que l’aide ne parvienne pas pendant plusieurs jours après un fort séisme. » ■</p>
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<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Gwenaëlle Ily</p>
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