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Jeudi 23 mai 2013

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Vendredi 24 mai 2013

Médecines douces

Dépasser le conflit

Dépasser le conflit

Le Canada met tout en œuvre pour dissiper les malentendus et faire coexister au mieux médecine conventionnelle et médecine douce au sein d’un système de soins cohérent.

Malgré l’exportation des médecines douces dans la plupart des pays, une question revient toujours : la médecine traditionnelle est-elle sûre ? En effet, les preuves ne sont pas toujours certaines et les plus sceptiques s’attacheront facilement à souligner des cas de décès survenus consécutivement à des soins traditionnels, bien que les circonstances soient exceptionnelles. Le principal problème des médecines douces est qu’il n’existe pas de manifestations quantifiables de leur efficacité.

On ne peut nier certains effets positifs de ces médecines et nombreux sont les médecins qui avouent que l’acupuncture réduit la douleur ou encore que le yoga est bénéfique aux asthmatiques. Pour autant, l’OMS ne s’avance pas sur la fiabilité de toutes les médecines traditionnelles et n’en recommande pas aveuglément l’usage mais elle ne les proscrit pas non plus. Ce serait la porte ouverte à des pratiques illégales et le risque majeur est de retrouver toutes sortes de médicaments à base de plantes non homologuées en vente libre.

Pour l’OMS, le mot d’ordre pour concilier développement des médecines traditionnelles et sécurité est d’encourager la recherche. Cette dernière se concentre notamment sur les médicaments à base de plantes. Il existe, par exemple, un programme de recherche sur les produits de médecine traditionnelle chinoise dans les universités canadiennes. On cherche à mettre à l’épreuve les pratiques de santé traditionnelles par des études cliniques. Ces programmes de recherche peuvent avoir des objectifs pédagogiques, notamment l’introduction de l’étude de ces médecines dans les cursus éducatifs conventionnels.

Éducation

Outre la recherche, la façon de promouvoir un système de soins sécuritaire passe aussi par l’éducation et la prévention. Lynda Balneaves est professeur associée et chercheuse à l’Institut de recherche en santé du Canada. Elle participe notamment au programme de recherche CAMEO (Complementary Medecine Edu-cation & Outcomes Program). En association avec la médecine con-ventionnelle, ce programme vise à guider les patients qui cherchent à compléter leurs soins par une médecine douce. Ce programme accueille notamment beaucoup de patients cancéreux.

Les consommateurs sont mal informés. Comme le dit Lynda Balneaves : « Les patients ont tendance à établir une équivalence entre “naturel” et “non toxique”, sans réaliser que quel que soit le produit ingéré cela peut être dangereux ». Comme pour tout type de traitement, chacun doit être informé des éventuelles conséquences. Tous les traitements conventionnels ne sont pas compatibles avec toutes les formes de médecine traditionnelle. Il faut également savoir que quelquefois celles-ci aggravent l’état de santé. « Par exemple, certaines thérapies de médecines douces chez un patient qui suit un traitement contre le cancer peuvent changer le taux de sucre dans le sang ou le taux de coagulation du sang. Si, par ailleurs, le patient a du diabète ou des problèmes cardiaques, cela peut s’avérer très grave. »

Médecine intégrée

Quelles que soient les formes de soins, tous les professionnels de santé devraient travailler de concert pour offrir les meilleurs soins possibles. Pourtant, la rivalité qui peut encore exister entre médecine conventionnelle et médecine traditionnelle ne sert pas les patients. Lynda Balneaves parle plutôt d’un « choc de paradigmes ». « Les praticiens qui ont été formés à l’insu de ces différents paradigmes peuvent avoir du mal à comprendre d’autres perspectives, et dans leur ignorance, peuvent être tout sauf enthousiastes à l’idée d’encourager les autres paradigmes. Quoi qu’il en soit, ce conflit ne va pas en faveur du consommateur qui, lui, doit évoluer dans sa maladie avec les deux médecines. C’est pourquoi la médecine intégrée est la “nouvelle vague”, une façon de se concentrer sur des preuves et une compréhension commune de ces paradigmes pour créer UN type de soin de santé. ».

Malgré les éternels chercheurs de preuves irréfutables ou ceux qui préfèrent s’en tenir à l’énigme policière de Frédéric Lenormand, Médecine chinoise à l’usage des assassins, plutôt que de franchir le pas, l’intégration des médecines douces dans le système de santé canadien est en marche. On ne demande à personne de croire, comme un personnage de Frédéric Lenormand, que le savant traditionnel  a découvert « la panacée ».■

Mélanie Boisliveau

1 commentaire pour “Dépasser le conflit”

  1. vrai

    eh oui il ne faut pas jeter l’eau avec l’eau du bain Prenez des pilules,
    il vous en faudra plus et votre immunité en sra diminuée…Forcez
    vous un peu…faites travailler votre coeur, vos muscles, vos os
    etc ….protégez-vous avec la médecine alternative qui vous convient,
    sans en faire une panacée ni de guérison, ni de prévention
    et cela vous aidera…..toutes autres choses étant bonnes
    par ailleurs….alimentation,repos,attitude!

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