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Mercredi 19 juin 2013

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Vendredi 21 juin 2013

Nathalie Gettliffe : une mère contrariée

Un feuilleton médiatico-diplomatique

Un feuilleton médiatico-diplomatique

La Franco-canadienne a défrayé la chronique, provoquant des frictions entre les deux pays. Retour sur les dessous de « l’affaire Gettliffe », ou quand une histoire privée engendre embrouillamini diplomatique et cacophonie médiatique.

Les enfants envolés en France, Scott Grant est désemparé. En dépit d’une série de jugements en sa faveur ordonnant le retour des enfants à Vancouver, cinq ans lui seront nécessaires pour obtenir leur retour à Surrey. Cinq longues années durant lesquelles le Canadien se heurte à un mur. À cette époque, le nouveau compagnon de Nathalie Gettliffe, le journaliste Francis Gruzelle, rencontré en 2003, fait jouer ses réseaux. « J’ai décidé de lui donner un coup de pouce politique et juridique », déclare-t-il à l’époque, ajoutant qu’il a « de vieilles amitiés avec le parti majoritaire [UMP]».

Rapidement, par le biais d’une élue locale, Francis Gruzelle s’assure de soutiens hauts placés. Dans un courrier daté de septembre 2004, cette dernière détaille sa démarche auprès du ministre de la Justice de l’époque, Dominique Perben : « Le ministre m’a assuré qu’il avait donné des directives afin qu’aucune exécution des jugements n’ait lieu, en raison des risques graves encourus par les enfants Maximilien et Joséphine [en raison de l’appartenance de Scott Grant à une église controversée, ndlr]. » Selon Francis Gruzelle, Jacques Chirac, président français au moment des faits, « règle le truc » : « Il avait décrété que les enfants Gettliffe resteraient sur le sol français. »

Persuadée d’être sous bonne protection, Nathalie Gettliffe se rend au Canada, enceinte de quatre mois, pour soutenir sa thèse en avril 2006. Elle est emprisonnée à sa sortie de l’avion. L’affaire prend un nouveau tournant.

Choux gras

La presse, divisée des deux côtés de l’Atlantique, se fait l’écho de l’affaire Gettliffe. L’appui des médias français à l’égard de la Franco-canadienne apparaît unanime. « On dirait que le gouvernement canadien veut faire un exemple de cette affaire », lance un journaliste français. Les colonnes se noircissent d’un soutien non dissimulé à cette « mère courage ». La riposte médiatique canadienne, d’abord discrète, s’adonne à son tour à une antipathie puis à une hostilité non contenue contre la Française. Nathalie Gettliffe est présentée comme arrogante tandis que Scott Grant, son ex-mari, devient l’icône du père bafoué.

Francis Gruzelle se lance dans une nouvelle croisade. Avec perte et fracas. Bombardant les médias de communiqués, il parvient à mobiliser l’opinion. Son obstination n’a d’égal que sa virulence à l’encontre du Canada. Ici, les prisons canadiennes sont « pires que Guantanamo ». Là, le Premier ministre canadien Stephen Harper se fait traiter de « nazi», tout comme l’ambassadeur du Canada en France de l’époque, Claude Laverdure : « Comme Goebbels, le ministre de la propagande d’Hitler qui disait que les camps de concentration étaient des camps de vacances, il [l’ambassadeur] pratique l’intoxication de l’information. »

Le mot de trop est lâché. Francis Gruzelle exacerbe, pire, dessert la cause qu’il veut défendre. Claude Laverdure, dans une lettre adressée aux médias français, réagit aux « propos les plus extrêmes des proches de Madame Gettliffe » : « Il n’est pas acceptable que la réalité de l’affaire soit aussi distordue, que les systèmes correctionnels et judiciaires canadiens soient aussi injustement critiqués. »

Nathalie Gettliffe s’attire également les foudres de la Cour de justice canadienne. La question de l’appartenance de Scott Grant à l’Église du Christ, au centre des débats en France, est occultée. Le porte-parole de la Couronne, Geoffrey Gaul, cache mal son ressentiment envers Nathalie : « Elle est l’auteur, elle est responsable de sa situation », assène t-il, laconique.

La juge Marvyn Koenigsberg se montre, de son côté, agacée de ce qu’elle qualifie de « campagne de diffamation » à l’égard de son pays et de Scott Grant. Dans un article du Globe and Mail daté de décembre 2006, les propos de la juge sont sans équivoque. La Franco-canadienne est accusée d’être à l’origine d’un « lavage de cerveau » sur les enfants : « Madame Gettliffe a fait perdre aux enfants l’affection qu’ils portaient à leur père. »

Aveu d’impuissance

En France, Francis Gruzelle remobilise ses troupes. Le retour de Nathalie Gettliffe au Canada et son arrestation le 12 avril 2006 rendent néanmoins le pouvoir exécutif français impuissant. Les enfants doivent être livrés si la Française souhaite sortir de prison. Francis Gruzelle affirme avoir obtenu des engagements écrits du ministre de la Justice, promettant que les enfants ne quitteraient pas le territoire en dépit des décisions judiciaires. Pourtant un escadron de 120 gendarmes, envoyé par l’actuel président Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’intérieur, se charge de ramener les enfants.

Maigre consolation, quelques jours à peine après cette récupération musclée, la ministre de la Défense française assure Francis Gruzelle de son entière sympathie. Dans une lettre, Michèle Alliot-Marie lui fait l’aveu « des graves carences du système public ». De son côté, Stephen Harper, insulté à plusieurs reprises par le compagnon de Nathalie Gettliffe, se refuse à tout commentaire.  La Française va jusqu’à se présenter aux élections présidentielles de 2007 dans l’espoir d’obtenir un traitement privilégié et une meilleure couverture médiatique.

« Un geste à titre humanitaire » est demandé à Peter MacKay, ministre des Affaires étrangères, par son homologue français, Philippe Douste-Blazy, sensibilisé aux conditions de détention de la Française. « Nathalie Gettliffe entame le dernier mois de sa grossesse dans un centre de détention où des mouvements sociaux en cours laissent craindre des insuffisances en matière de soins médicaux », écrit ce dernier.

Le ministre avoue toutefois son impuissance : « Nous ne pouvons pas nous prononcer sur le fond de l’affaire ni interférer dans le cours d’une procédure judiciaire à l’étranger. » Le désengagement des politiques commence, les médias s’essoufflent sur une affaire qui lasse. L’opinion suit. Si Nathalie Gettliffe bénéficie comme tous les citoyens français d’une protection consulaire, elle devra désormais se conformer au Droit.■

1 commentaire pour “Un feuilleton médiatico-diplomatique”

  1. javsustqHajevCjqVr

    Ben, je vais te donner le point de vue d\’un me2le e9tranger qui a perdu 25 e0 26 anne9es en France. Mon grand fre8re au colle8ge, e9tait un bon e9le8ve, il rniaeamt e0 la maison des bulletins e0 12, 12,5 de moyenne ge9ne9rale avec des notes plus que correct en math, en Frane7ais et en science naturelle. Arrive un trimestre moins en forme, e0 11,5 et le0, le conseil de classe proposait d\’office re9-orientation en BEP-CAP . Sans le soutien de nos parents, mon fre8re aurait e9te9 envoye9 dans ce qui, e9tait e0 son e9poque (et qui l\’e9tait encore e0 la mienne) une sorte de vide ordure de l\’e9cole ou on se de9barrasse des fouteurs de merde le plus souvent e9trangers. Moi, j\’ai aussi connu ce genre d\’aventure, meame si je m\’ennuyait en classe, ce qui me valait de redoubler quelques fois, je n\’ai pas toujours e9te9 un e9le8ves aux mauvaises moyennes. On m\’a fait redouble9 parce qu\’avec mes parents, nous refusions la re9-orientation en BEP-CAP de fae7on inflexible. J\’avais des notes pas terribles en math, mais, paradoxalement, plutf4t bonnes en science naturelle et physique, excellente en histoire-ge9o et globalement bonne en Frane7ais (mis e0 part en orthographe, je cartonnais pour le reste) et en langue aussi j\’e9tais bon les trimestres ou j\’arrivais e0 accrocher des 12-12,5 de moyenne, je m\’en tirais avec rien , alors que mes gentils camarades blonds, au nom de famille bien comme il faut , avec les meame moyennes et une moins bonne participation orale, avaient droit aux encouragement du conseil de classe. Les profs expliquaient e0 mes parents mais on a l\’impression que votre fils se contente, il peut faire beaucoup mieux et mes parents re9pondaient et donc vous ne l\’encouragez pas e0 aller plus haut Pour les filles, e9videment, les Khadidja ou Yasmina y avaient le droit e0 ces encouragements quand elles travaillaient bien, on ne les embeatait pas avec les re9-orientations Je ne parlerai pas du monde du travail ou de la culture (la culture, c\’est meame pire) Et aujourd\’hui, e0 Paris, c\’est remplis de couples mixtes, avec des hommes blancs qui sortent avec des nanas exotiques, tout en ayant peur des mecs exotiques, qui refuseraient d\’embaucher ces meames mecs exotiques ou meame d\’en avoir trop dans leur fre9quentation, e0 moins qu\’ils aient fait des efforts conclusion: on n\’est raciste qu\’avec les mecs e9trangers, on refuse leur e9ventuel intelligence ou leurs qualite9s. Mais, quand il s\’agit de baiser ou bouffer exotique, on crie vive le cosmopolitisme et le tous frane7ais c\’est e7a aussi l\’identite9 frane7aise. Voile0 une partie de mon expe9riences

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