Depuis la maison de l’Ontario, installée sur les bords de False Creek, vous avez la possibilité de contrôler réellement la CN Tower à Toronto, les lumières projetées sur le Parlement à Ottawa et celles qui colorent les chutes du Niagara. Juste avec vos neurones !
L’Ontario a décidé d’envoyer à Vancouver ses plus brillantes entreprises en matière de nouvelles technologies afin d’impressionner le monde entier. D’ailleurs, on se presse tôt le matin pour venir les tester. À l’intérieur, on vous propose de prendre place dans un fauteuil confortable. Une hôtesse vient placer un casque incrusté d’électrodes métalliques sur vos oreilles. Vous disposez de trois minutes pour faire des essais mentaux avant de se lancer dans l’aventure : selon le degré de votre concentration ou de relaxation, vous voilà parti à Ottawa pour illuminer de flocons le Parlement, donner une teinte bleutée ou rosâtre aux chutes du Niagara, ou encore accélérer ou arrêter l’observatoire en haut de la CN Tower à Toronto.
« Vous contrôlez tout ceci en direct depuis Vancouver grâce à votre cerveau, explique Chris Aimone, responsable technique de l’entreprise torontoise InteraXon qui a amené avec lui ces technologies dans le cadre des JO. La technique est la même que celle de l’électroencéphalographie utilisée dans le milieu médical. Les capteurs lisent l’activité de votre cerveau et mesurent votre champ électrique. Ils prennent en quelque sorte la température. Le tout est de savoir contrôler son esprit pour créer des ondes alpha, associées à la relaxation, ou des ondes bêta, signe de concentration. L’ordinateur va ensuite répondre à ces mouvements ».
En quelques minutes, les participants arrivent à maîtriser la technique. « Il n’est pas question ici de commander à la machine la couleur ou la lumière que vous désirez, la technologie n’est pas invasive, se défend Chris, elle ne peut pas lire dans vos pensées. Elle serait incapable de décrypter votre code de carte de crédit par exemple. Il faudrait pour cela vous ouvrir le crâne et placer des électrodes sur le cerveau ! Ici, l’appareil peut simplement calculer de l’extérieur ».
Le marché est encore relativement peu développé pour l’ancrer cette technique à l’échelle du grand public. Toutefois, l’expérience démontre encore une fois la frontière de plus en plus floue entre l’humain et l’ordinateur. À terme, InteraXon se voit bien adapter cette technologie à la vie de tous les jours, notamment sur le marché des jeux vidéo ou pour les personnes à mobilité réduite qui pourraient contrôler de cette façon leur fauteuil roulant ou leur prothèse. Les possibilités sont infinies quand on y pense…
Sophie de Kepper


